Comment ça s'est passé.
Arrivé à Lomé le 14 novembre avec Air Sénégal, décollage Dakar à 6h30. L'aéroport de Tokoin est petit, pas de cirque. Taxi jusqu'au Galéria Hôtel (Route de Kpalimé, près du Lac Togo) : 8000 francs CFA. La chambre sentait l'humidité et le nettoyant au pin. Première nuit inconfortable, clim qui ronfle comme un moteur diesel. Le lendemain, marché central de Lomé à 7h du matin. C'est un mur de bruit et de sueur. Les vendeurs te crient dessus dès que tu approaches. Odeur de poisson séché, cacao moulu, et des tonnes de piment rouge. J'ai acheté des mangues à 500 francs CFA pièce et du pain de mil chez une femme qui m'a dit « tu reviens demain ? » avec un sourire. On s'était évidemment perdus en cherchant le marché. Un mec nous a dit que c'était « droit », puis on a tourné en rond 40 minutes. Arnaque classique : faux sens unique. Les routes et les transports : la vraie galèreBus Sococim Nig vers Kara (compagnie fiable, prix 6500 francs, départ 9h30 gare nord) : 6 heures de route sur une piste défoncée. Le bus s'est arrêté deux fois pour des papiers de police. Ventilation zéro. À côté de moi, une femme avec un bébé qui pleurait sans arrêt. À Kara, hôtel Mille Collines, chambre simple 15000 francs, eau chaude fonctionne une heure par jour, avant 6 h du matin. Ils te le disent pas d'avance. Kara est une petite ville tranquille. Pas de foule, pas de vendeurs collants. J'ai marché jusqu'à la cathédrale (construite dans les années 50, blanche, un peu décrépite). Repas au restaurant Chez Nana (rue de l'Indépendance) : omelette poulet sauce tomate, riz blanc, jus de goyave frais, 3500 francs total. C'était bon, vraiment bon. Un moment clé : j'étais assis seul, en fin d'après-midi, il faisait 31°C dehors et 22°C à l'intérieur. Zéro touriste. Zéro bruit. C'est là que j'ai compris qu'on était vraiment loin des circuits habituels. Cascade de Nangbéto et retour vers la côteExcursion à Nangbéto (1h de motos-taxis depuis Kara, 5000 francs par personne). La cascade existe mais elle est minuscule en novembre, c'est la saison sèche. Eau tiède, presque chaude. Des jeunes du coin se baignaient. Poisson grillé vendu par une femme sur la plage rocheuse : 2000 francs, servi dans des feuilles, trop salé. J'avais attendu du pittoresque, j'ai eu de l'eau qui s'écoule. Retour déçu. À Lomé, derniers jours à l'hôtel Niagara (plage, promenade de Lomé, 45000 francs la nuit) : bien mieux que le premier. Accès direct à la plage noire de sable volcanique. Levers du soleil à 5h45. Goût de sel dans l'air. Repas au restaurant Le Toile Blanche face à la mer : poulpe grillé, frites molles, vin blanc frelaté à 15000 francs (€23). Pas bon. J'aurais dû prendre la bière locale, la Castel, à 1500 francs. Visite du musée national de Lomé : petit, mal entretenu, pas de climatisation. Affaires du roi Agoli-Agbo, tissus traditionnels, objets disparates. Entrée 2000 francs. On peut le faire en 1h30. Dernier jour, achat de tissu Wax au marché de Komavavi : 3000 francs le mètre, j'en ai pris 5 mètres.
Les bons plans repérés sur place.
Marché central de Lomé, 7h du matin, quand les vendeurs étalent — négocier les mangues avec les femmes sur place
Restaurant Chez Nana à Kara, omelette poulet sauce tomate 3500 francs, calme total
Galéria Hôtel, terrasse sud face au Lac Togo, idéal pour lire si tu n'aimes pas la plage
Bus Sococim Nig depuis Lomé, réserver la veille à la gare nord, durée 6h, vérifier les arrêts police
Plage de sable noir à Lomé en fin d'après-midi, lever du soleil 5h45, accès libre
Photos — Lomé / Kara
Et au final.
Le Togo n'est pas un pays pour se reposer ou pour du tourisme facile. Les routes sont chaotiques, les arnaqueurs existent, l'eau chaude n'est pas garantie. Mais on sent une vraie vie, pas une mise en scène pour touristes. Kara m'a marqué plus que Lomé. Je partirais une semaine plutôt que deux, question de patience.
