Comment ça s'est passé.
Levé à 4 h 30 du matin à l'aéroport de Nadi après 18 heures de vol Air Vanuatu. L'air frappait chaud et humide, chargé d'une odeur salée mélangée aux gaz d'échappement des minibus. J'ai pris le bus local n°11 (3 FJD, soit environ 1,20 €) jusqu'à Lautoka, coincé entre des travailleurs qui parlaient en fidjien et des touristes allemands qui gueulaient. Le chauffeur arrêtait tous les 500 mètres. C'était du vrai voyage, pas une excursion organisée. J'ai dormi ma première nuit au Bamboo Backpackers sur la Queen's Road, à Nadi. Chambre partagée à 25 FJD (10 €), ventilateur qui faisait un bruit de perceuse. Le lendemain, j'ai traîné vers Suva, la capitale, après avoir raté le bus de 7 h 30 (grosse rage). Le suivant, à 9 h 15, m'a coûté 8 FJD. Suva m'a frappé d'un coup : ville chaotique, bruyante, pas du tout le cliché des îles paradisiaques. Les gens étaient gentils mais direct, pas de mièvrerie touristique. Nourriture et petits momentsAu marché municipal de Suva, j'ai mangé un kokoda (crevettes crues au lait de coco) pour 4 FJD. C'était parfumé de citron frais, acid, le goût des tropiques vraiment. Le cuisinier m'a dit qu'il n'y avait pas de congélateur, donc tout était du jour.Au restaurant Indian Corner, naan et curry pour 12 FJD, propriétaire qui parlait français parce qu'il avait travaillé à Tahiti.Une grosse galère : j'ai pris un taxi depuis le port sans demander le prix avant. Le chauffeur m'a sorti « 50 FJD pour le lagon » en arrivant. J'en ai donné 30 et j'ai flippé une seconde. Il a ronchonné mais a accepté. Les tarifs officiels existent pas vraiment.J'ai loué un petit voilier avec un pêcheur local, Ravi, pour faire le tour de l'île de Ovalau. La mer était tiède, presque 29°C. Autour, que du bleu, zéro bruit sauf l'eau et le vent. Moment marquant : un banc de poissons volants s'est envolé d'un coup sous le bateau. C'était bizarre, beau, j'ai compris pourquoi les gens reviennent dans le Pacifique. Ravi m'a appris à pécher à la ligne. On a rien pris, mais j'ai passé deux heures assis sans parler à regarder le horizon. À Viti Levu, j'ai pris le bus Sunbeam Express (compagnie principale) jusqu'à Denarau, puis un bateau vers l'île de Malolo. L'auberge, Likuliku Lagoon Resort, facturait les choses autrement : 45 FJD pour un rhum/rhum, 18 FJD pour une bière locale Fiji Bitter. Les gens partageaient des tables, l'ambiance était cool, pas forcer. Une Française de Lille m'a raconté qu'elle était restée coincée là six mois pendant le covid. Des histoires de voyage qui traînaient dans chaque coin. La veille de mon départ, tempête soudaine. Vraiment soudaine. Le dépôt bus a annulé 3 départs. J'ai failli louper mon vol et j'ai dû négocier un taxi exorbitant vers Nadi. Stress maximal à 6 h du matin en se demandant si on allait réussir.
Les bons plans repérés sur place.
Marché municipal de Suva le matin (7-10 h) pour le kokoda frais et l'ambiance chaotique locale
Bus Sunbeam Express Nadi-Denarau (8 FJD) pour expérimenter les transports fidjiens
Voile avec Ravi depuis Levuka, contact directement au quai d'Ovalau (autour de 50 FJD la demi-journée)
Bamboo Backpackers, Queen's Road à Nadi, pour dormir pas cher et croiser d'autres voyageurs
Île de Malolo en bateau pour le lagon turquoise (booking au dernier moment = moins cher)
Et au final.
Fidji, c'est pas le Tahiti de carte postale. C'est plus brut, plus local, avec des vraies galères logistiques. Les gens sont honnêtes mais le tourisme, c'est pas encore super organisé. J'ai aimé cette imprévisibilité. Moins aimé : la chaleur étouffante qui tape vraiment dur après quelques jours, et le coût des trucs touristiques explosé pour la région.