Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport international de Bahreïn vers 14 h, et dès la sortie, la chaleur nous a frappés comme un mur : 38 °C à l'ombre en avril. Le taxi Uber jusqu'à notre hôtel, le Novotel Manama (rue Al Fatih Highway), a coûté 7 dinars bahreïnis, soit environ 18 euros. Le chauffeur nous a immédiatement averti que le vendredi était un jour de fermeture pour beaucoup de commerces. C'était une info utile, on l'a oubliée deux jours après. Les premiers jours : Manama et ses contradictionsOn s'est balancés entre deux mondes complètement différents. Le matin du deuxième jour, on a pris le bus n°5 depuis la station centrale (Manama Bus Station) pour atteindre le souk de Bab al-Bahrain. Trois dinars pour deux personnes, aller-retour. Le souk lui-même sent l'encens, le cumin et l'essence de rose de façon assez écrasante. On y a trouvé du café arabe traditionnel préparé à la main dans des petites flacons en verre gravé : 2 dinars la portion. C'était intense, sucré, un peu amer. Les vendeurs ne faisaient aucun effort pour nous accélérer, contrairement à ce qu'on lit partout. Mais à trois kilomètres de là, les tours de Manama ressemblent à Dubaï en version réduite. Le Bahrain Financial Harbour, cette série de gratte-ciels futuristes le long de la corniche, contraste violemment avec les petites maisons en pierre du vieux Manama. On a dîné au restaurant Al-Reef, spécialisé dans les fruits de mer, près du front de mer. Les gambas grillées (machboos) coûtaient 12 dinars, soit 30 euros. La vue sur le golfe, l'humidité qui monte du détroit, c'était agréable mais sans plus. La galère du vendredi et le marché aux poissonsVendredi matin, on voulait explorer le quartier d'Al-Manama en détail. Erreur majeure. Tout était fermé entre 11 h et 16 h. Les petits cafés, les boutiques, même le petit musée fort basique d'Ad-Diraz. On s'est retrouvés à traîner dans un centre commercial climatisé à 20 °C en attendant, ce qu'on regrettait sincèrement. Le Seef Mall était rempli de familles bahreïnies, pas un endroit pour « vraiment » découvrir quelque chose. Samedi, on s'est levés à 6 h 30 pour atteindre le Fish Market avant 7 h. Le marché aux poissons de Manama, près du port, est un chaos olfactif : poisson frais, crevettes, algues salées, et un bruit de cris de vendeurs en arabe. Un homme nous a proposé des « bonnes affaires » sur des huîtres fraîches, puis a essayé de nous facturer 15 dinars pour une assiette qu'on n'avait jamais commande. On a refusé sec, il y a eu un moment d'incompréhension classique, mais sans tension. C'était juste du business de souk. L'île de Muharraq et l'arrière-pays ignoréLe lundi, on a pris un mini-bus local depuis Manama (2,5 dinars par personne) pour Muharraq, la deuxième ville. La route traverse la campagne bahreïnie très vite : des terres plates, brûlées, des petites maisons blanches dans le désert. Muharraq est moins touristique que Manama. On a visité le palais d'Arad Fort, une forteresse du 15e siècle, à l'entrée gratuite. Les remparts sont bien conservés, même si le tourisme n'y a clairement pas injecté beaucoup d'argent. Un café local, le Al-Fateh Coffee Shop, nous a servi un thé à la menthe pour 1,5 dinars. Le propriétaire parlait anglais lentement, gentiment. The Lost feelingCe qui m'a frappé, c'est que Bahreïn reste extrêmement discret comparé à Dubaï ou Qatar. Pas de grande campagne de marketing, pas de musées géants, pas de structures touristiques très élaborées. On croise rarement d'autres visiteurs français ou occidentaux. C'est à la fois reposant et un peu vide : on ne sait jamais vraiment ce qu'on doit faire. On nous a recommandé plusieurs fois d'aller à Al Jasra House, une vieille maison traditionnelle conservée, mais elle était fermée deux des trois jours où on a tenté d'y aller. La barrière de la langue et l'adaptabilitéL'anglais se parle dans les hôtels, les restaurants « modernes », mais pas partout. On s'est perdus près du quartier de Umm Al Hassam, et personne ne pouvait nous aider en anglais. Google Maps n'était pas fiable, les routes sont petites et mal balisées. On a fini par demander à trois personnes avant de trouver le restaurant qu'on cherchait, le Mezaina, une petite gargote familiale proposant du mouton braisé et du riz (8 dinars). La nourriture était correcte, l'accueil souriant.
Les bons plans repérés sur place.
Bab al-Bahrain souk en fin d'après-midi (vers 17 h-19 h) quand la chaleur retombe et que les vendeurs s'éternisent
Fish Market de Manama le matin très tôt (avant 7 h 30), pour l'authenticité brute
Arad Fort à Muharraq, entrée gratuite, forteresse peu fréquentée du 15e siècle
Restaurant Al-Reef (Manama) pour des fruits de mer raisonnables en prix, vue sur le golfe
Balade en mini-bus local entre Manama et Muharraq pour voir la campagne désertique bahreïnie réelle
Photos — Manama
Photos — Manama
Et au final.
Bahreïn n'est pas un grand coup de cœur. C'est un pays de passage, un mélange mal digéré entre modernité de façade et tradition qui résiste. Ni assez touristique pour offrir des expériences clés en main, ni assez local pour se sentir aventurier. Mais cette ambiguïté a son charme discret. On reviendrait, peut-être pour plus longtemps, si on avait davantage de temps à perdre. La grande déception : l'absence totale d'une scène culturelle vive, tous les musées ferment à 17 h et les festivals semblent réservés aux résidents.








