Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h du matin à l'hôtel Cheers Hostel dans le quartier de Sultanahmet, j'ai couru attraper le minibus privé que j'avais réservé la veille. Direction le coucher du soleil sur la Corne d'Or. Le soleil s'est levé en orange pâle, les minarets se découpaient en noir, et j'ai senti l'odeur du pain fraîchement cuit des petits vendeurs ambulants. Un moment où les touristes dormaient encore, juste moi et quelques pêcheurs. Pas de miracle magique — juste du jour qui arrive. Les trois premiers jours, Istanbul m'a écrasé. J'ai pris le tramway T1 depuis Sultanamet jusqu'à Taksim. Le bruit incessant, les avertisseurs qui résonnent en continu, les vendeurs de meze qui crient leurs prix. J'ai mangé un döner au restaurant Zübeyir Ocakbaşı près de la Mosquée Bleue pour 85 lires turques (environ 2,50 euros). C'était bon, l'agneau tendait bien, mais le serveur a essayé de me fourguer des alcools à prix triple quand j'ai demandé de l'eau. Petite arnaque classique, rien de dramatique. Les marchés et les rues étroitesLe Grand Bazar (Kapalı Çarşı) m'a étouffé. Trop de monde, trop de sollicitations, 61 portes, des labyrinthes de boutiques de tapis et d'épices. L'odeur des épices — cumin, poivre rouge, sumac — était presque agressive, mélangée à la transpiration et au café turc qu'on servait partout. J'ai préféré le marché des épices de Fatih (Mısır Çarşısı), plus petit, où j'ai acheté du vrai safran pour 140 lires le gramme. Un marchand m'a proposé « une meilleure affaire » mais j'avais lu l'astuce sur un forum. Ça m'a énervé d'être traité en pigeon automatiquement. La Mosquée Suleymaniye en fin d'après-midi, c'était plus calme. J'ai ôté mes chaussures, assis sur un tapis bleu pâle, les rayons du soleil traversaient les vitraux. Une vraie respiration. Je comprends que les gens y viennent en dehors des heures touristiques. Cappadoce : les montgolfières et les souterrainsAprès 3 jours à Istanbul, j'ai pris un vol de 1 h 15 avec Pegasus Airlines (35 euros) jusqu'à Kayseri. Puis un minibus jusqu'à Göreme. Les formations de tuf rose, jaune et gris — c'est vrai que c'est impressionnant. Pas pittoresque, simplement étrange, comme si la géologie jouait à l'abstrait. La montgolfière au lever du jour depuis la compagnie Kapadokya Balloons (185 euros), ça valait vraiment le coup. Nous étions 16 dans le panier, on passait à 800 mètres au-dessus des vallées. Un silence total, juste le bruit du brûleur. La température a chuté à 5 degrés à cette altitude. J'ai senti mes poumons geler à chaque inspiration. Atterrissage mou dans un champ, puis champagne pétillant offert par la compagnie à 7 h du matin. Honnêtement étourdi, pas vraiment en état pour l'apprécier. Le village souterrain de Derinkuyu (8 étages sous terre), c'était oppressant. Plafonds bas (1,60 m environ), passages étroits, sombre même avec les lampes de poche de notre guide. Il expliquait que les Chrétiens se cachaient là au Moyen Âge. J'ai eu un peu d'angoisse en pensant à 5 000 personnes entassées là-dedans pour survivre. Ça change la façon de voir les choses. Repas et déceptions culinairesMezze au restaurant Dibek Otel à Ürgüp : houmous, muhammara, brochettes de viande grillée au feu de bois. 120 lires (3,50 euros). Très bon. J'ai vomi le soir. Soit l'eau, soit la chaleur accumulée. 48 heures pas ouf, confiné à l'hôtel. La péninsule de Bosphore depuis le ferry de la compagnie IDO (ticket retour 30 lires soit 0,90 euros), c'était mon jour de récupération. J'ai assis sur le pont, à regarder les maisons ottomanes passer, les chalutiers croisaient les ferries de touristes. Vent froid, odeur de sel et de diesel. Les gens de la région prenaient ce bateau comme nous prenons le métro. Aucun intérêt pour eux. Retour : galère administrativeLe vol de retour était prévu 22 h avec Turkish Airlines. J'ai raté mon bus minibus à 18 h 30 de Göreme (feu rouge, embouteillage, le chauffeur n'était pas pressé). Arrivé à l'aéroport de Kayseri à 21 h 45. Le comptoir fermait à 21 h 30 pour les retards. Pas de surbook, mais des regards de pitié. Re-booking sur le vol 1 h 30 plus tard, moyennant une re-confirmation par email. Nuit blanche à l'aéroport, café à 35 lires (1 euro), biscuit rassis. Malgré tout, la Turquie, c'est du solide. Pas cheap pour le portefeuille même si les prix sont « bas ».
Les bons plans repérés sur place.
Mosquée Suleymaniye en fin d'après-midi (entrée libre, 5e cour, tapis silencieux)
Montgolfière Kapadokya Balloons au lever du soleil (185 euros, alcool chaud inclus)
Marché des épices de Fatih à Istanbul (safran 140 lires/g, odeur intense)
Village souterrain de Derinkuyer : 8 étages, 1h60 de hauteur plafond, 50 lires (1,50 euro)
Tramway T1 + ferry IDO : circuler comme un résident pour quelques lires
Photos — Istanbul / Cappadoce
Et au final.
Quatorze jours entre le bruit urbain incessant d'Istanbul et les merveilles de tuf de Cappadoce. J'ai adoré les mongolfières, les mosquées au calme, les vraies saveurs. Mais Istanbul m'a fatigué plus qu'excité — les arnaques touristiques minimes qui s'accumulent, le surpeuplement qu'on ne peut pas ignorer. Je reviendrais, mais pas en haute saison.
