Comment ça s'est passé.
Levé à 5h30 le premier matin pour attraper le vol Royal Air Maroc de 7h15 depuis Lyon. Arrivée à Marrakech vers 11h, chaleur d'un coup d'un coup à la sortie de l'aéroport Ménara—on passe de 15°C à 32°C en deux minutes. Le taxi blanc sans compteur (erreur classique) m'a coûté 200 DH au lieu des 80 DH annoncés, mais bon, j'ai négocié à 120 en fin de compte. Première leçon : toujours demander le prix avant de monter. Riad Dar Anika dans la médina, rue Sidi Bouloukate, vraiment petit mais propre. Patron sympa, Aziz, qui parlait français et m'a vendu du thé à la menthe glacé pour 15 DH chaque matin. La médina elle-même : c'est chaotique, bruyant, les vendeurs crient les prix du haut de leurs étalages, ça sent l'épice (beaucoup de curcuma et de coriandre mélangés), et on se perd tout le temps. J'ai dû demander mon chemin au moins 8 fois pour atteindre la Place Jemaa el-Fnaa depuis le riad. Les vendeurs vous interpellent tous les 10 mètres, « monsieur, monsieur, tapis ? cuir ? »—fatigant, mais il faut sourire et dire non fermement. Jemaa el-Fnaa et la bouffe localeLa Place Jemaa el-Fnaa vers 18h, c'est fou. Des charmeurs de serpents, des dessinateurs de henné, des vendeurs de jus frais, des musiciens. J'ai goûté la harira, cette soupe traditionnelle, chez un vendeur sans enseigne près de la mosquée Koutoubia—7 DH le bol, vraiment bon, riche en tomate et viande. Les cornes-de-gazelle en pâtisserie marocaine, emballées chaudes dans du papier, 3 DH pièce. Bon sucré mais assez lourd. Le lendemain, repas au restaurant Dar Cherifa, riad-resto discret à l'écart du chaos. Couscous aux sept légumes et agneau, environ 95 DH. Là on respire, le serveur te laisse tranquille, l'atmosphère est vraiment plus posée. Mais après 3 jours de Marrakech, j'avais besoin d'air. Essaouira, la détente atlantiqueBus Supratours départ 14h depuis la gare routière de Marrakech (rue Abou Chouaib Doukkali), arrivée à Essaouira vers 17h. 70 DH le ticket. Essaouira c'est complètement différent : brise océanique, moins de monde, plages immenses avec le vent. Hôtel Madada face à la mer, chambre basic mais vue sur les vagues. 450 DH la nuit. Le soir, assis face à l'Atlantique, les odeurs salines, les bruits des mouettes, on se sent enfin tranquille. Promenade sur le port le matin. Les bateaux bleus et verts serrés les uns contre les autres, les pêcheurs qui reviennent avec leur prise. Poisson grillé frais chez un petit resto sans nom sur la plage—merguez et sardines—vraiment goûteux, autour de 50 DH. Moment marquant : discussion avec un pêcheur marocain assis près de moi qui m'a expliqué l'arrivée des touristes « avant il y avait que nous, maintenant c'est devenu Marrakech bis »—genre un peu amer mais pas méchant. Ça m'a fait réfléchir sur le truc du tourisme. Galères et réalitésGalère principale : journée à Taghazout en excursion organisée. Départ 8h du matin, retour 18h. Arrêts photos interminables, guide qui parlait un anglais très basique, une couple suisse qui prenait des selfies partout. Vous payez 350 DH et à la fin c'est un peu usine. Pas mauvais en soi mais j'aurais préféré louer un scooter et explorer seul. Les petits artisanats « authentiques » sur la route, ils font pression pour que tu achètes des choses que personne ne veut, on refuse 50 fois, c'est fatigant. Autre truc : l'eau chaude du riad à Marrakech, c'était aléatoire. Deux jours sans eau chaude, j'ai dû demander des seaux. Pas grave mais bon à savoir. Les marchés d'Essaouira moins touristiques, plus honnêtes. Les prix affichés, moins de négociation agressive. Artisans locaux sympas, j'ai acheté un petit plateau de bois peint à un mec qui faisait son métier depuis 30 ans, pas arnaque, prix juste.
Les bons plans repérés sur place.
Riad Dar Anika à Marrakech pour dormir sans dépenser fou et prendre thé à la menthe chaque matin (15 DH)
Poisson grillé frais chez les restaurants de plage à Essaouira face à la baie (50 DH, goût salé incomparable)
Bus Supratours Marrakech-Essaouira à 14h, 70 DH, 3h de route, moins cher et plus fiable que le taxi
Place Jemaa el-Fnaa au coucher du soleil (gratuit, chaotique, incontournable malgré le harcèlement)
Port d'Essaouira le matin en début de journée avant l'arrivée des groupes de tourisme (pêcheurs authentiques, pas de vendeurs agressifs)
Photos — Marrakech / Essaouira
Et au final.
Le Maroc, c'est dépaysant mais pas un rêve de conte de fées. Marrakech fatigue : la médina tue les jambes, l'arnaques existent (gare au taxi, aux faux guides), et c'est devenu très touristique. Essaouira m'a sauvé, plus décontracté. La nourriture est vraiment bonne, les gens accueillants si on respecte les codes. À refaire oui, mais prévoir du temps pour souffler et garder ses distances avec les embrouilles petits prix.
