Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Podgorica le 14 septembre en fin d'après-midi via Air Serbia. Le vol a eu 2h30 de retard, ce qui a décalé tout notre planning. À la gare routière de Podgorica, nous avons pris le bus 5 de Niksica Trans à 18h45 en direction de Kotor. Le trajet a duré 2h15, route sinueuse à flanc de montagne, climatisation à peine suffisante. En arrivant à Kotor vers 21h, l'air sentait l'iode et le pin maritime. Nous avions réservé une chambre chez Palazzo Radomiri, une petite villa du XVe siècle transformée en guesthouse sur la rue Stari grad. La proprio, Jelena, nous a accueillis avec un verre d'eau à la température de la chambre (elle oublie l'air clim l'été) et des informations de base. Le lendemain matin, levé à 5h30 pour voir le lever du soleil sur la baie. Nous avons grimpé les 1350 marches de Château Saint-Jean en 45 minutes. La vue était bien réelle : l'eau grise-bleu encadrée de falaises noires, les toits rouges de Kotor rétrécis en bas. Mais les escaliers en pierre glissaient, notre ami Thomas a failli s'étaler. À 7h15, on entendait déjà les premiers restaurateurs ouvrir leurs terrasses, les chaises qu'on traîne sur le pavé, des voix en serbe. Pour manger, nous avons trouvé Thalassa, petit restaurant de fruits de mer juste avant la porte Pima. Une assiette de marinated squid (calamar mariné) à 12 euros, black risotto with cuttlefish ink (risotto noir à l'encre de seiche) à 14 euros. Le serveur a fait une erreur de facturation (facture sur le bout de papier, pas de POS), il voulait nous en faire payer une deuxième. Débat de 10 minutes. Finalement, c'était un test, il souriait. Malentendu classique. Le 16 septembre, nous avons loué une voiture chez Europcar Kotor (centre-ville, près du musée d'art) pour 48 euros par jour. Route côtière jusqu'à Perast, 30 km, 40 minutes. Perast est un bourg figé du XVIIe siècle avec deux îlots en face : Gospa od Skrpjela et Sveti Đorđe. Nous avons pris un bateau privé (15 euros par personne) pour les deux îles. L'air salé m'a raidi les cheveux comme du caoutchouc. L'église sur Gospa od Skrpjela datait de 1632, très sombre, odeur de cire et d'humidité côté. Un moment marquant : en revenant, un enfant local nous a montré comment les pélicans pêchent à l'entrée de la baie. On n'avait rien vu, lui était sur sa planche, c'était son quotidien. Le 17, excursion vers les montagnes. Bus 2 à 7h depuis le centre-ville (4 euros) jusqu'à Cetinje, capitale historique à 900 m d'altitude. 1h20 de trajet, virage après virage. Nous avons mangé au Restoran Lovćen : ragoût de chevreau (jagnje pečeno) à 11 euros, pain de maïs noir, rakija maison à 2 euros le verre. La viande était tendre, fibreuse, ça fondait. Les murs en pierre avaient une fraîcheur rare. On n'avait pas de réservation, le restaurant était quasi vide à midi (problème : les touristes ne viennent pas ici). Nous avons raté le musée de Cetinje (fermé le lundi, on y est allés lundi). Galère classique. Retour à Kotor en bus 2, 18h30. Dîner simple au Cafe Citara, terrasse en face des murailles. Une pizza locale faite au feu de bois à 8 euros, bière locale Niksičko à 3 euros. Le soleil s'était mis à peser lourd, peut-être 28-29 degrés encore à 20h. Le 18 et 19 septembre, nous avons trainé. Plage de Djurovic (petite crique, eau froide à 21 degrés), promenades dans les ruelles de Kotor. La baie avait des jours où elle était gris-vert, d'autres jours presque noire. Les chats des ruelles dorment sur les marches en terrasse. Nous avons acheté du fromage de chèvre local au marché Bazar (0,80 euros les 100g). Les vendeurs criaient leurs prix en dialecte qu'on ne comprenait pas. Départ le 22 septembre. Bus 5 depuis Kotor vers Podgorica à 11h, vol Air Serbia à 15h30. Bilan : Kotor est une vraie ville, pas un décor. Les touristes côtoient les vies qui bougent. Les tarifs sont bas pour l'Europe. Mais l'été, il fait étouffant dans les ruelles. Et oui, les galères administratives (bus en retard, restaurant sans système de paiement moderne) existent. C'est réel.
Les bons plans repérés sur place.
Château Saint-Jean : 1350 marches en pierre, vue sur la baie au lever du soleil, 5h30 le départ recommandé
Thalassa restaurant : risotto noir à l'encre de seiche pour 14 euros, quai près de la porte Pima
Perast et ses îlots : bateau privé à 15 euros, église de Gospa od Skrpjela datée de 1632, pélicans à l'entrée de la baie
Cetinje en bus 2 : ragout de chevreau à 11 euros, altitude 900m, capitale ancienne figée
Baie depuis Djurovic : petite plage, eau froide à 21 degrés, fromage de chèvre local au marché Bazar à 0,80 euros les 100g
Photos — Kotor
Et au final.
Kotor m'a marqué par ses détails mineurs : un enfant qui pêche, une chiesa sombre qui sent l'humidité, un serveur qui teste notre bonne foi. Pas d'épiphanie, juste une baie encadrée de montagnes noires et des gens qui vivent dedans. Une seule vraie déception : le temps était gris 3 jours sur 8, ce qui tue un peu la photo.








