Deux semaines à La Havane et Trinidad : entre voitures années 50 et murs qui s'écaillent
CarnetCuba202614 jours

Deux semaines à La Havane et Trinidad : entre voitures années 50 et murs qui s'écaillent

Nous avons débarqué à l'aéroport José Martí de La Havane un mercredi matin vers 7h30, après un vol Air Europa de 8h45 depuis Paris. La première chose qui m'a frappé en sortant du taxi collectivo (5 CUP par personne,…

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Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons débarqué à l'aéroport José Martí de La Havane un mercredi matin vers 7h30, après un vol Air Europa de 8h45 depuis Paris. La première chose qui m'a frappé en sortant du taxi collectivo (5 CUP par personne, soit moins d'un euro), c'était l'odeur : mélange de diesel des vieilles Chevrolet de 1957 et de fleurs de jasmin quelque part dans les ruelles de Centro Habana. Nous avons logé à la Casa Particular El Jardín del Príncipe, dans le quartier de Vedado, chez Margarita, une grand-mère qui louait deux chambres avec petit-déj. 45 CUC par nuit (environ 40 euros), c'était correct pour La Havane. Le premier matin, levés à 5h30 pour voir le soleil se lever sur le Malecón depuis notre balcon. Les vagues frappaient le mur avec un bruit sourd régulier ; la brise sentait le sel et la rouille des anciens réverbères. La Havane : beauté décatie et galère administrativeNous avons passé quatre jours en centre-ville. La Catedral de San Cristóbal, dans La Habana Vieja, valait vraiment le coup. L'intérieur était paisible, frais (climatisé, rare à Cuba), les murs baroques jaune pâle encore impressionnants malgré les taches d'humidité. Entrée gratuite. À côté, la Plaza de la Catedral grouillait de touristes et de dessinateurs ambulants ; un vieux monsieur nous a proposé un portrait au charbon pour 15 CUC. Refusé poliment, mais j'ai regretté. Le restaurant El Floridita, fameuse adresse où Hemingway venait boire des mojitos, nous a déçus : 8 CUC pour un cocktail médiocre (le rhum cubain n'était pas bon, verdict d'un ami qui s'y connaît), service lent, ambiance de piège à touristes. Nous avons préféré la petite cafétéria Casa del Café, 50 mètres plus loin, où un café crème coûtait 1,50 CUC et où on voyait des Cubains qui discutaient vraiment. Galère concrète : nous avons voulu prendre un bus municipal (numéroté 6, direction La Playa) au départ de la Estación Central. File de 40 personnes. Le bus n'est jamais venu. Un homme nous a expliqué en espagnol rapide que le chauffeur avait un pneu crevé ; personne ne semblait stressé. Nous avons attendu 45 minutes avant de renoncer et de prendre un taxi particulier (15 CUC, arnaque touristique avoue-je, mais on était en retard). Trinidad : le voyage dans le temps qui scintilleNous avons pris une casa particular qui proposait le transfert : Viazul, compagnie privée, bus confortable (20 CUC par trajet, 3h30 en route de La Havane vers Trinidad). Le paysage a basculé : routes de campagne, champs de canne à sucre roux sous le soleil de 14h, petits villages aux maisons pastel. Trinidad, c'est une bourgade coloniale gelée au XIXe siècle. Vraiment. Nous avions loué une chambre chez Rosa María, Plaza Mayor 25 (impossible à noter, juste « la maison bleu ciel près du musée »), 35 CUC. La Plaza Mayor était le cœur vivant : des enfants jouaient au baseball avec un bâton de fortune, des vendeurs ambulants proposaient des glaces (1,50 CUC la portion dans un gobelet carton). Nous avons mangé au Restaurant la Botija : ropa vieja (bœuf effiloché), riz blanc, haricots noirs, plantains frits, un verre de rhum local = 12 CUC. Les arômes du restaurant – ail, épices, l'huile qui crépite des plantains – restent présents. Moment marquant positif : le soir du 10e jour, nous étions assis sur les marches de l'Iglesia de la Santísima Trinidad au coucher du soleil. Un groupe de musiciens amateurs s'est formé avec des instruments bricolés : guitare vraie, guiro (courge évidée), quelque chose qui ressemblait à des castagnettes. Ils jouaient du son cubain sans public, juste pour eux. Nous les avons écoutés 30 minutes. Gratuit. Un des musiciens, Carlos, nous a parlé une demi-heure en anglais basique : il gagnait sa vie en tant que guide touristique mais jouait chaque soir, « parce que c'est comme respirer ». Nous avons visité la Vallée de los Ingenios (vestige de plantations de sucre du XVIIIe) : une excursion en bus touristique (20 CUC par personne) depuis Trinidad. La Torre Manaca-Iznaga, tour de surveillance de 45 mètres, offrait une vue sur les collines. Humidité oppressante, 32°C, nous avons transpiré à travers nos t-shirts en 15 minutes. Petits détails qui restentL'eau courante était intermittente (3 jours sans eau à Trinidad, le matin du 11e jour : galère concrète numéro 2). Internet était lent partout, sauf chez des cybercafés officiels (2 CUC l'heure, vitesse Adsl 2005). Nous avons acheté de l'huile solaire à la pharmacia locale : marque cubaine inconnue, 8 CUC, parfum chimique très sucré. Ça a brûlé plutôt que de protéger.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Casa Particular El Jardín del Príncipe (Vedado) : petit-déj fait maison, Margarita qui raconte l'histoire de chaque coin du quartier

2

La Botija (Trinidad, Plaza Mayor) : ropa vieja exceptionnelle, les plantains frits croustillants, ambiance locale

3

Sunset à l'Iglesia de la Santísima Trinidad avec les musiciens de Carlos : gratuit, inoubliable

4

Viazul bus vers Trinidad : confortable, paysage de canne à sucre en arrière-plan, 3h30 de vraie pause

5

Malecón de La Havane au lever du soleil : seul avec les vagues et les pêcheurs, avant la foule

Album · 7 photos

Photos — La Havane et Trinidad

Deux semaines à La Havane et Trinidad : entre voitures années 50 et murs qui s'écaillent
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Conclusion

Et au final.

Cuba nous a marqués : les gens sont généreux, la musique est partout, les voitures anciennes sont un spectacle en soi. Mais c'est un pays en difficulté économique véritable, et l'infrastructure touristique demande une certaine flexibilité. Il faut accepter les pannes, les files d'attente, les prix gonflés pour les touristes. Si on lâche prise sur le confort occidental, on trouve quelque chose d'authentique.

En résumé

Avis La Havane et Trinidad : carnet de voyage de 14 jours par matthieucuba2024

Destination
La Havane et Trinidad →
Pays
Cuba →
Durée
14 jours
Période
septembre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@matthieucuba2024 →
L'essentiel

La Havane et Trinidad en bref

Pourquoi choisir La Havane et Trinidad

  • Voitures années 50 authentiques circulant quotidiennement dans les rues
  • Architecture coloniale préservée, particulièrement à Trinidad figée au XIXe siècle
  • Expériences culturelles spontanées : musiciens amateurs jouant gratuitement
  • Prix très abordables pour l'hébergement et la restauration (casas à 35-45 CUC)
  • Authenticité cubaine loin des circuits touristiques standardisés

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête d'authenticité acceptant les imperfections
  • Passionnés d'histoire coloniale et d'architecture baroque
  • Couples cherchant des expériences intimes et culturelles
  • Amateurs de musique latino-américaine et de son cubain
  • Photographes attirés par les voitures rétro et l'urbain décati

À éviter si…

  • Vous recherchez un confort occidental standard et une infrastructure fiable
  • Vous ne tolérez pas les coupures d'eau et les connexions Internet lentes
  • Vous voulez fuir les pièges touristiques : restaurants célèbres et surpayés
  • Vous avez un budget limité et souhaitez éviter les tarifs gonflés pour touristes
À découvrir aussi
Aéroport José MartíLa Havane ViejaVedadoCentro HabanaMalecónCatedral de San CristóbalPlaza de la CatedralTrinidadPlaza Mayor de TrinidadIglesia de la Santísima TrinidadVallée de los IngeniosTorre Manaca-Iznaga
Questions fréquentes

FAQ — La Havane et Trinidad

Quel est le meilleur moyen de se déplacer entre La Havane et Trinidad ?

La compagnie Viazul propose des bus confortables et privés pour 20 CUC par trajet, avec un trajet d'environ 3h30. C'est plus fiable que les bus municipaux, qui peuvent connaître des pannes (comme le bus 6 à La Havane qui n'est jamais arrivé). Les taxi particuliers existent mais restent chers pour les touristes (environ 15 CUC en ville).

Combien coûte une casa particular à Cuba et vaut-elle le coup ?

À La Havane (Vedado), comptez 45 CUC par nuit, à Trinidad 35 CUC. C'est abordable comparé aux hôtels occidentaux. Vous obtenez un logement authentique chez l'habitant, souvent avec petit-déjeuner inclus. Margarita à La Havane offrait déjà un excellent rapport qualité-prix, et les propriétaires partagent des conseils précieux.

La Havane Vieja vaut-elle vraiment le détour ou c'est un piège touristique ?

Oui, La Catedral de San Cristóbal vaut le coup : entrée gratuite, intérieur climatisé et paisible avec architecture baroque jaune pâle impressionnante. Mais évitez El Floridita (8 CUC pour un mauvais mojito) et préférez les petits établissements locaux comme Casa del Café où un café coûte 1,50 CUC et où mangent les Cubains.

Trinidad est-elle vraiment comme figée au XIXe siècle ?

Oui, absolument. La Plaza Mayor est authentiquement coloniale avec enfants jouant au baseball et vendeurs de glaces (1,50 CUC). Les restaurants locaux proposent ropa vieja et plantains frits pour 12 CUC. Le soir, des musiciens amateurs jouent du son cubain gratuitement. C'est une expérience très immersive, loin du tourisme de masse.

Quels sont les problèmes d'infrastructure à prévoir ?

L'eau courante est intermittente (trois jours sans eau à Trinidad le matin du 11e jour). Internet est très lent sauf aux cybercafés officiels (2 CUC/heure). Les transports publics peuvent avoir des retards importants. Il faut accepter une certaine flexibilité et lâcher prise sur le confort occidental.

La Vallée de los Ingenios en vaut-elle la peine ?

Oui si vous aimez l'histoire coloniale. L'excursion coûte 20 CUC par personne. La Torre Manaca-Iznaga (45 mètres) offre une belle vue sur les collines, mais attendez-vous à une chaleur et humidité extrêmes (32°C, transpiration rapide).

Comment se fait-il que les voitures années 50 soient omniprésentes à Cuba ?

L'embargo américain depuis 1962 a gelé l'importation de véhicules neufs. Les Chevrolet 1957 et autres modèles vintage restent en circulation, réparés et entretenus. Elles constituent un véritable spectacle urbain avec leurs moteurs diesel reconnaissables à l'odeur.

Faut-il réserver les restaurants ou les casas particulares à l'avance ?

Il est recommandé de réserver les casas particulares pour garantir la disponibilité. Pour les restaurants locaux comme la Botija à Trinidad, il n'y a généralement pas de besoin de réservation, ils fonctionnent à la bonne franquette avec les clients qui se présentent.