Kinshasa en décembre : entre chaos urbain et générosité du fleuve Congo
CarnetCongo202612 jours

Kinshasa en décembre : entre chaos urbain et générosité du fleuve Congo

Levé à 5h30 à l'hôtel Pullman Kinshasa, j'ai regardé le soleil monter sur le fleuve Congo depuis la terrasse de la chambre 312. L'air était déjà lourd, humide, chargé de cette odeur particulière mélange d'eau stagnante…

MA
Publié le · mis à jour le
12 jours4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Levé à 5h30 à l'hôtel Pullman Kinshasa, j'ai regardé le soleil monter sur le fleuve Congo depuis la terrasse de la chambre 312. L'air était déjà lourd, humide, chargé de cette odeur particulière mélange d'eau stagnante et de diesel des bateaux. Kinshasa se réveillait sous le bruit des klaxons des minibus jaunes qui parcourent les rues dès l'aube. Nous avons pris un taxi-brousse depuis la gare routière de Kasavubu vers 7h pour aller au marché central de Kinshasa. Trajet chaotique de 45 minutes, assis sur des sièges en mousse, serré contre une femme vendant des régimes de bananes. Le conducteur a klaxonné sans arrêt, les passagers vendaient des beignets à la fenêtre aux feux rouges. Prix du trajet : 500 FC (25 centimes d'euros, mais c'était une arnaque de touriste). Les marchés et les saveurs localesAu marché de Kinshasa, l'odeur était oppressante : mélange de poisson fumé, d'oignons crus, et de sueur. Les étals proposaient du mukate (feuilles de manioc pilées, environ 2000 FC le plat), des chikwangues (pâtes de maïs enrobées de feuilles de banane). J'ai goûté le liboke, du poisson enveloppé dans des feuilles de banane avec des tomates, chez une femme assise par terre. C'était fibreux, salé, presque trop chaud. Mais bon. Les enfants me suivaient pour vendre des bracelets en perles. Un gamin de sept ans a insisté quinze minutes pour que j'achète le sien, puis il a pleuré quand j'ai refusé. Moment inconfortable. Nous sommes allés au restaurant Chez Panda le deuxième jour, rue Léopold II, pour manger du poulet moambe (poulet à la sauce d'arachide, 8500 FC soit environ 4 euros). Le serveur a oublié notre commande pendant deux heures, puis a dit que nous avions déjà payé. Grosse tension. Finalement il a apporté le plat froid. Le goût était bon malgré tout, riche, avec les arachides qui collaient au palais. Le fleuve et ses rivesNous avons loué une pirogue avec un batelier nommé Léon le troisième jour (3000 FC pour 2 heures). Il nous a menés sur le fleuve Congo en fin d'après-midi. L'eau était marron-orange, chaude au toucher. Le bruit des rames, les pirogues qui se croisent, les pécheurs qui jetaient leurs filets avec des gestes répétés depuis cinquante ans. J'ai senti l'eau nous éclabousser, c'était frais enfin. Léon nous a montré les endroits où les enfants se baignaient, insouciant du courant. Aucun risque apparent, mais inquiétant vu depuis la côte d'Ivoire. La vie dans les quartiersQuartier de Gombe, vers la cathédrale Sainte-Anne-du-Congo : petites maisons colorées, des drapeaux congolais bleu-blanc-rouge partout, une ambiance de fête en permanence. Nous avons pris un café au bar Kinshasa Dreams près de l'avenue Mobutu. Café noir très amer, servi dans une tasse ébréchée. 1200 FC. Le barista parlait français avec un accent local prononcé, me demandait d'où je venais toutes les trente secondes. Visite du musée national à midi : fermé le mardi. Nous ne l'avions pas vérifié, c'était bête. Les panneaux ne marquaient rien à l'entrée. Nous avons perdu deux heures. En compensation, nous avons visité un atelier d'artisans rue Kasai où un sculpteur travaillait le bois de teck. Les copeaux tombaient sur le sol brûlant, l'odeur était envoûtante. Les masques coûtaient entre 15 et 200 euros selon la taille. Nous en avons acheté deux. Transports et déplacementsMoyo Air est la compagnie qui nous a amenés de Kinshasa vers Matadi le huitième jour (vol 7h45, décollage à 8h20). Avion turbulent, beaucoup de secoussements. Matadi, sur l'estuaire, était plus frais, moins étouffant. Le port est impressionnant, des conteneurs empilés, des bateaux géants ancrés, une activité frénétique. Les taxis de Kinshasa sont peu fiables. Nous avons été facturés 8000 FC pour un trajet qui normalement coûte 2000 FC. Réclamation au chauffeur : il a dit que les touristes paient plus. C'est vrai partout, mais pénible à accepter. Pas d'Uber à Kinshasa, pas de système de transport moderne. Les bus publics sont surpeuplés, sans horaires affichés. Nuits kinshasaL'hôtel Pullman avait la climatisation, mais le bruit des ventilateurs était constant. Le soir, la cacophonie urbaine est moins bruyante mais ne s'arrête jamais. Restaurants du quartier de Gombe : fermés après 22h généralement. Nous avons mangé à l'hôtel plusieurs fois plutôt que de nous aventurer la nuit. Prix : 25-30 euros par personne pour un plat occidental insipide. Trois jours avant de partir, nous avons été à une fête locale, invitation d'un habitant croisé au marché. Maison sans électricité dans une ruelle, musique techno diffusée depuis un téléphone, beaucoup de vin chaud servi dans des verres de plastique. Les gens dansaient, suaient, riaient. Nous avons quitté vers 23h, mal à l'aise mais vivants.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Marché central de Kinshasa : goûter le liboke frais auprès des femmes vendeurs, prix 3000-5000 FC, aller tôt avant 8h

2

Pirogue privée sur le fleuve Congo au coucher du soleil avec batelier Léon (contact local via hôtel Pullman), 3000 FC/2h

3

Restaurant Chez Panda rue Léopold II pour le poulet moambe, demander un horaire précis avant de commander pour éviter l'attente

4

Atelier d'artisans rue Kasai, sculpteur travaille sur place, masques en teck entre 20-150 euros, prix négociable

5

Cathédrale Sainte-Anne-du-Congo dans le quartier Gombe, visite libre, calme et colorée, petit café Kinshasa Dreams juste à côté

Conclusion

Et au final.

Kinshasa m'a épuisé et fasciné en même temps. La ville est bruyante, imprévisible, parfois trop. Les arnaquiers aux touristes sont un problème réel. Mais j'ai senti quelque chose d'authentique là-bas : une vie qui bouillonne, des gens généreux malgré la pauvreté. J'y retournerais, mais pas pour longtemps.

En résumé

Avis Kinshasa : carnet de voyage de 12 jours par marcleduc42

Destination
Kinshasa →
Pays
Congo →
Durée
12 jours
Période
décembre · Hiver
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@marcleduc42 →

Photos communautaires : Kinshasa

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Questions fréquentes

FAQ — Kinshasa

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