Comment ça s'est passé.
Jour 1-3 : Nassau, le côté tape-à-l'œilArrivée à l'aéroport international Lynden Pindling vers 14h, après un vol direct Air France depuis Paris. La chaleur saute au visage – environ 32°C, humidité collante immédiate. J'ai réservé au SLS Baha Mar pour trois nuits, 180 USD par nuit. L'hôtel est impressionnant, piscine interminable, mais j'ai vite senti qu'on était dans une bulle touristique étanche. Le premier soir, je me suis risqué à Arawak Cay (aussi appelé « Fish Fry »), un spot local rue Bay Street où des petits restaurants de plein air servent des spécialités. J'ai mangé un conch salad (salade de lambi frais) pour 15 USD – c'est le plat à tester. Le lambi, c'est croquant, mariné au citron, et l'odeur iodée du littoral se mélange à celle de la sauce. Un moment authentique, avant que je réalise que j'étais le seul touriste blanc du secteur et que les prix « locaux » n'existaient pas vraiment. Le Atlantis Resort à Paradise Island, c'est à 10 minutes en voiture (taxi depuis le port : 25 USD aller simple). Je n'ai pas pris de chambre – trop cher – mais j'ai visité les jardins publics pour 25 USD/jour. Les aquariums sont peuplés, les architectes ont bien bossé. Cependant, ça manque d'air vrai. Beaucoup de touristes qui se demandent si c'est réel. Galère du jour 2 : j'ai pris le bus n°10 (JTB Public Transportation) qui devait me mener à Downtown Nassau pour explorer le marché Straw Market. Le bus était climatisé à mort, 2,50 USD le trajet. Mais le chauffeur a oublié deux arrêts et j'ai dû le rappeler. Une fois arrivé, le marché était surtout des boutiques de souvenirs pour croisiéristes – sarongs en synthétique, sculptures génériques. Pas de vrai marché fermier. Jour 4-7 : Les Exuma, l'autre visageJ'ai pris un ferry depuis Nassau vers les îles Exuma. Bahamas Ferries, départ 8h30 depuis Paradise Island Ferry Terminal, arrivée à Staniel Cay vers 11h15. 70 USD l'aller simple. Le bateau sentait l'essence et le sel. La traversée dure 2h45 avec des vagues qui font tanguer. À Staniel Cay, j'ai loué une petite maison chez Debbie à côté de Thunderball Grotto (le spot de James Bond). 110 USD la nuit. Debbie m'a conseillé directement les spots à éviter et où manger vraiment bien. Elle m'a dit : « Tous les restaurants du front de mer c'est pour les yachts milliardaires. Allez manger chez Phyllis à Compass Cay, elle fait le meilleur baked grouper. » Elle avait raison. Phyllis, c'est une femme de 65 ans qui cuisine dans sa cuisine maison. Le grouper rôti (poisson local) : 18 USD. C'est servi avec du riz, des légumes, un goût délicat et une sauce à base de tamarin. J'étais assis sur sa véranda, vue directe sur la mer turquoise, avec juste trois autres clients locaux. Les plages ici sont incroyables techniquement – sable blanc, eau transparente. Mais j'ai ressenti quelque chose de vide. Peu de structures, peu de vie quotidienne. C'est un paysage-décor plutôt qu'un endroit avec une culture vivante. J'ai compris que les Bahamas c'est loin des Caraïbes « authentiques » type Martinique ou Jamaïque. Jour 8-10 : Swimming Pigs et désenchantementLe spot must-do : les cochons qui nagent à Pig Beach (île de Major Cay). Tour organisé depuis Staniel, 85 USD par personne. Levé à 6h du matin, départ 6h45 en bateau rapide. La sensation de vitesse sur l'eau, le bruit du moteur, c'est grisant les cinq premières minutes. Puis le vide de l'océan devient anxiogène après la 30ème minute. Les cochons sont réels, oui. On peut les toucher, les nourrir avec du pain rassis. Mais c'est devenu un vrai cirque. Le jour de ma visite, 200 autres touristes environ. Les cochons, stressés, meuglent bizarrement. Les guides crient des consignes de sécurité. L'eau qui était cristalline est troublée par les palmes de tous ces gens. J'ai trouvé ça un peu triste, honnêtement. On te vend du rêve, tu arrives et c'est un parc aquatique sans murs. Retour à Staniel en fin d'après-midi. Ce jour-là, j'étais fatigué et déçu. J'ai mangé un burger ordinaire au chat voisin d'un hôtel, 22 USD. Pas mémorable. Jour 11-12 : Georgetown et retourDernier ferry vers l'île de Great Exuma, secteur Georgetown. Le plus grand village de l'archipel, même s'il compte seulement 800 habitants. C'est ici qu'on sent plus de vie locale. Pas de plages « selfie » mais des petits restaurants, un vrai port avec des pêcheurs qui déchargent le poisson tôt le matin (j'ai entendu les cris, senti l'odeur iodée puissante à 5h30). Chez Eddie's Edgewater restaurant, j'ai mangé un plat simple : riz aux pois rouges avec du homard frais, 26 USD. C'est devenu mon repas préféré du séjour. L'endroit n'a pas de prise Instagram – des tables en bois basique, des fans au plafond qui brassent l'air chaud, des clients bahamiens qui se connaissent et plaisantent. Dernier jour : retour à Nassau en ferry (même route), puis décollage Air France 19h50. À l'aéroport, j'ai attendu 2h30 pour l'enregistrement (surbooking), assis sur un siège inconfortable dans un hall climatisé à 18°C – glacial après deux semaines de 32°C constant.
Les bons plans repérés sur place.
Arawak Cay Fish Fry (Bay Street, Nassau) – conch salad frais 15 USD, ambiance vraie loin des hôtels
Staniel Cay et Thunderball Grotto – escalade et snorkeling sur un site James Bond, moins bondé à 7h du matin
Ferry Bahamas Ferries Nassau-Exuma – trajet 2h45 authentique, sacs à main pas chers à bord, vue sur les îles perdues
Phyllis' Home Kitchen (Compass Cay) – baked grouper 18 USD, terrasse maison sans enseigne, réservation par téléphone seulement
Georgetown et Eddie's Edgewater – le seul village où on sent pas le tourisme de masse, port de pêche vivant le matin
Photos — Nassau / Exuma
Et au final.
Les Bahamas c'est beau mais c'est cher et souvent un peu creux. Nassau vit du tourisme de croisière, pas de vraie culture locale accessible. Les Exuma offrent des moments plus intimes mais faut aimer la solitude. Je reviendrais pour Exuma et Georgetown seulement, pas pour les circuits touristiques. Note : la monnaie locale est le dollar bahamien (BSD), égal au USD. Les prix affichés sont chers comparé à la Jamaïque ou Cuba.
