Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Montevideo un mardi 14 h, après un vol Iberia depuis Madrid. L'aéroport Carrasco à 25 km du centre, on a pris le bus 746 direct pour 60 pesos uruguayens (environ 1,50 €). Le chauffeur écoutait du cumbia à volume de mort, les vitres du bus sentaient le plastique brûlé et la sueur. Premiers jours à MontevideoOn a logé à l'hôtel Balmoral, calle San José 1534, chambre 307. Vieux parquet qui craque, radiateur qui chauffe comme un four en plein été (on était fin janvier). Le patron, un monsieur âgé, nous a conseillé d'aller à La Churrasquería Doña Petra sur la avenida 18 de Julio pour un chivito — un sandwich au steak/jambon/œuf/bacon/laitue de fou, 380 pesos (9 €). On y a mangé le premier soir à 21 h 30, complètement normal pour l'Uruguay, et c'était effectivement dingue mais trop gras, on a laissé la moitié. Levée à 5 h le mercredi pour marcher vers la Rambla. L'air sentait l'eau salée et les mâts de bateaux. On a croisé des joggers, des pêcheurs avec des cannes flottantes sur le beige de la Río de la Plata. Le soleil se levait derrière les buildings du quartier de Buceo. Pas « magique », mais calme. On a pris un café con leche au café Brasilero (calle Ituzaingó 1447), le plus vieux du pays paraît-il, ouvert depuis 1877. 180 pesos. Les camarades du comptoir jouaient aux cartes, leur nonchalance était étrange pour nous, européens toujours pressés. Le quartier de La BocaJeudi, on a exploré La Boca. Les maisons peintes en bleu lavande et rose criard, les cordes à linge qui pendent entre les facades. Une gamine nous a demandé une photo pour son Instagram, pas cool. On a visité le Musée Figari, entrée 200 pesos. La température intérieure était glaciale, clim à fond. Les toiles de Torres-García nous ont laissées plutôt indifférentes, mais le guide nous a expliqué qu'il était fondateur du constructivisme uruguayen — au moins on sait à quoi on a dit non. Le problème du jour : on a voulu prendre un Uber pour aller à Pocitos, mais la 4G de Claro était en panne. On a dû demander à un commerçant de nous appeler un taxi noir. 15 minutes d'attente, le chauffeur parlait portugais, mélange d'espagnol et de brésilien, on s'est paumées en chemin. Arrivée avec 45 minutes de retard à notre rendez-vous avec une amie. Colonia del Sacramento, passé colonialSamedi, on a pris le ferry avec Colonia Express (9 h 30 de départ depuis le Puerto de Montevideo, 800 pesos / personne, 1 h de traversée). La Río de la Plata était marron-gris, des vagues molles qui nous ont secouées sans prise. Arrivée à Colonia à 10 h 45. La Calle de los Suspiros, pavée de granite usée et étroite, sentait la terre mouillée et les vieux murs de brique. On a déjeuné au restaurant El Drugstore (Calle Comercio, face à la Plaza Mayor), une casa de 1850 transformée en resto. Chopp de cerveza Becker (350 pesos la pinte), milanesa de pollo avec frites (420 pesos). On a mangé lentement, les touristes passaient dehors, les cloches de l'Iglesia Matriz sonnaient à 12 h. L'Hôtel Posada del Gobernador, où on a dormi dimanche soir, avait un patio central avec une fontaine qui ronronnait. Chambre 8, lit moelleux mais trop dur, on s'est réveillée avec mal au dos. Le propriétaire nous a proposé un verre de vino tinto local (Campo Taurino, 2018, pas mauvais). Vraiment plus tranquille que Montevideo. On a marché jusqu'au Faro de Colonia (phare), il faisait 28°C, on a grillé les épaules. Retour compliquéLe trajet de retour lundi à 16 h a eu un problème : le ferry était surbooki, on a attendu le suivant à 17 h 45. On a regardé des touristes brésiliens acheter des fringues uruguayennes comme si c'était des Hermès. On s'est ennuyées 2 h au terminal, café tiède dans un gobelet en carton. Dernière soirée à Montevideo, on est allée à Barrio Sur, le quartier historique du candombe et du tango. Un petit bar, El Velador, calle Yi 1441. 3 musiciens locaux, guitare, contrebasse, accordéon. Une dame d'environ 70 ans a dansé le tango avec un monsieur, cinq minutes, sans beaucoup de grâce, juste honnête. Cervezas à 250 pesos. On a écouté sans parler presque une heure.
Les bons plans repérés sur place.
Le ferry Colonia Express au lever du jour : 1 h de traversée sur la Río de la Plata avec vue sur la côte qui s'efface
La Churrasquería Doña Petra, avenida 18 de Julio : chivito colossal, à partager absolument
Calle de los Suspiros à Colonia : pavés usés, maisons ocre, silence relatif, ideal pour photos sans throng touristique
Café Brasilero depuis 1877 : les murs jaunes, le bruit des verres, deux générations de Montevideanos au comptoir
El Velador le soir à Barrio Sur : tango amateur mais sincère, ambiance de quartier sans mise en scène
Et au final.
L'Uruguay n'est pas un coup de foudre, c'est plutôt une relation qui se construit à coups de petits moments simples. Montevideo manque de dynamisme après Buenos Aires, Colonia est belle mais trop courte pour profiter vraiment. La bouffe nous a déçues (trop lourde), et les tarifs touristiques grimpent vite. Mais les gens sont vrais, pas commerciaux, et on reviendrait pour rester plus longtemps hors des villes.







