Comment ça s'est passé.
Levé à 5h30 pour voir le soleil se lever sur le fleuve Congo depuis la terrasse de l'hôtel Pullman Kinshasa. L'eau était rose bonbon, les pirogues des pêcheurs déjà en mouvement. C'est beau mais on sent l'humidité épaisse, celle qui colle au corps et au cerveau toute la journée. Température à 6h du matin : déjà 26 degrés. Kinshasa n'est pas une ville qui se livre facilement. J'ai pris un taxi collectif orange (ligne Gombe-Kasavubu, 500 francs congolais, environ 0,25 euro) pour atteindre le marché de la Liberté. Arrêt imprévu après 15 minutes : contrôle routier de la police. Le chauffeur a négocié avec le flic pendant que j'étais assis à l'arrière, moite et inquiet. Aucun problème en fin de compte, juste une routine. Les saveurs du Congo au marché de la LibertéLe marché sent le mélange : épices, poisson séché, carburant, sueur. J'ai acheté des brochettes de poulet (500 FC les trois), du maïs grillé et des fruits de la passion. Un vendeur m'a escroqué sur les tomates, m'en vendre cinq au prix de dix. Je m'en suis aperçu trop tard. Voilà, ça arrive, pas grave. La nourriture était bonne, juste grillée à un feu de charbon qui produisait une fumée noire intense. J'ai déjeuné au restaurant Kin Dako (rue de l'Équateur, près du Palais de la Nation). Fufu de banane plantain avec sauce arachide et poisson tilapia : excellent, copieux, 15 euros. Le serveur parlait français et lingala, plaisantait avec les autres clients. L'endroit était bruyant mais vivant. Pas de touristes, juste des gens du coin. Visite au Musée national du CongoJ'ai passé un après-midi au Musée national du Congo (avenue Kasavubu, ferme le lundi). Le bâtiment date des années 1950, les collections sont maigres et mal conservées : tissus anciens, sculptures, un peu de fétichisme. L'entrée coûte 5000 FC (2,50 euros). Un gardien m'a proposé de me montrer les pièces les plus intéressantes en échange d'un pourboire. J'ai donné 10 euros, ça valait le coup pour avoir accès aux réserves. Ce qui m'a frappé, c'est le moment où ce gardien m'a parlé de sa vie : travail au musée depuis 1995, salaire de 200 euros par mois, deux enfants, l'aîné en école privée. Il m'a dit ça sans plainte, juste en constatant les faits. Kinshasa produit ces conversations. Vie nocturne et danseLe soir, direction le bar Le Camel (quartier de Kasavubu, rue Mobutu). Musique rumba à fond, bière Primus locale (2 euros le verre), gens qui dansent sur trois centimètres carrés. J'ai goûté à un verre de Fanta citron avec rhum local (le rhum congolais Matoutou) : sucré, épais, qui laisse un arrière-goût de canne. Le bar était bondé vers 22h, mélange de touristes en transit, de gens du quartier, de filles qui racolaient avec discrétion. Pas mon truc, je suis parti à minuit. Retour à pied vers l'hôtel : rues sombres, quelques voitures, moto-taxis qui tournaient. Pas rassurant à 100 %, j'aurais dû prendre un taxi de l'hôtel. Le gardien de nuit m'a fait un reproche sympa en me voyant rentrer. Traversée du fleuve et sud de KinshasaLe jour 7, j'ai pris un ferry pour Brazzaville (traversée du fleuve Congo : 30 minutes, départ de la gare Maritime, 2 euros aller simple). Les bateaux sont vieux mais bon. Vue sur le fleuve large de trois kilomètres, des villages sur les deux rives, une chaleur écrasante sans ombre. À Brazzaville, j'ai mangé du foufou de manioc dans un petit restaurant de quartier : 5 euros, sans prétention. Puis retour à Kinshasa le jour même. J'ai visité le Parc de la Vallée des Peupliers en fin d'après-midi. Un petit parc urbain avec statues, herbe entretenue, piscine vide. Les Kinois venaient s'y promener en fin de journée. J'ai vu des couples, des familles, des joggers. Pas d'autres touristes. Départ sans regretLes transports pour l'aéroport : course en taxi blanc classique, 40 euros (au lieu des 25 promis initialement par le réceptionniste). Aéroport Ndjili : pas de chaos majeur, simplement lent. Vol Congo Airways à 18h30.
Les bons plans repérés sur place.
Marché de la Liberté : chaos organisé, brochettes de poulet et fruits de la passion, senteur de fleuve en arrière-plan
Restaurant Kin Dako : fufu de banane plantain avec tilapia, clientèle locale, rue de l'Équateur
Traversée du fleuve Congo en ferry vers Brazzaville : 30 minutes, vue du fleuve large, départ de la gare Maritime
Musée national du Congo : collections fragiles, accès aux réserves si pourboire, avenue Kasavubu
Bar Le Camel : rumba live, Primus locale, atmosphère dense, quartier de Kasavubu après 21h
Photos — Kinshasa
Et au final.
Kinshasa m'a surpris. Ce n'est pas une ville touristique et ça se sent. Elle demande de l'attention, pas mal d'adaptation, et elle rend peu en retour à celui qui s'attend à un accueil facile. Les gens sont généralement bienveillants mais prudents avec les étrangers. Dix jours, c'était juste assez pour goûter sans vraiment comprendre.








