Comment ça s'est passé.
Nous avons décollé de Genève le 7 février à 6h45 sur un vol Icelandair (FI 462), et déjà là, les choses ont mal commencé. Trois heures de retard au décollage. À l'arrivée à Keflavik vers 10h du matin, le thermomètre affichait -8°C avec un vent à nous plier en deux. J'ai loué une Suzuki Vitara auprès de Hertz, car les routes intérieures demandaient un 4×4 fiable—première grosse galère : le GPS en islandais était incompréhensible, et le réseau 4G intermittent. Nous avons roulé vers Reykjavik en longeant la route 1, celle qu'on appelle la Ring Road. Le paysage change toutes les vingt minutes : murs de basalte noir, champs de lave figés, puis des zones verdoyantes brusquement. À Reykjavik, nous avons logé à l'hôtel Alda Hotel (chambre double 180 euros/nuit), situé dans le quartier de Reykjavik nord, à cinq minutes à pied de la rue Laugavegur et de ses petits restaurants. Le soir, nous avons mangé chez Bræðraborg, un burger traditionnel islandais avec agneau local pour 28 euros—gras, charnu, presque écoeurant après 24h de voyage. Jour 2, nous avons décidé d'attaquer le Cercle d'Or. Levés à 5h30, direction Þingvellir, puis Geysir, puis Gullfoss. À Geysir, nous avons attendu le geyser Strokkur pendant 35 minutes dans le froid mordant, les mains dans les poches de nos parkas. Quand il a explosé soudain à 8h47, l'eau chaude s'est élevée à 40 mètres d'hauteur, et l'odeur soufrée nous a envahi les narines—suffocante, minérale, presque acide. C'était spectaculaire, mais aussi bruyant : un rugissement sec, puis le silence. À Gullfoss, la cascade dévalait avec une telle puissance que l'embruns gelait sur nos lunettes. Le sol était glissant malgré les chaînes de nos chaussures. Nous avons passé la nuit à Akranes, une petite ville côtière à une heure de route à l'ouest. L'hôtel Hótel Akranes (145 euros) était correct mais bruyant—les murs étaient minces, et le couple islandais à côté regardait la télé jusqu'à 23h. Au restaurant Sigurður, j'ai commandé la soupe de poisson locale (15 euros), fade et grasse, avec des morceaux de morue qui n'avaient pas grand goût. Ma femme a pris la côte d'agneau, beaucoup plus savoureuse. Jour 4, route vers le sud. Nous avons visité la plage de Reynisfjara avec ses sables noirs et ses colonnes de basalte. Le vent était violent, les déferlantes énormes. L'endroit était calme, pas bondé comme en été. Nous avons aussi vu les falaises de Skaftafell, mais le ciel s'assombrissait. Les aurores boréales, nous les avons cherchées trois nuits d'affilée sans les voir—trop de nuages, trop de lumière résiduelle. C'est mon seul vrai regret du voyage. À Vík, petite localité de 300 âmes, nous avons dormi à la Guesthouse Símon (110 euros). Le petit-déjeuner compris était basique : pain noir islandais, fromage blanc, saumon fumé. En repartant, nous avons emprunté la route 1 vers Vik Terminal Bus Station pour rejoindre Jökulsárlón, le lagon glaciaire. Le trajet a pris deux heures. Nous avons payé 45 euros chacun pour une excursion en bateau zodiac dans le lagon—des icebergs bleus flottaient autour de nous. L'air était sec, et l'odeur de l'eau glacée était numbing, comme du froid qui entre par les narines. Nous avons roulé plusieurs jours sur la Ring Road, traversant des zones volcaniques, des fjords gelés, des villages où les routes n'étaient pas déneigées. À Höfn, nous avons mangé du homard islandais (og langoustine) au restaurant Humarhöfnin (prix fou : 62 euros pour deux portions). C'était bon, mais la cuisine était trop riche, trop beurrée. Vers l'est, les paysages devenaient plus âpres, plus sauvages. Les maisons d'Islande sont souvent peintes en jaune ou en rouge vif—un contraste violent avec le paysage monochrome de pierre et neige. Retour à Reykjavik le jour 9, vol le lendemain. Au final, l'Islande m'a surpris par sa dureté—ce n'est pas un endroit qu'on visite pour se détendre. Le climat, la solitude des routes, les prix exorbitants (une bière en bar coûte 10 euros), tout cela crée une expérience brute et intense.
Les bons plans repérés sur place.
Geysir Strokkur à Haukadalur : y aller à l'aube, avant les tour-opérateurs, pour éviter les foules (geyser explose tous les 5-8 minutes)
Plage de Reynisfjara : marcher pieds nus sur le sable noir chaud en bordure, tester la différence de température (eau 2°C, sable 12°C au soleil)
Restaurant Bræðraborg à Reykjavik : commander le burger à l'agneau, pas le touriste mega-burger (vrai goût islandais)
Excursion Jökulsárlón glacier lagoon en zodiac : partir tôt le matin pour une meilleure lumière et moins de touristes (coûte 45-50 euros)
Arrêt à la cascade Skógafoss en fin d'après-midi : moins de monde qu'à midi, brume dorée en fonction du coucher de soleil
Photos — Reykjavik et région sud
Photos — Reykjavik et région sud
Et au final.
L'Islande en hiver, c'est un voyage qui demande de l'adaptation et de la flexibilité. Les aurores boréales auraient pu vraiment changer le bilan, mais le ciel ne l'a pas voulu. La Ring Road reste gravée dans ma mémoire—non pas pour sa beauté décorée, mais pour son hostilité tranquille.
