Comment ça s'est passé.
J'ai quitté Paris le 2 octobre sur un vol Air France AF222 vers Doha, puis connexion Qatar Airways direction Katmandou Tribhuvan International Airport. Arrivée à 14h30, la chaleur m'a frappé immédiatement en descendant la passerelle — 28°C, humidité étouffante, odeur de diesel et de fumée de bois qui monte de la vallée. Mon guide Pasang m'attendait avec une pancarte à l'arrivée. Premier constat : les routes sont chaotiques. Le trajet jusqu'à l'hôtel Kathmandu Guest House à Thamel a pris 45 minutes pour 8 km. Embouteillages, motos partout, un scooter a failli nous percuter. Première nuit dans la vieille ville. J'ai marché jusqu'à Durbar Square vers 17h30 — les temples en brique rouge se découpaient sur le ciel jaune-orange. Les pigeons volaient partout. Un vendeur m'a vendu des samosas pour 40 roupies (0,30 €) qui étaient excellentes mais trop épicées. Mon estomac s'en est plaint les deux jours suivants. Leçon apprise : ne pas se jeter sur la nourriture de rue le premier soir. Acclimatation et galères logistiquesJ'avais prévu de partir en trek direct vers le camp de base de l'Everest. Mauvaise idée. Le 4 octobre, on a eu un retard de vols domestiques. La compagnie Yeti Airlines a annulé le vol Katmandou-Lukla à 10h30 le matin même. Frustration totale. J'ai perdu une journée entière à l'aéroport, à écouter des annonces en népalais que je ne comprenais pas. On l'a eu le 5 octobre finalement. Le vol vers Lukla sur un Dornier 228 était vraiment court — 45 minutes seulement mais intense. L'aéroport de Lukla est construit en pente, très étroit. L'avion s'est posé presque à la verticale. En descendant, j'ai senti le froid d'un coup. Température : 10°C. L'air était cristallin, l'altitude déjà pesait un peu sur mes épaules. Trek vers Everest Base Camp (3 440 m)Trois jours de marche jusqu'à Namche Bazaar. Pasang marchait vite, me tirant toujours en avant. Le premier jour (5 octobre), on a fait 10 km en 5 heures. Montées raides, pas de piste vraiment définie, juste des rocailles. Mes genoux ont commencé à me pourrir. Le deuxième jour, j'étais essoufflé au moindre effort. À Namche Bazaar (3 440 m), j'ai passé une nuit acclimatation supplémentaire. Mal de tête léger, sommeil agité, je respirais mal. Nuit du 7 au 8 octobre à Namche : auberge Sagarmatha Resort (500 roupies, soit 3,80 €). Chambre spartiate, pas de chauffage, 2°C à 6h du matin quand j'ai été aux toilettes dehors. L'odeur de fumée de bois était omniprésente — ils utilisent du bois comme chauffage et cuisine. Le petit-déjeuner : porridge avec du lait en poudre et des biscuits. Pas mauvais, sucré, 150 roupies. Le moment qui m'a marqué : le 9 octobre, approche du camp de base. J'ai croisé un groupe de sherpas qui descendaient du sommet. Ils chantaient, riaient, exténués mais vivants. Une femme sherpa a serré mon épaule en passant. Je ne savais pas ce qu'elle me disait en népalais, mais son sourire valait toutes les paroles. Ça m'a fait pleurer pour de bon. Everest Base Camp et retourLe 10 octobre, arrivée au camp de base à 5 364 m. Pas de vue sur le sommet — nuages épais ce jour-là. Température -8°C, vent violent. J'ai mal partout, les doigts commencent à devenir blancs. J'ai passé 90 minutes là-haut, pris des photos, puis il a fallu redescendre. Pas le moment sublime que j'imaginais. Fatigue, froid, déception légère. C'est juste un camp, des tentes, des pierres empilées. Retour à Katmandou en 2 jours (12 et 13 octobre). J'ai manger un thali (riz, dal, légumes) à Lukla pour 250 roupies (1,90 €). Savoureux, nourrissant. Vol de retour sans incident. Derniers jours à KatmandouJ'ai passé le 14 octobre à explorer Swayambhunath (temple du singe). Montée raide de 365 marches. Les singes m'ont volé ma barre énergétique. Arnaque classique. Le temple en haut offre une vraie vue sur la vallée, pas spectaculaire mais tranquille. Au marché de Asan Bazaar, j'ai acheté des épices pour ramener : cardamome, clou de girofle, curcuma frais. Odeur forissante, presque écrasante. 200 roupies le kilo.
Les bons plans repérés sur place.
Durbar Square à Katmandou : voir les temples en brique au coucher du soleil (17h30), marche seul après la cohue du jour
Namche Bazaar : boire un thé au beurre salé chez Pasang's Kitchen (menu en anglais avec prix), vue sur l'Himalaya au petit matin
Everest Base Camp : non pas pour le sommet (invisible ce jour-là), mais pour la rencontre avec les sherpas qui redescendent du trek
Swayambhunath : temple des singes, 365 marches raides, vu de la vallée entière, arriver tôt avant les groupes
Marché Asan Bazaar : épices fraîches, bruit et odeur intense, négociation possible avec les vendeurs
Photos — Katmandou, vallée de Katmandou, Namche Bazaar
Photos — Katmandou, vallée de Katmandou, Namche Bazaar
Et au final.
Le Népal m'a donné ce que j'attendais : l'altitude, la fatigue, une perspective différente. Mais ce voyage n'a pas été une révélation spirituelle comme on le lit partout. C'était dur physiquement, imparfait logistiquement (retard vol, tourista), et magnifique par moments seulement. Je reviendrais ? Peut-être. Mais pas pour chercher la magie.
