Comment ça s'est passé.
Arrivée à 22 h 30 à l'aéroport international de Nadi après un vol Air Fiji qui affichait déjà 2 h 45 de retard. La douane a été étonnamment rapide, mais le taxi prévu n'était pas là. Nous avons dû négocier sec avec un chauffeur aléatoire pour 35 FJD (environ 14 euros) jusqu'au Coral Coast Resort où nous avions réservé. L'hôtel, lui, n'avait jamais reçu notre confirmation Booking. Moment de panique à 23 h 45. Une chambre a finalement été trouvée après une heure de palabres au bar de la réception. Les trois premiers jours à Nadi nous ont permis de comprendre le rythme local. Le marché de Nadi Central, tous les mercredis et samedis, explose de couleurs : fruits du dragon à 3 FJD la pièce, taro violet empilé en pyramides, poisson frais qui sent l'iode à trois mètres. Nous y sommes allés le jeudi matin par erreur. C'était fermé. Humiliation douce. La traversée vers Beachcomber IslandLe ferry Captain Cook Cruises, départ 9 h 30 du port de Denarau, nous a coûté 95 FJD par personne (aller-retour). Nous avions lu des avis dingues sur ce trajet : 90 minutes de nausée garantie. La réalité : une heure quinze dans une mer étonnamment calme, même si le diesel du moteur vous prend à la gorge. Un type à côté de nous a vomi malgré tout. La température à 8 h du matin sur le pont : 27 °C, humidité à couper au couteau. Beachcomber Island, c'est un bar à ciel ouvert qui flotte. Le Bula Club restaurant propose un plateau de poisson à la noix de coco pour 28 FJD. Le goût sucré-salé, la chair du mahi-mahi qui s'effiloche sous la fourchette : mémorable. Nous y sommes restés la journée entière, avons raté le ferry 16 h 30 par inattention. Panique numéro deux. Le responsable du bar nous a redirigés vers une micro-embarcation privée moyennant 150 FJD de supplément. Arnaque bienveillante. Plongée à Coral Reef ResortLevés à 5 h 45 pour rejoindre le spot de plongée avec Pacific Watersports. Le guide, Isoa, était un homme de 55 ans qui plonge depuis 1989. À 6 m 50 de profondeur, sous le tombant sud du récif de Viti Levu, nous avons croisé des napoléons énormes et trois raies manta. Le silence sous l'eau, juste la respiration dans le détendeur. Dix minutes de grâce. Coût : 189 FJD pour deux plongées (matériel inclus). Nous avons mangé après au restaurant de l'hôtel : riz avec poulet aux épices locales, 22 FJD. Le curcuma était agressif, mais pas désagréable. Les petits tracas quotidiensL'eau de la douche de notre chambre s'arrêtait tous les jours vers 11 h. Fuites du système municipal, paraît-il. Les buses de Nadi ne circulent pas le dimanche (information trouvée au dernier moment). Un restaurant du village de Suva où nous comptions manger affichait « fermé sans préavis » trois jours de suite. Les prix affichés au supermarché Tappoos étaient rarement vérifiés à la caisse : surcoûts aléatoires de 3 à 8 FJD. Malgré ces frictions, le snorkeling en solo aux îles Mamanuca, un matin vers 7 h, a été le moment où nous avons respiré vraiment. Pas de groupe organisé, juste nous et un récif qui grouillait de poissons perroquets jaunes et bleus. L'eau était tiède, cristalline jusqu'à 15 m. Seul le bruit des coraux qui se cassaient sous nos palmes nous rappelait qu'on n'était pas dans un aquarium.
Les bons plans repérés sur place.
Marché central de Nadi (ouvert mer-sam), fruits tropicaux frais à prix local et chaos organisé
Ferry Captain Cook Cruises vers Beachcomber Island (9 h 30 départ), vue sur l'océan Pacifique sans filtre
Plongée avec Pacific Watersports au sud de Viti Levu, raies manta et silence étouffant sous 6 m d'eau
Restaurant du Coral Coast Resort : poisson à la noix de coco, 28 FJD, texture et sucre qui restent en mémoire
Snorkeling solo aux îles Mamanuca à 7 h du matin, avant le rush touristique
Et au final.
Fidji n'est pas aussi sereine qu'on la vend : la logistique y est chaotique et les prix affichés vs. pratiqués ne correspondent souvent pas. Mais le sable noir de Nadi, le corail vivant, et la gentillesse des gens une fois la barrière de la réservation passée nous ont fait revenir à l'essentiel. C'est un pays où il faut accepter de perdre du temps pour en gagner vraiment.