Comment ça s'est passé.
Levés à 5 h 30 à l'hôtel Saratoga pour attraper le lever du soleil sur le Malecón. La rue qui longe la mer était presque vide, juste quelques pêcheurs assis sur les blocs de béton avec leurs lignes. L'air salé mélangé à l'odeur des gaz d'échappement des voitures Chevrolet 1957 qui passaient en ronronnant – ce bruit de moteur V8 résonne encore dans ma tête. Petit déjeuner à la cafétéria du coin de la Calle Obispo : café au lait serré et pain grillé pour 2,50 pesos cubains. On a marché jusqu'à la Plaza de la Catedral vers 7 h, avant l'arrivée des groupes de touristes. La cathédrale baroque grise se reflétait dans les flaques de pluie. J'ai senti cette humidité chaude qui colle à la peau, impossible à échapper même en plein matin. Les galères d'abordLe bus P11 depuis la gare de Viazul vers Trinidad : 5 h 30 de trajet annoncé, on a attendu 45 minutes de plus à cause d'une panne du climatiseur. Personne ne s'énervait vraiment, les Cubains parlaient fort en riant, comme si le délai était un divertissement gratuit.Au restaurant Las Arcadas de Trinidad (la spécialité : langosta à l'ail), on nous a facturé les mojo (sauce d'ail-citron) qu'on ne voulait pas – 8 euros en plus. Le serveur a dit que c'était « inclus » mais il n'y avait rien écrit. On a payé sans faire de vagues, ce que je regrette.Changement de monnaie officiel vs noir : à l'aéroport, 1 euro = 0,95 CUP. Dans la rue (Calle Mercaderes), un mec gentil nous a proposé 1,20 CUP/euro. On savait que c'était illégal mais on l'a fait quand même.La vraie saveur de Cuba, c'est la sensation d'être en retard sur le temps. Les bâtiments de la Vieille Havane s'effritent, littéralement. Des façades de couleur pastel (rose, jaune citron, bleu pâle) avec des balcons en fer forgé, mais les joints de ciment tombent par plaques. On a mangé une ropa vieja au restaurant Mesón de la Flota : viande effilochée, riz blanc, haricots noirs pour 12 euros. C'était bon, honnête, pas racoleur. Trinidad : un décor figéTrinidad, c'est visuellement le coup de foudre des photos Instagram. Mais quand on y passe 3 jours, on réalise que c'est une petite ville qui tourne un peu en rond. On y a dormi à la casa particular La Rosa (tenue par Mercedes, femme de 67 ans qui faisait le café à 6 h du matin – le son de la cafetière à piston résonnait dans toute la maison). 25 euros la nuit, petit déjeuner inclus, avec des œufs, du fromage blanc sucré et de l'arachide grillée. Une excursion en jeep à Valle de los Ingenios le deuxième jour : grosse chaleur, on devait visiter des anciennes plantations. Le guide (Raúl) nous a expliqué l'histoire de l'esclavage avec une certaine gêne – le sujet semblait lourd, même 200 ans après. Vue splendide sur les collines, mais pas assez pour justifier le prix (40 euros par personne). La Playa Ancón, à 12 km, sable fin blanc-gris, eau turquoise mais froide. Vers 14 h, le soleil cognait trop fort pour bouger. On a mangé des langoustines grillées dans un chiringuito en paille pour 18 euros – probablement rackette touristique, mais c'était bon et frais. Un moment qui m'a marqué : en revenant vers Trinidad au coucher du soleil, une vieille femme nous a arrêtés pour nous vendre des fleurs fraîches. Elle souriait mais ses yeux étaient fatigués. On a acheté un bouquet, elle a refusé de prendre plus de 2 euros. On lui en a donné 5. Retour à La Havane et derniers détailsViazul P12 retour à La Havane, le bus était plus climatisé cette fois. On a dormi à l'hôtel Habana Libre les 3 derniers jours (80 euros/nuit, bon rapport). La chambre sentait la moisissure légère mais le lit était ferme. On a passé du temps à la Bodeguita del Medio (bar touristique mais vrai, depuis 1942) : mojito blanc à 6 euros, et des amuse-bouches. Beaucoup de touristes français, quelques Allemands. La Fortaleza de San Carlos de la Cabaña offre une vue de fou sur le port et La Havane la nuit. L'entrée coûte 8 euros, ça en vaut la peine. On y est allés le dernier soir, vers 18 h. Des couples cubains traînaient sur les remparts, musique qui venait du port.
Les bons plans repérés sur place.
Cathédrale de La Havane (Plaza de la Catedral) – arriver avant 8 h, l'acoustique du silence vaut le coup.
Malecón au lever du soleil, banc en pierre face à la mer – apporter un café de la veille, 30 minutes suffisent.
Fortaleza de la Cabaña, 18 h-19 h 30 – lumière rasante, prix d'entrée 8 euros, éviter les groupes de 14 h.
Ropa vieja au Mesón de la Flota (La Havane, Calle de Oficios) – portion généreuse, service lent mais souriant.
Playa Ancón (Trinidad) + langoustines grillées chez les locaux, début d'après-midi – eau moins froide avant 13 h.
Photos — La Havane et Trinidad
Et au final.
Cuba m'a permis de décélérer pendant 10 jours. La réalité économique des Cubains est préoccupante (les salaires officiels avoisinent 40 euros/mois), et on sent cette tension sous-jacente. Mais la résilience, l'humour et la présence des gens compensent. Une chose qui m'a moins plu : le sentiment de côtoyer du tourisme extractif, où on profite du pays sans vraiment aider.
