Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Niamey un dimanche après-midi, à 16 h 45, sur le vol Air France AF926. La chaleur nous a frappés dès la sortie de l'avion : 42 degrés, un mur d'air chaud et sec qui pique les narines. L'aéroport international Diori Hamani ressemble à n'importe quel petit aéroport d'Afrique de l'Ouest, fonctionnel mais sans charme. Files d'attente interminables à la douane. Nous avons attendu 1 h 20. Notre hôtel, le Gaweye, était situé sur l'avenue Kennedy, à deux pas du Musée national du Niger. Chambre avec clim, eau chaude, prix correct : 85 euros la nuit. Le réceptionniste, Abdou, fumait des cigarettes de marque locale, les Ngaari, dont l'odeur acre reste collée aux murs. Dès le lendemain, levé à 5 h 30 pour le marché de Niamey. Pas pour faire de photos cliché : nous avions faim. Le marché du Grand Marché Central fourmillait à 6 h du matin. Vendeurs de riz gluant, de mil, de tomates. Nous avons mangé un bol de porridge (bouillie de mil avec lait caillé), 1 500 francs CFA (2,30 euros). Goût étrange, légèrement aigre, texture presque granuleuse. À côté, une femme épluchait des oignons avec ses mains nues, les yeux qui pleuraient. Le son des machettes qui frappent le bois résonne encore. Niamey, c'est aussi une ville fragile, avec des tensions. Pas de dramatisation : nous avons simplement senti une nervosité. Des patrouilles militaires dans les rues, des checkpoints improvisés. Un jour, notre taxi a été arrêté près de la Grande Mosquée. Le conducteur, Mamane, très souriant en général, a soudain fermé sa gueule. Vérification des papiers. 10 minutes. Nous avons pensé à une arnaque, mais non : l'officier a laissé repartir après avoir vérifié la plaque minéralogique. Mamane a respiré bruyamment et a dit « On y va » en souriant à nouveau, comme si de rien n'était. Nous avons visité le Musée national du Niger (entrée 5 000 CFA, 7,60 euros). Collections sans grande mise en scène, mais des sculptures traditionnelles intéressantes. Les gardiens dorment sur des chaises. Une salle avec des restes de dinosaures du Ténéré. Peu de touristes. Senteur de poussière et de renfermé. Ouvert de 8 h à 18 h en théorie, fermé à 14 h 30 en pratique (fermeture for sieste des employés). Après quatre jours à Niamey, nous avons pris le car pour Agadez. Départ de la gare Gare Nord de Niamey à 7 h du matin, avec la compagnie SNTN. Trajet de 12 heures annoncé, effectué en 13 h 45. Véhicule bondé. Fenêtres fermées à cause de la climatisation défaillante mais qui soufflait du froid glacé. Douleur aux reins à l'arrivée. À Agadez, vers 21 h 15, nous avons cherché un hôtel. Nuit difficile : la plupart affichaient complet ou nous demandaient des prix extravagants (150 euros pour une chambre pourrie). Nous avons trouvé l'Hôtel Azalai, rue de l'Indépendance : 45 euros, chambre avec fenêtre sur la médina. Patron grognon mais correct. Agadez mérite son réputation de porte du Sahara. Nous nous sommes levés à 6 h pour monter au sommet de la Mosquée d'Agadez, édifice du XVI e siècle, minaret en adobe de 27 mètres. 430 marches. Essoufflement garanti. Vue sur les toits en terrasse, les rues en grille. Le muezzin appelait à la prière, sa voix amplifié par le haut-parleur résonne dans tout le quartier. Beauté froide, austère. Pas romantique. Réalité. Nous avons commandé un poisson du Niger (capitaine rôti) à un petit restaurant du centre-ville, Le Rendez-vous : 7 500 CFA (11,50 euros), accompagné de riz blanc sec et une sauce tomate brûlante. Poisson sec, épines partout. Nous avons crié « Aïe ! » en nous plantant une arête dans le palais. Scène comique. Le serveur a ri, apporté de l'eau. Excursion d'une journée vers les dunes de Ténéré. Nous avons loué un 4x4 avec chauffeur, Hassan, 150 euros la journée. Trajet 4 heures aller-retour. Paysage de désolation : sable, ciel bleu pâle, température 48 degrés à midi. Hassan a tué le moteur deux fois. Panne sèche d'essence à 45 km de la route. Moment de panique. Hassan a marché 2 km jusqu'à un petit village nomade, est revenu avec un jerrycan. Attente 45 minutes. Nous avons bu de l'eau tiède avec goût de plastic. Retour au coucher du soleil, épuisés. Cette excursion nous a coûté plus que prévu et nous a rappelé qu'explorer le désert, ce n'est pas une visite touristique, c'est prendre des risques. Derniers jours à Agadez, visites du marché artisanal (prix gonflés pour les touristes, nous avons acheté deux colliers en cuivre 45 euros au total, regretté immédiatement) et promenade sans but. Nous avons payé nos repas en francs CFA le plus souvent, mais certains petits magasins acceptaient les euros (avec un très mauvais taux).
Les bons plans repérés sur place.
Marché du Grand Marché Central de Niamey (6 h du matin) : riz, mil, vendeurs qui crient leurs prix
Mosquée d'Agadez et ses 430 marches jusqu'au minaret (entrée 3 000 CFA, vue sur la médina)
Dunes de Ténéré en 4x4 : coucher de soleil sur le désert (à prévoir 6-7 heures, eau en abondance)
Restaurant Le Rendez-vous à Agadez : poisson grillé du fleuve Niger, riz et sauce épicée
Musée national du Niger, Niamey : collections de sculpture et vestiges du Ténéré (ouvert 8 h-18 h en théorie)
Photos — Niamey, Agadez
Et au final.
Le Niger n'est pas une destination touristique classique, et c'est justement ce qui nous a attirés. Niamey et Agadez offrent une plongée brute dans une Afrique de l'Ouest complexe, sans filtre Instagram. Mais l'infrastructure touristique reste rudimentaire, les transports peu fiables, et la chaleur écrase. Nous repartions avec une admiration mitigée : fascination pour les gens rencontrés, frustration face aux galères logistiques.








