Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport de Lomé-Tokoin un mercredi à 14 h 30, avec 37 degrés affichés au thermomètre de l'avion. L'odeur d'humidité tropicale nous a frappés dès la porte ouverte – mélange de diesel, d'air salé et de mangues trop mûres vendues sur les trottoirs. Pas désagréable, juste dense. On avait réservé un taxi via l'appli locale TaxiBe, 8 000 CFA pour rejoindre notre hôtel, le Salinasse rue de la Circonscription, petit établissement avec chambres propres mais clim qui râlait toute la nuit. Le premier vrai moment marquant : mercredi soir, en se perdant près du Marché des Fétiches dans le quartier de Tokoin. On cherchait le restaurant Le Columpio où on avait lu des avis, mais on s'est retrouvés au mauvais carrefour. Un vendeur de noix de coco nous a proposé de nous guider – gratuitement, simplement par curiosité. Il s'appelait Kwamé. Il nous a parlé pendant 20 minutes du prix du diesel, du manque d'électricité, de sa fille qui veut devenir infirmière. Pas du tout le Togo « pittoresque » qu'on imaginait, mais une vraie conversation. On a quand même trouvé le resto : excellentes brochettes de poisson pour 3 500 CFA chacune, sauce arachide épaisse, riz gluant. On a mangé en sueur. Jeudi, visite du Musée National du Togo avenue Gallieni, ouvert de 8 h 30 à 12 h 30 puis 15 h à 17 h 30. C'était fermé le matin – problème de climatisation dit le gardien. On y est allés à 15 h. Entrée à 3 000 CFA par personne. Collections modestes mais bien expliquées : masques ewe, tissus traditionnels, artefacts du royaume de Keta. L'audio-guide français était en panne, donc on a demandé au guide sur place qui parlait très vite et vendait des cartes postales à côté. Vendredi, on s'est levés à 5 h 30 pour la lagune de Togoville – environ 45 km d'ici. On a pris un minibus de la compagnie Tata (pas de numéro, juste écrit sur les vitres) qui partait du Gare Routière d'Akodésewa vers 6 h 15. 2 500 CFA par personne. Le trajet a pris 2 h 45 au lieu de 1 h 30 : panne moteur à Vogan, puis un petit accident sans gravité avec un chariot à l'entrée du village. On est arrivés énervés. Mais là, le temps s'est arrêté un peu. La lagune était immobile, grise le matin, avec du brouillard qui se levait. On a loué une pirogue avec Alphonse (pêcheur, 30 ans environ) pour 15 000 CFA pour deux heures. Il nous a menés vers des villages flottants : Togoville, Ganvié (plus au nord, dans le Bénin voisin, mais visible de là). Les maisons sur pilotis, l'odeur de poisson séché – intense, presque étouffante. On a vu des enfants qui jouaient dans l'eau trouble. Alphonse a dit que l'eau était « pas trop malade cette saison ». Pas très rassurant. Le samedi on a traîné à Lomé. Petit-déj au Café de l'Université place de la Gare : café soluble 800 CFA, pain beurre marmelade 1 200 CFA. On s'est assis dehors, en plein soleil, à regarder les vendeurs de chaussures usagées étaler leur stock sur le trottoir. Vers 10 h, visite du Grand Marché (Marché Central) : c'était étouffant, bruyant, trop de monde. On s'est sentis mal à l'aise à un moment – une fille nous a suivis en insistant pour nous vendre ses bijoux, on a dit non plusieurs fois, elle s'est énervée. On s'est échappés en direction du Palais Présidentiel qu'on regardait de loin (pas accessible, bien sûr). Plus calme. On a mangé des akoumé (bouillie de maïs) chez une femme près de la mer pour 800 CFA, c'était bon et chaud. Dimanche et lundi on a loué des vélos – pas facile de trouver un loueur, finalement un gars près de la Plage de Lomé nous en a loués deux pour 5 000 CFA la journée. On a roulé jusqu'à Bè-Plage et au-delà, vers les petits villages côtiers. La température montait vite. On s'arrêtait dans des petits restaurants de plage, on buvait de l'eau, du jus de bissap glacé (500 CFA, épais, sucré, piquant). Pas de grandes vagues, du sable noir volcanique. On s'est baignés mais l'eau était tiède, limite trouble. Les moustiques ont commencé à arriver vers 17 h – il fallait prendre des précautions. Les deux derniers jours, on a visité Kpalimé (120 km à l'est, région montagnarde). Train très basique depuis la gare, 3 h de trajet, 8 000 CFA. On a loué une moto-taxi pour explorer les chutes d'eau de Tomegbe et les plantations de cacao. Guide local (15 euros pour la journée) qui connaissait tous les sentiers. C'était plus beau qu'à Lomé – plus vert, moins étouffant. Marché local de Kpalimé le matin, on a acheté du chocolat frais, des fruits qu'on ne reconnaissait pas. Nuit au Hôtel Kpalimé, très basique, ventilo au plafond, pas d'eau chaude.
Les bons plans repérés sur place.
Lagune de Togoville en pirogue avec Alphonse, lever du brouillard vers 7 h 30
Marché des Fétiches la nuit (Tokoin), bric-à-brac d'objets du culte vodou authentique
Chutes d'eau de Tomegbe près de Kpalimé, chemin boueux mais paysage vraiment dépaysant
Brochettes de poisson au Columpio (3 500 CFA), sauce arachide faite maison
Vélo jusqu'à Bè-Plage le dimanche, petit resto de plage face à la mer
Photos — Lomé
Et au final.
Le Togo on ne l'oubliera pas, mais pas pour les raisons touristiques classiques. C'est un pays qui fonctionne au ralenti, avec des galères logistiques, de la chaleur qui tue, mais aussi des gens qui s'arrêtent pour parler. Lomé est fatiguante à la longue, poussiéreuse, pas très belle. Kpalimé valait vraiment le coup. On reviendrait, mais en mieux préparé sur la logistique transports.








