Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Lomé un mardi matin après un vol Air France via Accra. L'aéroport Gnassingbé Eyadéma était chaotique : trois guichets pour cent passagers, climatisation en panne. Dehors, humidité épaisse, genre 85 % dès 9 h, avec l'odeur caractéristique du diesel des motos-taxis qui traînent devant le terminal. Nous avons pris un taxi blanc classique (pas d'uber qui marche vraiment) jusqu'à l'hôtel Onomo Beach Resort sur la corniche. Le trajet a coûté 8000 francs CFA (12 euros) et le chauffeur nous a parlé du match Togo-Bénin de la veille en passant par le marché Akodessewa. Les tarifs à l'Onomo étaient corrects : 85 euros la nuit pour une chambre avec vue océan et clim qui fonctionne. Le premier jour, on s'est balancés sur la plage privée de l'hôtel. Eau tiède, sable gris un peu sale. C'est pas les Maldives, mais le coucher de soleil sur le golfe de Guinée avait sa chose : le ciel virant à l'orange-rouge vers 18 h 30, avec les pirogues qui rentraient. On a mangé du poisson grillé au restaurant de l'hôtel, environ 6000 CFA (9 euros), saveur fumée intense qui vous reste dans les cheveux. Le choc du marché Petit ParisOn a pris un taxi mardi pour descendre au Petit Paris, littéralement le centre-ville marchand de Lomé. C'est un dédale de ruelles étroites où on vend de tout : tissus, chaussures contrefaites, pièces de moto, téléphones reconditionnés. L'odeur mélangée : transpiration, épices, fumée de charbon de bois. On s'est perdus trois fois. Un type nous a suivis en disant « vous cherchez quoi, les Français ? », pas agressif mais clairement il voulait nous vendre un truc. On a acheté des pagnes vrais auprès d'une vendeuse assise par terre, 3500 CFA le mètre (5 euros). Elle nous a arnaqués de 1000 CFA sur la négociation – on l'a su après en reparlant avec d'autres touristes au bar de l'hôtel. Pas dramatique, mais ça m'a gonflé. Excursion à Toliara et les cascades de KpaliméVendredi, on a loué un 4x4 avec chauffeur auprès d'une agence rue du 24 janvier (l'agence Gloaming Travel, très correct, 120 euros par jour). Direction Kpalimé, à 2 h 30 de route au nord-ouest. Les cascades de Kpalimé c'est dingue : eau douce qui tombe de 60 mètres d'une falaise couverte de végétation tropicale dense. On a baigné là-bas vers 14 h, eau fraîche qui changeait de la chaleur du trajet. Le guide, Kofi, nous a parlé du pèlerinage annuel à la mosquée Abomey toute proche et des rituels vaudou de la région. Déjeuner dans un petit restaurant tôlé à Kpalimé : riz, sauce arachide, poulet, 2500 CFA (3,80 euros). Pas varié mais remplissant. Samedi on a roulé jusqu'à Toliara, à 4 h 30 vers le sud. Petite ville côtière, moins touristique que Lomé. On s'est arrêtés à l'Auberge du Phare pour la nuit. La patronne, Yvette, faisait des bananes flambées le soir sur sa terrasse. L'océan criait contre les rochers noirs. On a entendu les vagues toute la nuit, pas facile de dormir à cause du bruit et des coups de klaxon de camions sur la route principale à 50 mètres de l'auberge. La vraie galère : panne de bus sur la route du retourDimanche matin, on a pris un minibus groupe (Tro-tro régional) pour revenir vers Lomé avec une quinzaine de passagers, poules incluses. Le bus, un Toyota Hiace blanc miteux, s'est arrêté à 45 km de Toliara : problème de courroie. On a attendu deux heures au bord de la route, sous des arbres, avec des vendeurs de bananes plantains qui rôdaient. La climatisation du bus était minimaliste. On a commencé à flipper de louper notre vol de retour. Finalement un deuxième bus a pris notre groupe et on a roulé plus vite en oubliant les chaussées défoncées. Arrivés à Lomé à 17 h, juste avant le coucher de soleil. Coût total du trajet : 15000 CFA (23 euros). Les deux derniers jours, on a visité le Musée national du Togo rue de la Chapelle, entrée 4000 CFA (6 euros). Collections réduites mais intéressantes sur l'art vaudou et les masques du Nord. Pas de clim dans le musée, on suait par tous les pores. Dernière soirée au café Bella Italia près du rond-point de la gare de Lomé : expresso honnête, terrasse bruyante, serveur un peu lent mais sympa. On a grignoté des accras de maïs, salade de crudités locale, bonne du goût salé-sucré.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Akodessewa : le plus grand marché fétiche d'Afrique de l'Ouest, vendeurs de talismans et d'herbes, dépaysement garanti mais soyez respectueux
Cascades de Kpalimé : baignade en eau douce en bas de la chute, circuit faisable en journée depuis Lomé, oubliez l'hôtel quelques heures
Plage de Toliara : moins construite que Lomé, moins de touristes, rochers noirs qui donnent du caractère à la côte
Restaurant Onomo Beach : poisson grillé du jour servi avec riz et sauce, à manger les pieds dans le sable face à l'océan
Gare de Lomé : entrez dedans juste pour voir comment ça fonctionne, chaos organisé, conversations en ewe et français mélangés
Photos — Lomé
Et au final.
Deux semaines assez relevantes au Togo. Les gens sont vrais, pas bluffés par les touristes. Le climat, c'est violent. Retour en arrière technologique par rapport à Accra ou Dakar, mais peut-être c'est ça qu'on cherchait. La gestion du temps là-bas est étirée : les gens traînent, les services prennent du temps. Ça peut frustrer, mais c'est aussi ce qui donne du relief au voyage. Je recommande, en sachant qu'on ne va pas y trouver du confort de club Med.








