Comment ça s'est passé.
Nous sommes arrivés à la gare de Perrache un mardi matin à 9 h 30, après un trajet TER de deux heures depuis Chambéry. L'air était glacial, humide, le Rhône gris anthracite. Pas de soleil prévu avant plusieurs jours selon l'appli météo. C'était notre première vraie visite à Lyon, et nous avions une semaine devant nous. L'hôtel de la Cour des Loges, niché dans le vieux Lyon, nous a coûté 145 euros la nuit. Vue moyenne depuis la chambre 312, mais les traboules — ces passages secrets dans les immeubles Renaissance — ont justifié le choix du quartier. Nous en avons exploré sept en trois jours. La traboule au 27, rue Saint-Jean nous a particulièrement frappés : escalier en spirale étriqué, odeur de pierre humide et de moisi qui s'incruste dans les vêtements, fenêtres donnant sur des cours intimes restées inchangées depuis le XVe siècle. Première galère. Le restaurant Le Bouchon, rue Mercière, était affiché complet pour le dîner. Nous avons dû nous rabattre sur le Chez Paul, moins réputé. L'andouillette y était caoutchouteuse, le Beaujolais éventé, et le patron nous a parlé comme si nous étions des touristes Airbnb à éduquer — ce que nous n'aimions pas. 28 euros par personne pour une expérience morne. Nous n'y sommes pas retournés. Le marché de Quai Saint-Antoine, le jeudi matin, a sauvé notre moral gastronomique. Nous y avons acheté des quenelles chez Maison Meert (le vrai fournisseur local), des macarons de la maison Chocolat Belledonne, et nous avons dégusté un sandwich au fromage fondu du vendeur de croque-monsieur coin de la rue Peyrat — pain de mie croustillant, Comté coulant, moutarde piquante, 4,50 euros. C'était simple, mais ça marchait. La basilique Notre-Dame de Fourvière s'atteint par le funiculaire de la rue Saint-Jean (1,60 euro le ticket, environ 4 minutes de montée). Vue panoramique depuis la terasse : la confluence du Rhône et de la Saône, les toits de tuile ocre s'étalant sous un ciel blanc. Nous avons ressenti la fraîcheur montagnarde à 300 mètres d'altitude — les oreilles qui bourdonnent légèrement, les doigts qui commencent à picoter dans les gants. À 16 h 30, la lumière déclinait déjà. Le musée des Beaux-Arts, place Bellecour, a occupé notre mercredi. Trois étages de peintures, sculptures, tapisseries. Nous avons flâné sans but, surtout fascinés par les sarcophages égyptiens au sous-sol — moment marquant : debout devant un coffre de pierre datant de -1500, à sentir la sécheresse du plâtre, l'absence totale d'odeur, l'absence de temps dans cette pièce froide. Tarif : 8 euros. Quatre heures de visite. Nous avons tenté le bus TCL n°4 (réseau lyonnais) pour rejoindre la Cité Internationale et le Parc de la Tête d'Or. Le trajet était bondé, un homme a dû nous rappeler d'utiliser les mains courantes. Au Parc — 117 hectares au bord du lac — nous avons marché deux heures sans croise grand monde. Quelques runners, des joggeuses isolées. Novembre à Lyon, c'est lunaire. Pas touristique, mais aussi pas vraiment vivant. Dernier repas au café Le Petit Carlin, rue de la Barre, où le patron nous a servi un café crème décent et des bugnes (pâtisseries lyonnaises frites) sortis de la cuisine. Sucre, anis léger, huile chaude qui monte dans les narines. Les bugnes coûtaient 2,80 euros les trois. C'était notre dernier matin. Départ samedi à 11 h 10 en bus Ouibus direction Saint-Étienne. Le chauffeur avait cassé le chauffage : deux heures de route avec les vitres qui s'embuaient, la condensation sur la veste, l'inconfort monotone.
Les bons plans repérés sur place.
Les traboules du vieux Lyon (rue Saint-Jean et rue Mercière) : passages secrets, gratuits, profonds de 50 à 100 mètres, cour fermée au bout
Parc de la Tête d'Or : 117 hectares, lac avec canards, musée d'art contemporain à côté, gratuit l'entrée du parc
Marché Quai Saint-Antoine (jeudi matin) : quenelles Meert, macarons Chocolat Belledonne, sandwiches locaux à 4-5 euros
Basilique Notre-Dame de Fourvière : accessible par funiculaire rue Saint-Jean, 1,60 euro, vue panoramique de la confluence
Musée des Beaux-Arts place Bellecour : sarcophages égyptiens, 8 euros, rarement bondé hors vacances
Et au final.
Lyon nous a séduits par ses détails architecturaux et son patrimoine Renaissance, mais l'automne avancé, le manque de circulation en bus, et la gastronomie inégale nous ont déçus. À revoir peut-être en mai quand la ville s'anime.







