Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Amman via Royal Jordanian Airways à 23h45, soit trois heures de retard sur le planning annoncé. L'aéroport était désert, les portes de la location de voiture fermées. Grosse suée. Finalement, un chauffeur de taxi nous a trouvés une place dans un minibus partagé jusqu'à Wadi Musa pour 15 dinars par personne (environ 20 euros). Quatre heures de trajet sur la Route 65, avec un chauffeur jordanien qui écoutait de la musique arabes à fond et criait des blagues à ses collègues en cellulaire. Les odeurs de diesel et de tabac froid restent collées aux vêtements. Le lendemain, levé à 4h30 pour la porte d'entrée de Pétra. L'obscurité était totale. Nous avons payé 90 dinars pour le ticket d'accès (trois jours), ce qui nous semblait énorme comparé aux musées européens, mais la surface à couvrir l'explique. Notre guide, Raslan, parlait un anglais approximatif mais avait des connaissances précises sur les tunnels d'irrigation nabatéens. La première lumière révélait le Khazneh (le Trésor) progressivement : d'abord ses contours, puis les colonnes corinthiennes qui deviennent roses, puis orange. Température à peine 8 degrés, nous grelottions dans des pulls prévus pour une chaude journée. Nous avons consommé deux kebabs-pita au restaurant Sandstone chez Ali, rue principale de Wadi Musa, pour 7 dinars la portion. Le pain était cuit cinq minutes avant notre arrivée, le mouton tendre. Ali nous a servi du thé à la menthe fraîche en refusant qu'on paie. Moment où nous avons réalisé que les petites attentions font plus que les monuments eux-mêmes. Les galères réellesLe bus pour Wadi Rum était censé partir à 7h depuis la station d'Amman (Dead Sea Heading South Bus Station). Il a quitté à 9h, après avoir attendu dix voyageurs supplémentaires. Le prix affiché était 8 dinars, mais le contrôleur a exigé 12 dinars pour les étrangers. Pas de ticket imprimé, juste un trait au stylo bleu sur un cahier. Trois heures pour 250 km, soit une moyenne de 80 km/h avec une panne de climatisation à mi-route. À Wadi Rum, nous avons opté pour un camp bédouin classique (Bedouin Life Camp), nuit à 45 dinars par personne en tente climatisée. Le soir, goût persistant de sable dans la bouche et les dents. Le froid désertique tombait à 3 degrés à minuit, malgré les trois couvertures. Nous avons dormi en jean, ce qui n'était pas sexy mais nécessaire. Une visite à dos de chameau à 8h du matin nous a semblé romantique en photo, ridicule en réalité. Le chameau était maigre, notre moniteur fumait du narguilé tout en marchant, et après une heure la douleur aux cuisses était insoutenable. Le repas au Camp, tajine de poulet avec riz, était excessivement salé (nous avons supposé compensé par le manque d'eau disponible pour rincer). Trois heures de randonnée pédestre dans le Wadi Rum avec un autre guide, Ahmad, ont montré les vrais paysages : roches érodées en champignons, traces de camions militaires anglais datant de 1918, petites sources cachées où les Bédouins puisent l'eau. Ahmad connaissait chaque nom de pierre, chaque histoire de famille. Plus utile que cent guidebooks. Amman au retourNous avons passé deux jours à Amman avant le vol retour. Restaurant Al-Quds près de la Citadelle pour un maklouba (riz renversé avec aubergines et poisson), 6 dinars, meilleure assiette du voyage. L'arôme du safran reste mémorable. Nous avons grimpé les 45 marches usées menant au Musée de la Citadelle, fermé le lundi (nous avions raté cette info). Café Jabal Amman en fin d'après-midi, thé aux fruits secs, vue sur les montagnes blanches de calcaire. Prévoir une semaine minimale pour ne pas courir entre les sites.Les panneaux routiers en anglais disparaissent après Amman centre.Faire descendre le prix des taxis avant de monter, négociation de 30 à 40% très souvent réussie.
Les bons plans repérés sur place.
Le Khazneh à Pétra en lever de soleil (5h30-6h15), seul avec Raslan et trois autres visiteurs avant la foule touristique
Dîner chez Ali, rue Wadi Musa, kebab-pita et thé à la menthe gratuit, moment d'échange sans transaction
Coucher de soleil sur les roches du Wadi Rum depuis le point de vue de Umm Fruth Rock, température chutant visiblement d'heure en heure
Maklouba au restaurant Al-Quds (riz, aubergine, poisson), 6 dinars, saveur de safran inubliable
Trajet en minibus partagé sur la Route 65 : chaos organisé, klaxons, vendeur ambulant de jus d'orange à la station de carburant
Photos — Pétra et Wadi Rum
Et au final.
Dix jours qui nous ont marqués, moins par les monuments (certes impressionnants) que par les rencontres avec Ali, Raslan et Ahmad. Le coût final (210 euros par personne, hébergement + transport + repas compris) était correct pour cette intensité. Nous n'avons pas aimé le stress du retard aérien et les prix à deux niveaux (tarifs locaux vs étrangers). Nous y retournerions pour la mer Morte et Jérash, que nous avons ratées.
