Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Lomé par un vol Air Côte d'Ivoire en fin d'après-midi. L'aéroport international Gnassingbé Eyadéma ressemblait à une petite gare routière : climatisation absente, files d'attente serpentant entre trois guichets pour cinquante passagers. Levée à 5 h le lendemain pour rejoindre le Marché Central dès 6 h 30. Cette odeur de poisson fumé mélangée au café fort des petits vendeurs nous a frappées dès l'entrée. Le marché s'étendait sur trois niveaux de bâtiment colonial effondré, avec des femmes en pagne criard qui nous interpellaient pour vendre du tissus, de l'huile de palme en jerricans, des tas de tomates rouges. Nous avons loué une chambre à l'hôtel Le Benin, rue de la Libération, à 45 euros la nuit. Basique mais correct : ventilateur qui tournait sans bruit, eau chaude entre 6 h et 8 h du matin. Le patron, Amédé, nous a loué une 206 Peugeot chez un ami pour 25 euros par jour avec un plein d'essence. Le problème : le moteur calait tous les cent mètres sur les cahots de la rue du Commerce. Nous avons perdu deux heures en première journée à le faire redémarrer. Le Monument des Martyrs et la plage de FifoéLe Monument des Martyrs se dresse au centre-ville avec ses deux mains géantes en béton gris, sorte de geste figé vers le ciel. Accès gratuit. Nous y étions seules un mercredi matin. Le silence était presque gênant. On sentait la chaleur épaisse monter du bitume, pas un souffle d'air. Les murs portaient encore des traces de pluie acide. Nous avons quitté Lomé vers 11 h pour la plage de Fifoé, à une trentaine de kilomètres. La route côtière serpentait à travers des villages dont les noms disparaissaient : Aného, Glidji. Fifoé était vide, juste des filets de pêche accrochés aux cocotiers, du sable gris-blanc parsemé d'algues noires. Nous avons mangé un vivaneau grillé au restaurant de Kofi, une baraque en tôle avec trois tables. 8 euros le plat. Le goût était salé, sucré à cause de la sauce pimentée maison. Une bière Flag locale à 1,50 euro. Kofi nous a dit qu'il y avait eu un requiem la semaine précédente, que la plage n'était pas sûre avant 7 h du matin et après 17 h. Nous n'avons pas testé. La gare routière et les débuts chaotiquesMercredi après-midi, décision d'aller à Kpalimé, une ville à l'intérieur. Prise de taxi collectif à la gare routière de Quartier du Port. Neuf places pour treize personnes. Le chauffeur attendait de remplir chaque siège avant de partir. Nous avons attendu quarante-cinq minutes, calées sur la banquette arrière entre un homme avec deux poules dans un filet et une femme vendant des beignets frits qui dégoulinaient d'huile sur nos sacs. Le bruit des moteurs, les cris des vendeurs, l'odeur d'échappement diesel : on sentait vraiment chaque détail. Un contrôle routier à Notsé a retardé notre arrivée d'une heure. Le policier a demandé nos papiers, les a feuilletés lentement, puis a vaguement fait signe au chauffeur de continuer. Kpalimé était plus frais. Nous avons logé à la Maison de la Soie, une petite guesthouse avec un jardin tropical : 35 euros la nuit, petit déjeuner inclus (œufs durs, pain blanc, café). Les chutes de Kpalimé se trouvaient à une marche de quatre heures. Nous avons pris un guide, Romain, pour 10 euros. Il s'endormait régulièrement sur le sentier. Nous avons dû le réveiller deux fois. Les cascades étaient jolis mais peu puissantes, beaucoup de touristes français et belges. Nous avions espéré une solitude qu'on n'a pas trouvée. Retour à Lomé : le Musée National et les derniers joursLe Musée National était fermé le lundi. Nous y avons retourné le jeudi. Entrée à 3 euros. Les collections : quelques masques, des ustensiles de cuisine, des photos en noir et blanc de la période coloniale allemande, tout cela dans un bâtiment climatisé mais sentant le renfermé. Deux salles seulement. Le gardien dormait sur une chaise. Notre dernière soirée, nous avons dîné au restaurant L'Abidjan, rue de la Libération, spécialiste du poisson-sauce. Poulpe à la sauce arachide pour 12 euros. Cadre simple mais le plat était bon, portions généreuses. Le serveur nous a apporté de l'eau glacée sans demander. Nous avons discuté avec une femme togolaise à la table voisine qui travaillait à l'ambassade. Elle nous a dit que les touristes venaient rarement à Lomé, plutôt au Bénin ou en Côte d'Ivoire. Le Togo restait entre-deux.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Central de Lomé : arriver avant 7 h, étages de fruits, tissus et épices, odeur de fumée de bois
Plage de Fifoé : manger un vivaneau grillé chez Kofi en fin d'après-midi, sable vide et filets de pêche
Monument des Martyrs : visite libre en fin de matinée, silence surréaliste, mains géantes en béton gris
Route côtière vers Aného : villages côtiers oubliés, paysage plat, pause à Glidji pour marchands d'eau de coco
Hôtel Le Benin et location 206 Peugeot : base fiable pour explorer, patron Amédé arrangeant malgré moteur capricieux
Photos — Lomé
Et au final.
Le Togo nous a étonnées par son absence de folklore touristique : pas de circuits organisés, pas d'hôtels cinq étoiles, juste des gens qui vivaient leur vie. Nous avons aimé cette rudesse. Cela dit, les routes cassées et la bureaucratie lente à la gare routière nous ont usées. À faire si on cherche le décalé, pas si on veut le confort.








