Comment ça s'est passé.
Arrivée à 6 h 45 à l'aéroport international de Dubaï via Emirates Airlines. La chaleur frappe d'emblée, même à cette heure : 34 °C avant le petit-déjeuner. Première impression étrange en regardant par le hublot : l'infini gris du tarmac, puis soudain des rangées de tours scintillantes qui surgissent du désert. On se demande ce qu'on fait là. Prise du bus RTA ligne 2C en direction de Deira, le vieux Dubaï. Le trajet depuis l'aéroport coûte 5 AED (1,30 €). En chemin, j'observe les ouvriers bangladais qui nettoient les routes à 7 h du matin. La clim du bus gèle littéralement. C'est un choc thermique permanent ici : dehors c'est un four, dedans on frissonne. Jour 1-2 : Deira, le marché sans artifices Hôtel Al Manara au cœur de Deira, chambre 312, avec vue sur le creek. 85 € la nuit, franchement correct. Le quartier sent l'encens brûlé à longueur de journée, mélangé aux relents de poisson fumé du souk. C'est étouffant mais on s'y habitue. Petit-déjeuner au café Al Reef Bakery : fattoush et café cardamome pour 22 AED (6 €). Pain encore tiède, vraiment bon. Le Gold Souk est impressionnant de bêtise. Des colliers s'entassent sur des mètres de vitrines, tous identiques ou presque. On se fait aborder toutes les trois secondes par des vendeurs qui crient des prix. Mon copain achète une chaîne 18 carats pour 280 AED (75 €), le vendeur lui jure que c'est l'occasion du siècle. Spoiler : non. Les arnaqueurs utilisent la même technique : vous complimenter sur votre apparence, vous inviter à boire un café en arrière-boutique, puis sortir les pièces mineures en jurant que c'est du top. Déjeuner au restaurant Al Mallah, rue Murqabat, shawarma agneau + hummus pour 18 AED (4,80 €). Le gars fait tourner la broche depuis au moins 15 ans, c'est écrit sur sa face. La viande fond, c'est la partie la plus honnête de Deira. Jour 3-4 : La partie « luisante » et ses défauts On a bravé les 42 °C pour monter à la Burj Khalifa. Ticket d'entrée 152 AED (41 €) pour l'observation deck au 124e étage. La queue d'attente avait deux heures. Là-haut, c'est effectivement vertigineux. Dubaï vue d'en haut, c'est surtout des structures blanches et grises qui s'éternisent jusqu'à l'horizon brûlant. Pas de végétation. Pas d'eau. Juste du béton.Moment surréaliste : une fille à côté de nous pleure face au panorama. Le garde de sécurité lui demande si ça va. Elle répond : « C'est juste énorme et vide en même temps. » Exactement. La Palm Jumeirah en voiture de location (Hertz, 150 AED/jour soit 40 €). La route côtière est une autoroute immense, huit voies, tout le monde roule à 140 km/h minimum. On s'est trompé de sortie et on a fini à Jebel Ali, complètement paumés. Bilan : 30 minutes de stress. Les Dubaïens conduisent comment ils vivent : vite, sans vraiment regarder autour. Dîner à Nobu, Atlantis The Palm, 289 AED le plat (78 €). C'était bon mais froid à la moitié du repas et on s'est senti arnaqués par la décoration de la salle qui vaut plus cher que la bouffe. La vue sur le récif artificiel du resort ne compense pas. Jour 5-7 : Désert, mais pas comme on l'imagine Départ à 5 h 15 avec une agence, Platinum Heritage Desert Tours. 185 AED (50 €) la demi-journée. Le guide, Ahmad, explique les dunes rouges et la formation du Wadi (les vallées sèches). C'est dans le désert de Lahbab, à une heure à l'est. Les dunes sont réellement ocre-rouges, très différentes des photos. La sensation du sable qui crisse sous les pieds au lever du soleil (5 h 45) : moment où on comprend pourquoi les gens rêvaient du désert avant que les tours n'arrivent. Balade à chameau incluse. L'animal sentait fort, un mélange de sueur et d'herbe pourrie. Pas glamour du tout. Ahmad nous sert du café qahwa (café épicé) dans des petites tasses en étain, servi sur un feu de bois. Ça change complètement de la folie climatisée de la ville. 15 AED pour un kebab de chèvre préparé sur place. Sec mais savoureux. Soirée à Jumeirah Beach, près de l'hôtel Al Qasr. On paie un verre à La Pavillon Beach Club : 55 AED le Mojito (15 €). C'est cher et peu potable, le rhum était de la piquette. Mais il y a une vue sur le coucher de soleil qui justifie à peine le prix. L'eau de la mer à 19 h : 38 °C. Comme de la soupe tiède. Dernier jour : les petits détails qu'on oublie Visite du musée de Dubaï dans le fort Al-Fahidi. 15 AED (4 €). La climatisation là-dedans tombe en panne pendant une heure. On sue à travers des exposés sur les perles d'avant-pétrole. Une vraie galère mais ça met les choses en perspective : Dubaï en 1960 c'était un port de pêche de 40 000 habitants. Maintenant c'est 3 millions d'âmes crispées dans la clim. Dernier repas à City Walk, un centre commercial hyper moderne. Restaurant Al Reef pour des brochettes : 65 AED (17,50 €). Goût fade, portions moyennes. On comprend pourquoi les locaux ne traînent jamais dehors l'après-midi : entre les centaines de centres commerciaux et la chaleur, y a rien d'autre à faire.
Les bons plans repérés sur place.
Le Gold Souk de Deira : arriver avant 10 h pour éviter la foule, prendre un café au vendeur moins agressif
Lahbab Desert avec lever de soleil à 5 h 45 : le seul moment où Dubaï respire
Al Mallah pour un shawarma honnête : rue Murqabat, côté sud du creek, on sent la fumée à 50 mètres
Fort Al-Fahidi et son musée : 15 AED, perspectif sur la vraie histoire avant les gratte-ciels
Deira Creek Abra (petit bateau) : 1 AED pour traverser d'un côté à l'autre, les vraies gens à bord
Et au final.
Dubaï, c'est l'excès et l'ennui mélangés. Les moments vrais sont rares mais ils existent : le désert rouge, Deira avec ses odeurs brutes, les gens qui croisent votre chemin. Mais 70 % du séjour se passe en clim, à consommer ou à regarder les autres consommer. On recommande? Oui, mais 5-6 jours max. Au-delà, c'est juste une boucle infinie de malls et de tours identiques.







