Manama en 8 jours : entre gratte-ciel et souks, la Bahreïn que personne ne vend
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Manama en 8 jours : entre gratte-ciel et souks, la Bahreïn que personne ne vend

On a atterri à l'aéroport international de Bahreïn vers 14 h, et dès la sortie, la chaleur nous a frappés comme un mur : 38 °C à l'ombre en avril. Le taxi Uber jusqu'à notre hôtel, le Novotel Manama (rue Al Fatih…

MD
Publié le · mis à jour le
8 jours2 albums4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à l'aéroport international de Bahreïn vers 14 h, et dès la sortie, la chaleur nous a frappés comme un mur : 38 °C à l'ombre en avril. Le taxi Uber jusqu'à notre hôtel, le Novotel Manama (rue Al Fatih Highway), a coûté 7 dinars bahreïnis, soit environ 18 euros. Le chauffeur nous a immédiatement averti que le vendredi était un jour de fermeture pour beaucoup de commerces. C'était une info utile, on l'a oubliée deux jours après. Les premiers jours : Manama et ses contradictionsOn s'est balancés entre deux mondes complètement différents. Le matin du deuxième jour, on a pris le bus n°5 depuis la station centrale (Manama Bus Station) pour atteindre le souk de Bab al-Bahrain. Trois dinars pour deux personnes, aller-retour. Le souk lui-même sent l'encens, le cumin et l'essence de rose de façon assez écrasante. On y a trouvé du café arabe traditionnel préparé à la main dans des petites flacons en verre gravé : 2 dinars la portion. C'était intense, sucré, un peu amer. Les vendeurs ne faisaient aucun effort pour nous accélérer, contrairement à ce qu'on lit partout. Mais à trois kilomètres de là, les tours de Manama ressemblent à Dubaï en version réduite. Le Bahrain Financial Harbour, cette série de gratte-ciels futuristes le long de la corniche, contraste violemment avec les petites maisons en pierre du vieux Manama. On a dîné au restaurant Al-Reef, spécialisé dans les fruits de mer, près du front de mer. Les gambas grillées (machboos) coûtaient 12 dinars, soit 30 euros. La vue sur le golfe, l'humidité qui monte du détroit, c'était agréable mais sans plus. La galère du vendredi et le marché aux poissonsVendredi matin, on voulait explorer le quartier d'Al-Manama en détail. Erreur majeure. Tout était fermé entre 11 h et 16 h. Les petits cafés, les boutiques, même le petit musée fort basique d'Ad-Diraz. On s'est retrouvés à traîner dans un centre commercial climatisé à 20 °C en attendant, ce qu'on regrettait sincèrement. Le Seef Mall était rempli de familles bahreïnies, pas un endroit pour « vraiment » découvrir quelque chose. Samedi, on s'est levés à 6 h 30 pour atteindre le Fish Market avant 7 h. Le marché aux poissons de Manama, près du port, est un chaos olfactif : poisson frais, crevettes, algues salées, et un bruit de cris de vendeurs en arabe. Un homme nous a proposé des « bonnes affaires » sur des huîtres fraîches, puis a essayé de nous facturer 15 dinars pour une assiette qu'on n'avait jamais commande. On a refusé sec, il y a eu un moment d'incompréhension classique, mais sans tension. C'était juste du business de souk. L'île de Muharraq et l'arrière-pays ignoréLe lundi, on a pris un mini-bus local depuis Manama (2,5 dinars par personne) pour Muharraq, la deuxième ville. La route traverse la campagne bahreïnie très vite : des terres plates, brûlées, des petites maisons blanches dans le désert. Muharraq est moins touristique que Manama. On a visité le palais d'Arad Fort, une forteresse du 15e siècle, à l'entrée gratuite. Les remparts sont bien conservés, même si le tourisme n'y a clairement pas injecté beaucoup d'argent. Un café local, le Al-Fateh Coffee Shop, nous a servi un thé à la menthe pour 1,5 dinars. Le propriétaire parlait anglais lentement, gentiment. The Lost feelingCe qui m'a frappé, c'est que Bahreïn reste extrêmement discret comparé à Dubaï ou Qatar. Pas de grande campagne de marketing, pas de musées géants, pas de structures touristiques très élaborées. On croise rarement d'autres visiteurs français ou occidentaux. C'est à la fois reposant et un peu vide : on ne sait jamais vraiment ce qu'on doit faire. On nous a recommandé plusieurs fois d'aller à Al Jasra House, une vieille maison traditionnelle conservée, mais elle était fermée deux des trois jours où on a tenté d'y aller. La barrière de la langue et l'adaptabilitéL'anglais se parle dans les hôtels, les restaurants « modernes », mais pas partout. On s'est perdus près du quartier de Umm Al Hassam, et personne ne pouvait nous aider en anglais. Google Maps n'était pas fiable, les routes sont petites et mal balisées. On a fini par demander à trois personnes avant de trouver le restaurant qu'on cherchait, le Mezaina, une petite gargote familiale proposant du mouton braisé et du riz (8 dinars). La nourriture était correcte, l'accueil souriant.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Bab al-Bahrain souk en fin d'après-midi (vers 17 h-19 h) quand la chaleur retombe et que les vendeurs s'éternisent

2

Fish Market de Manama le matin très tôt (avant 7 h 30), pour l'authenticité brute

3

Arad Fort à Muharraq, entrée gratuite, forteresse peu fréquentée du 15e siècle

4

Restaurant Al-Reef (Manama) pour des fruits de mer raisonnables en prix, vue sur le golfe

5

Balade en mini-bus local entre Manama et Muharraq pour voir la campagne désertique bahreïnie réelle

Album · 6 photos

Photos — Manama

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Conclusion

Et au final.

Bahreïn n'est pas un grand coup de cœur. C'est un pays de passage, un mélange mal digéré entre modernité de façade et tradition qui résiste. Ni assez touristique pour offrir des expériences clés en main, ni assez local pour se sentir aventurier. Mais cette ambiguïté a son charme discret. On reviendrait, peut-être pour plus longtemps, si on avait davantage de temps à perdre. La grande déception : l'absence totale d'une scène culturelle vive, tous les musées ferment à 17 h et les festivals semblent réservés aux résidents.

En résumé

Avis Manama : carnet de voyage de 8 jours par marco-destours

Destination
Manama
Pays
Bahrain
Durée
8 jours
Période
avril · Printemps
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marco-destours
L'essentiel

Manama en bref

Pourquoi choisir Manama

  • Contraste unique entre modernité (Bahrain Financial Harbour) et souks traditionnels authentiques
  • Destination discrète sans surcharge touristique commerciale contrairement à Dubaï ou Qatar
  • Coûts modérés: transports, restauration et hébergement très accessibles
  • Proximité de l'île de Muharraq et patrimoine historique (Arad Fort du 15e siècle)
  • Gastronomie locale riche: café arabe, fruits de mer frais, cuisine traditionnelle familiale

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête d'authenticité loin des sites touristiques surcommercialisés
  • Couples cherchant une escapade discrète et culturelle en Asie du Golfe
  • Explorateurs adaptables parlant anglais ou armés de patience linguistique
  • Amateurs d'architecture contrastée et de vie quotidienne locale non filtrée
  • Voyageurs disposant de 8 jours minimum pour s'imprégner du rythme bahreïni

À éviter si…

  • Vous recherchez une scène culturelle vibrante avec musées majeurs et festivals publics continus
  • Vous voulez voyager l'été: chaleur extrême (38°C+) et fermetures commerciales pendant les heures chaudes
  • Vous ne tolérez pas les barrières linguistiques ou GPS peu fiables
  • Vous préférez le tourisme structuré clés en main à l'improvisation et l'exploration autonome
À découvrir aussi
Souk Bab al-BahrainBahrain Financial HarbourFish Market de ManamaMuharraqArad FortAl Jasra HouseQuartier d'Al-ManamaCorniche de ManamaUmm Al HassamManama Bus StationAl Fatih HighwayÎle de Bahreïn

Photos communautaires : Manama

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Manama Fog
Manama Fog
© Ahmed Rabea
Bahrain
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© Francisco Anzola
Female protesters
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© Al Jazeera English
Neighborhood mosque
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Masjid Yateem
Masjid Yateem
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Manama Bahrain November 05
Manama Bahrain November 05
© deaf dude
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© U.S. Naval Forces Central Command/U.S. Fifth Fleet
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Questions fréquentes

FAQ — Manama

Quel est le meilleur moment pour visiter Manama?

Évitez avril et les mois d'été où la température dépasse 38°C. Les mois d'octobre à mars offrent un climat plus supportable. Attention: le vendredi, beaucoup de commerces ferment entre 11h et 16h, comme l'a constaté l'auteur lors de sa visite.

Combien coûte un séjour à Manama?

Les tarifs sont modérés: taxi Uber vers l'hôtel (7 dinars, ~18€), bus local (3 dinars pour deux aller-retour), restaurants locaux (8-12 dinars, 20-30€). Les hôtels comme le Novotel offrent un bon rapport qualité-prix pour la région.

Est-ce que l'anglais est parlé couramment?

Oui dans les hôtels et restaurants modernes, mais pas systématiquement dans les quartiers résidentiels comme Umm Al Hassam. Google Maps n'est pas toujours fiable, il faut s'adapter et demander son chemin. Une connaissance basique d'arabe ou de patience est recommandée.

Que voir absolument à Manama?

Le souk Bab al-Bahrain (encens, café arabe traditionnel), le Fish Market en fin de matinée, le Bahrain Financial Harbour pour le contraste architectural, et Muharraq avec le Arad Fort du 15e siècle. Al Jasra House est recommandée mais vérifiez les horaires avant.

Manama est-elle sûre pour les touristes?

Oui, aucun incident signalé dans le récit. Les interactions au marché aux poissons, bien que chaotiques, restent bienveillantes. La stabilité politique et la sécurité sont bonnes comparées à d'autres destinations du Golfe.

Comment se déplacer à Manama?

Uber fonctionne, les bus locaux (station centrale) sont très bon marché (2-3 dinars), et les mini-bus desservent Muharraq pour 2,5 dinars. Les routes sont mal balisées, privilégiez les taxis pour les premiers trajets.

Y a-t-il une vie culturelle active?

Non, c'est le point faible identifié par l'auteur. Les musées ferment à 17h, les festivals semblent réservés aux résidents. Bahreïn n'a pas la scène culturelle des émirati voisins. C'est une destination plus tranquille et authentique que stimulante culturellement.