Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport international de Dubaï un mercredi matin à 6h30. La chaleur nous a frappés instantanément en sortant de la passerelle : 38°C même à cette heure. Respirer était étrange, l'air sec vous pique les poumons. On a pris le taxi de l'aéroport jusqu'à notre hôtel, le Rove Downtown, à environ 80 dirhams (22 euros). Le chauffeur roulait à 160 km/h sur Sheikh Zayed Road sans ciller. Première réaction : on a cru qu'on allait mourir. Les trois premiers jours ont tourné autour du centre-ville. On a marché le long de la Marina Walk, mangé un shawarma de poulet chez Al-Mallah pour 15 dirhams (4 euros), et on a vraiment compris pourquoi c'était bon marché : la viande fondait sur la langue, l'ail était piquant, presque agressif. On a monté au 124e étage de la Burj Khalifa. Vue impressionnante sur les îles artificielles de Palm Jumeirah, mais franchement, après 20 minutes, on voulait juste redescendre. C'est une file d'attente monstre, des bouchons partout, et on sent le poids de 1 500 touristes autour de soi. Le souk et la galère des transportsOn voulait aller au Gold Souk dans le vieux Dubaï. Le plan était d'y aller en métro avec la ligne rouge depuis Burj Khalifa. Sauf que le distributeur de billets était en panne. On a dû prendre un taxi à la place, et le chauffeur nous a fait un détour magique de 45 minutes pour arriver à 2 km de là. Arnaque classique, on a payé 65 dirhams au lieu des 15 prévus. Moment franchement frustrant. Mais le souk lui-même valait le coup. C'était bondé, bruyant, puant l'encens et l'humidité. Des centaines de petits magasins d'or empilés sur deux étages. On a dégusté un café qahwa (café arabe sans sucre) offert par un vendeur de bijoux en or 22 carats. C'était amer, réconfortant, complètement différent du café européen. Direction Al-Ain et l'oasisJour 5, on a loué une voiture chez Hertz à Dubaï Marina pour faire les 140 km jusqu'à Al-Ain. Route monotone, le désert à droite, des champs d'agriculture irriguée à gauche. On est arrivés à l'hôtel Al-Bustan Palace Resort vers 16h. Le contraste était violent avec Dubaï : une oasis verte, une ville bien plus tranquille, des murs en pierre anciens. On a visité le Al-Ain Oasis, le cœur historique. On s'est perdus dans les petites rues étroites, entourés de palmiers-dattiers et de canaux d'irrigation ancestraux. Un vieux monsieur nous a montré son jardin privé, offert du café et des dattes fraîches du palmier. Les dattes fondaient dans la bouche, sucrées, fibreuses. On s'est assis dans son salon couvert de tapis blancs, climatisé à mort (on grelottait presque après 50 degrés dehors). Les musées et le retourOn a passé une demi-journée au Musée Archéologique d'Al-Ain, petit mais riche en poteries de l'époque de Dilmun. Pas bondé, pas cher (15 dirhams par personne). On a grimpé au fort al-Jahili, reconstructed au début du 20e siècle. Les murs épais en brique crue offraient de l'ombre bienfaisante. Vue sur l'oasis depuis la tour nord : tous les palmiers alignés géométriquement, c'était clairement un réseau d'irrigation planifié. On a mangé au restaurant Al-Mallah Palace à Al-Ain (oui, même nom qu'à Dubaï), un tannour bread encore chaud, du hummus fait maison, du poulet grillé. Moins touristique, prix à moitié moins cher qu'à Dubaï. La serveuse parlait l'arabe avec nous (on a tenté, elle a rigolé). Pour le retour à Dubaï, on a pris un taxi partagé depuis la station Microbuses d'Al-Ain, 25 dirhams par personne. Trajet de 2h15, arrêt au milieu du désert une fois. On s'est mélangés avec des ouvriers indiens, des familles émiriennes. C'était plus authentique que nos trois jours de climatisation à Dubaï. Dernier jour à Dubaï : plage de Jumeirah Beach Park, eau à 34°C, sable blanc fine et brûlant sous les pieds. On s'est couché dans le sable, on a dormis, c'était idiot mais c'était bon après 10 jours de boulimie touristique. En fin d'après-midi, dernier repas au restaurant Nobu du Atlantis The Palm : 280 dirhams (75 euros) pour deux. Gastromolécule et tout, c'était bon mais hors de prix pour ce qu'on avait eu avec 40 dirhams ailleurs.
Les bons plans repérés sur place.
Al-Ain Oasis avec ses palmiers historiques et ses villageois qui vous invitent dans leurs maisons (16h c'est le bon horaire pour les rencontrer)
Fort al-Jahili à Al-Ain : petit, gratuit ou 5 dirhams, vue sur la vallée depuis la tour nord
Gold Souk du vieux Dubaï le soir après 19h quand les bus de touristes sont partis, prendre le métro ligne rouge
Shawarma poulet chez Al-Mallah pour 15 dirhams, meilleur rapport qualité-prix de Dubaï
Jumeirah Beach Park en fin d'après-midi, eau chaude, bien moins fréquenté que les plages hôtelières
Photos — Dubaï et Al-Ain
Et au final.
Dubaï, c'est impressionnant, vide, souvent décevant. Al-Ain, c'est l'Emirats Arabes Unis réels, moins visible mais plus vivant. J'ai aimé les contrastes, moins aimé les files d'attente touristiques et les prix gonflés. À refaire, j'aurais passé une semaine à Al-Ain et trois jours à Dubaï, pas l'inverse.
