Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport José Martí le 3 février à 16h30, après un vol direct Paris-La Havane avec Air Caraïbes. Dès la sortie du terminal, l'air chaud et humide nous a enveloppés comme une couverture mouillée. La température affichait 28°C, mais l'hygrométrie rendait chaque mouvement laborieux. Le taxi collectif Viazul qui nous attendait était une vieille Chevrolet jaune de 1957, comme tant d'autres dans La Havane. Notre chauffeur, Roberto, conduisait en slalomant entre les nids-de-poule avec une désinvolture impressionnante. Trajet de 20 kilomètres jusqu'à notre hôtel, le Meliá Cohiba situé sur le Malecón : 25 CUC par personne (environ 22 euros). Pendant le trajet, Roberto nous a expliqué que les voitures anciennes roulaient grâce à des pièces de récupération et de l'huile moteur de contrefaçon. Premiers jours à La HavaneNous avons logé quatre nuits au Meliá Cohiba, chambre double avec vue sur la mer : 180 euros la nuit. L'établissement était confortable mais daté, la climatisation bruyante et capricieuse. Nous nous réveillions entre 5h et 6h du matin à cause du vacarme des vagues s'écrasant contre le Malecón. Le premier matin, nous avons marché jusqu'à La Bodeguita del Medio, le fameux bar-restaurant du Vieux La Havane où Hemingway venait boire ses mojitos. Nous nous attendions à un endroit incontournable et bohème. C'était un piège touristique : mojito à 8 CUC (7 euros), rempli de glaçons bon marché, rhum dilué. Le rhum Havana Club Especial à 3 ans coûtait 15 CUC la bouteille. Le bar puait la sueur et le moisi des murs défraîchis. Nous avons préféré le bar El Floridita, deux rues plus loin, où un verre de Mojito Floridita préparé correctement coûtait 6 CUC. Le barman, Luis, maîtrisait son art : menthe fraîche pilée (on sentait l'odeur acidulée du citron frais pressé), rhum blanc de bonne qualité, sucre de canne. Il nous a parlé de son neveu qui travaillait en Floride et lui envoyait de l'argent chaque mois. Nous avons visité la Catedral de San Cristóbal, dans le cœur historique de La Habana Vieja. Visite gratuite. L'intérieur était frais et caverneux, les colonnes massive créaient des ombres impressionnantes. Nous y sommes restés une heure, fuyant la chaleur de midi qui devenait écrasante vers 13h. Pour manger, nous avons trouvé le restaurant familial La Casa del Tostón (pas sur internet, adresse locale : Calle Obispo, près du Palacio de los Capitanes Generales). Un plat de ropa vieja avec riz et haricots noirs : 8 CUC. C'était correct, bien cuit, mais les portions généreuses et le rhum local acheté en carafe au marché de Havana Libre rendaient le repas savoureux. La femme qui cuisinait, Magdalena, expliquait qu'elle récupérait les légumes auprès d'un marché privé qui venait de rouvrir au quartier de Vedado. Incident et détours nécessairesLe quatrième jour, nous avions acheté des tickets pour visiter le Castillo del Morro avec un bus touristique. Le bus n'est jamais venu. Attente de deux heures sous le soleil. Le guichet fermé. Nous avons dû aller directement au château en taxi : 12 CUC. Le château, imposant et entouré de douves, offrait une vue panoramique sur la baie et l'entrée du port de La Havane. L'accès coûtait 6 CUC. Là, un gardien nous a proposé de nous vendre une « visite privée » pour 15 CUC : on a refusé, on a exploré seuls. Les nuits à La Havane, nous les passions au bar de l'hôtel ou dans les caves de Vedado. Une soirée au Sótano, petite cave enfumée du quartier de Vedado, nous a coûté 20 CUC pour deux verres de rhum local. Vers 23h, une petite banda de musique improvisée s'est installée : deux guitares, un chanteur, un gars aux maracas. Ils jouaient des boleros et du son cubain. C'était un moment où l'on sentait vraiment la chaleur humaine, sans artifice. Varadero : une semaine à la plageAprès quatre jours, nous avons pris un autobus Viazul jusqu'à Varadero, ville balnéaire à 140 kilomètres à l'est. Billet : 10 CUC par personne. Quatre heures de trajet, bus climatisé mais encombré. Nous avons débarqué à la gare de Varadero vers 14h, les jambes molles. Nous avons loué une petite chambre dans une casa particular (maison privée loée à des touristes) pour 50 euros par nuit. Adresse : Calle 35, entre Primera et Segunda avenida. La proprio, Carmen, une femme de 60 ans, nous servait un petit-déj à 8h : café au lait, pain, œufs, confiture locale. Elle nous conseillait sur les restaurants, les plages, les pièges à touristes. La plage de Varadero s'étendait sur 20 kilomètres : sable blanc, mer turquoise. Mais en février, même en basse saison, elle était bondée de touristes allemands et russes. L'eau était à 24°C, agréable mais nécessitant un court de temps d'adaptation. Nous nagions vers 10h et 16h, évitant le pic de chaleur de midi. Un restaurant recommandé par Carmen, le Salsa Suarez (Calle 42, entre Primera et Segunda avenida), servait un poisson grillé du jour avec plantains frits : 12 CUC. Le goût du poisson était frais, les plantains moelleux et sucrés. Une petite ananas cubaine en dessert, écrasée localement : 2 CUC. Dernier jour à Varadero, promenade en catamaran dans la Bahía de Cárdenas. Excursion organisée : 30 CUC par personne. Le capitaine, Miguel, nous a montré les mangroves où vivent les lamantins. Nous n'en avons pas vu, mais les arbres entrelacés créaient une atmosphère de jungle flottante. Sur le trajet retour, le catamaran a eu un problème moteur. Deux heures d'attente, ancres jetées au large, un peu d'inquiétude parmi les passagers. Finalement, le moteur a redémarré et nous sommes revenus sans incident. Retour et bilanVol de retour le 13 février. Attente de 4h à l'aéroport José Martí, puis décollage avec 2h30 de retard. L'avion était rempli : des touristes épuisés, des Cubains rentrant de visite aux États-Unis avec des valises gonflées.
Les bons plans repérés sur place.
El Floridita, La Habana Vieja : mojito avec Luis, le barman qui pille vraiment la menthe
Castillo del Morro au coucher de soleil : vue sur la baie, tarif 6 CUC, à 15h pour éviter la foule
Plage de Varadero secteur Calle 35 : sable blanc, eau à 24°C, niée par les tours de Cancún
La Casa del Tostón, Calle Obispo : ropa vieja 8 CUC, où Magdalena cuisine chaque jour
Sótano (cave) à Vedado : musique improvisée vers 23h, rhum local 10 CUC le verre, ambiance sans artifice
Photos — La Havane et Varadero
Et au final.
Cuba, c'est un pays où les Oldsmobile côtoient les vélos, où l'hospitalité des gens compense les routes en mauvais état. Nos dix jours ont mélangé des moments authentiques (le rhum avec Luis au Floridita, la música au Sótano) et des déceptions (les escroqueries touristiques, l'attente interminable pour le bus). Ce qui m'a moins plu : la chaleur moite, difficile à gérer au-delà de trois jours sans pause climatisée, et l'infrastructure touristique instable.

