Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport de Jomo Kenyatta International le matin à 7 h 30. Les files de douane avancent lentement, très lentement. Une heure pour sortir. Le premier choc : la chaleur humide, une vague qui vous enveloppe dès les portes automatiques ouvertes. Et l'odeur—un mélange de kérosène, de poussière ocre et de fumée de bois. Premier jour à Nairobi, on s'installe à l'hôtel Ibis Styles Downtown au cœur du quartier de Kenyatta Avenue. Chambre correcte, WiFi moyen. Le réceptionniste, John, nous conseille d'éviter de sortir après 18 h sans guide local. On écoute. Le mardi matin, on prend un taxi bleu de la compagnie Uber (KES 450, soit environ 3,50 euros) pour rejoindre le Nairobi National Park. À 5 h 45, on est déjà en route. Il faut franchir la congestion monstrueuse de Langata Road, des hordes de minibus matatus rouges et jaunes qui vous frôlent, conducteurs sans gêne, des klaxons toutes les 10 secondes. En arrivant au parc à 6 h 45, le soleil monte à peine. On croise trois girafes, des zèbres, deux rhinocéros noirs. Le guide, Joseph, montre des traces de lion dans le sable sec. Pas d'animal en vue, mais l'adrénaline monte. La savane à cette heure est silencieuse, juste le bruit des oiseaux criards—les francolins, leurs cris perçants qui vous font sursauter. Déjeuner à Carnivore Restaurant sur Langata Road : viande grillée en continu—zèbre, girafe, crocodile. On commande un plat mixte à KES 1800 (13 euros). La viande de zèbre, c'est surprenant, légèrement sucrée, fibreuse. On ne finit pas tout. Le serveur, sourire professionnel, remballe les restes dans un conteneur en plastique blanc. Mercredi : départ pour Nakuru à 6 h du matin. On loue une voiture privée avec chauffeur via une agence locale. KES 6000 pour la journée (45 euros). La route de Nairobi à Nakuru, 160 km, traverse la Great Rift Valley. Des virages serrés, des pentes abruptes. Notre chauffeur, David, klaxonne sans fin pour signaler sa présence aux autres véhicules. Pendant 45 minutes, on double camions chargés de charbon et buses scolaires jaunes peintes d'inscriptions religieuses «God Bless This Journey». Arrivée à Nakuru vers 9 h 30. On se dirige au Lake Nakuru National Park. L'entrée coûte KES 800 par personne (6 euros). Et là, le moment marquant : en descendant du véhicule, on est face à un flamant rose géant, seul, à 2 mètres. Ses ailes déployées, sa couleur fuchsia intense sous le soleil. C'est déstabilisant, presque surnaturel. On reste figés 30 secondes. David rigole, «Karibu Kenya»—bienvenue au Kenya. Le lac, présenté comme «le plus beau» par tous les guides, me déçoit partiellement. Les flamants sont moins nombreux qu'avant, à cause du niveau d'eau qui monte. On en compte environ 200 au lieu de 100000 autrefois. Les murs du parc parlent de changement climatique. Quand même, c'est majestueux : le bleu du lac, les collines noires en arrière-plan, la chaleur qui monte du sol par vagues. Galère le jeudi : on veut visiter Hells Gate National Park en fin d'après-midi. Notre guide prétend qu'on doit emprunter une navette spéciale à l'entrée. KES 2500 par personne. On refuse, on veut y aller à pied. Discussion houleuse, David traduit mal. Finalement on apprend qu'on aurait pu entrer librement. Arnaque ou malentendu ? Impossible à dire. On se sent frustrés, c'est un moment désagréable. Le retour à Nairobi le samedi : on mange chez un petit restaurant de rue, «Mama Karibu» près de Tom Mboya Street, un bouillon de légumes avec du ugali (pâte de maïs), KES 300 (2,30 euros). L'assiette en plastique, la cuillère dépareillée, mais c'est bon, réconfortant. L'odeur de l'oignon et du chou frit monte du fourneau en tôle ondulée. Dernier jour, on visite le Musée National de Nairobi. KES 800 d'entrée. Les fossiles de Lucy et de Homo habilis, les collections d'art Maasai. Museo fermé le dimanche, on le fait le samedi. Air frais à l'intérieur, presque trop climatisé comparé à dehors. Pas grand, mais instructif.
Les bons plans repérés sur place.
Nairobi National Park au lever du soleil : girafes et zèbres sur fond de skyline urbain
Lake Nakuru : observer les 200 flamants roses restants depuis Viewpoint Hill
Carnivore Restaurant : tester la viande de zèbre grillée (plat mixte KES 1800)
Grande Rift Valley en voiture privée : paysage lunaire de collines noires et de lacs
Musée National de Nairobi : squelette de Lucy et collections d'art Maasai authentique
Photos — Nairobi / Nakuru
Et au final.
Le Kenya nous a offert des moments de vrai contact avec la nature et les gens. Mais c'est aussi un pays où on se fait tirer les prix, où la bureaucratie ralentit, où le trafic vous usure les nerfs. Et puis il y a cette tension constante qu'on nous rappelle de rester vigilant. Malgré tout, on repartirait.
