Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Istanbul le 14 mars à 22 h 30, épuisés après un vol Turkish Airlines de 3 h 15 depuis Paris CDG. Le taxi depuis l'aéroport Atatürk nous a coûté 25 euros, mais le chauffeur s'est trompé de route deux fois — moment de panique absolu quand on ne parle pas turc et qu'on se retrouve dans des rues vides. Finalement arrivés à l'hôtel Cheers Hostel à Sultanahmet vers minuit. Le lendemain, levée à 5 h 30 pour grimper à pied jusqu'à la Mosquée Bleue avant l'afflux touristique. L'air glacé du matin, ce mélange d'appels à la prière qui résonnent partout — une sensation qui prend aux tripes. Nous avons écouté l'imam depuis la galerie des femmes. Pas de chaussures, tapis froid sous les pieds, environ 15 °C malgré les rayons de soleil qui traversaient les vitraux bleus. Le spectacle valait vraiment le réveil brutal. Petit déjeuner classique au café Sultanahmet Küflü près de la Mosquée Bleue : fromage blanc, olives, pain grillé, thé noir. Environ 4 euros par personne. Le serveur nous a vendu « une visite privée » pour l'après-midi avec son cousin — arnaque de touriste classique, 40 euros pour un « vrai marché local » qui s'est avéré être le bazar de Kapaliçarşi bondé de boutiques à souvenirs. Leçon apprise. Nous avons pris le tram T1 numéro 13 (gratuit avec les cartes Istanbulkart à 6 euros) pour rejoindre le palais de Topkapi. Le spectacle depuis le détroit du Bosphore : navires porte-conteneurs qui passent à quelques mètres. Odeur de sel et de gasoil — pas glamour, mais c'est la vraie Istanbul. Entrée au palais : 25 euros, nous avons traîné là 3 h. Les tuiles d'Iznik dans le Salon du Trône — ces motifs bleus et rouges, on les fixe encore les yeux fermés. Soirée dans le quartier de Beyoğlu, bus numéro 25 depuis Eminönü. Nous avons trouvé une petite taveerne, Meyhane Meltem, dans une ruelle sans nom (Google Maps complètement perdu). Merguez locale, salade de poulpe, raki (l'anis blanc qui se trouble avec de l'eau — « aslan sütü », le lait de lion). Alcool aidant, conversation avec une femme turque qui nous a expliqué que le tourisme massif détruit lentement la ville. Prix : 22 euros pour deux, nourriture comprise. Elle n'avait pas tort — les bouchons du soir, c'est infernal. Quatre jours après, nous avons pris un vol intérieur Turkish Airlines TK2020 (08 h 15) pour Cappadoce — 45 euros l'aller simple. Nous avons loué une voiture chez Hertz à l'aéroport de Nevsehir (30 euros/jour). Cappadoce. On avait tous les clichés — fées de pierre, couchers de soleil roses. Mais voilà : le matin du survol en montgolfière, nous avons déboursé 180 euros par personne pour une compagnie venue nous chercher à l'hôtel à 4 h 45. Ballon à 6 h 00. L'air froid à 800 m d'altitude, cette sensation viscérale de vide sous le ventre. Les cheminées de pierre en silhouette contre l'aube orange. Le pilote nous a fait descendre très bas au-dessus de la Vallée de Pasabag — assez bas pour entendre le vent dans les tufs rocheux. Moment qui nous restera, même si le prix était gonflé. Visite de Göreme à pied ensuite. L'église rupestre du Couvent de Güvercinlik (église aux pigeons) : photos de fresques byzantines du VIe siècle sur les murs de pierre brute. Odeur de moisi et de pigeons — ça ne s'invente pas. Nous avons croisé une seule autre personne toute la visite. Derniers jours à Pamukkale pour voir les terrasses blanches. Nous avons raté le coucher de soleil (embouteillage sur la route) — petite déception. Mais marcher pieds nus sur les dépôts minéraux chauds à 22 °C l'après-midi, c'était étrange et plaisant. L'eau qui glisse sous la plante des pieds. Retour à Istanbul, puis vol le 26 mars. Douze jours au total.
Les bons plans repérés sur place.
Mosquée Bleue à Istanbul avant 7 h du matin, avant les groupes d'agences — appels à la prière, vitraux bleus, frisson garanti
Vallée de Pasabag en Cappadoce, vol en montgolfière Kapadokya Voyager, 6 h du matin — peur et beauté mélangées
Marché aux épices du Bazar de Kapaliçarşi à Istanbul, couloir principal avec les vendeurs de pistaches de Gaziantep — odeur de sumac et de noix
Restauration de falafel à Karakol Hakki dans le quartier de Balat, Istanbul — 2 euros, goût d'ail violent, minuscule établissement
Route de Nevsehir à Göreme au coucher du soleil en voiture de location — falaises orange, pas un panneau, quatre autres voitures en vue
Photos — Istanbul / Cappadoce
Et au final.
Istanbul vaut le coup, mais c'est beaucoup plus touristique et pollué qu'on ne l'imagine. Cappadoce nous a franchement bluffés — moins photogénique peut-être que les brochures, mais les paysages lunaires restent vrais. La Turquie coûte moins cher que prévu pour les touristes français, à condition d'éviter les pièges à touristes et de parler un peu l'anglais. Nous repartirions, mais plutôt vers la côte sud la prochaine fois.
