Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport international Ambouli le 14 février à 11h, thermomètre déjà à 38°C. Le taxi collectif depuis l'aéroport jusqu'au centre-ville (trajet de 8 km) m'a coûté 1500 francs djiboutiens, soit environ 8 euros. Première gifle : la chaleur sèche qui vous assèche les muqueuses en 5 minutes. J'ai choisi l'hôtel Sheraton Djibouti à Djibouti-ville, situé en front de mer avec vue directe sur le golfe d'Aden. Chambre à 120 euros la nuit, acceptable pour la région. Personnel accueillant, mais climatisation bruyante la nuit. Dès le lendemain, exploration du quartier historique de la Vieille Ville. Les ruelles étroites du centre, près de la Grande Mosquée, sentent le musc, l'encens et les murs de pierre blanchie. J'ai croisé des vendeurs de café djiboutien traditionnel (250 francs la tasse petite mais corsée) et des marchands d'injera fraîche. Marché du Port central : fouillis organisé de poissons fraîchement pêchés, de mangues et de dattes. Les prix affichés ne sont que des suggestions. Négociation obligatoire. Un marchand m'a gonflé sur un kilogramme de piment à 3500 francs (19 euros), clairement une tentative d'arnaque pour touriste. Je suis parti sans acheter. Les plages et l'eauPlage de Sirah, à 5 km au sud du centre-ville. Eau bleu-vert translucide à 28°C en février. Coraux visibles à 2-3 mètres, poissons multicolores qui frôlent vos jambes. Expérience surréaliste : nager dans une eau si chaude qu'on ne sent pas vraiment la transition. Petit bémol : le sable noir-gris n'est pas blanc comme ailleurs en mer Rouge. Pas de commodités sur la plage, ni parasol, ni restaurants. Il faut prévoir eau et nourriture. J'ai mangé un sandwich acheté au supermarché Carrefour du centre (1200 francs) avant de partir. Moment marquant : baignade solo une fin d'après-midi vers 17h. Coucher de soleil orange vif qui peint l'eau d'or. Apaisement complet. Puis, coup de panique : un petit bateau de pêcheurs m'a coupé la retraite vers le rivage. Malentendu culturel classique. Pas agressifs, juste surpris de voir une femme seule nager. Sortie d'eau rapide. Sensation bizarre reste collée aux murs du souvenir. Nourriture et restaurantsRestaurant Chez Roulet, rue Ménelik, cuisine franco-djiboutienne. Brochettes de chameau grillées (4500 francs / 24 euros). Viande fibreuse, goût sucré-salé, accompagnée de riz blanc et sauce tomate. Cadre basique, ventilateurs aux plafonds, clientèle mixte locale-expatriée. Service lent (45 minutes d'attente) mais souriant. Café Le Palmier en milieu de matinée : café au lait avec pain grillé beurre-miel (650 francs). Lieu de vie réel, pas touristique. Conversations en français, en arabe, en afar. Vendeurs de journaux qui vous forcent presque à acheter Le Temps de Djibouti (500 francs). Retour à la tradition : repas à l'hôtel Sheraton, restaurant Zephyr avec vue en terrasse sur le golfe. Poisson du jour grillé entier (salade locale, frites, pain) : 8200 francs (44 euros). C'était bon. Vraiment bon. Crème brûlée à la vanille en dessert, moins réussie. Service attentif sans être étouffant. Déplacements et galèresTransport : bus locaux BlueKing numérotés, trajets à 400-600 francs. Pas de climatisation, beaucoup de monde, arrêts non marqués au sol. Vous devez crier pour descendre. Une fois, j'ai dû traverser la ville entière en bus en pensant aller à la Corniche du Président. Faux arrêt. Perte d'une heure. Application Uber existe mais dysfonctionnelle (2 fois sur 3, pas de conducteur après 10 minutes d'attente). Sorties et vie nocturneBar L'Étoile de Mer, boulevard de la République : bière Castel djiboutienne (1500 francs). Ambiance locale relax, peu touristique. Hommes fumant des cigarettes, discutant sport. Musique raï en arrière-plan. Pas de femmes seules, ce qui rend la présence remarquée. Pas de harcèlement, juste du curiosité bienveillante. Soirée au restaurant-discothèque Tropicana Beach Club au sud de la ville : menu cher (plats 6000-10000 francs), alcools chers, musique dance-hall fort. Clients: expatriés, quelques touristes, couples locaux. Danse sans grande conviction jusqu'à 23h. Retour en taxi à 2400 francs. À retenirDjibouti-ville n'est pas une destination de farniente. C'est un port, un carrefour géopolitique, une ville fonctionnelle plutôt qu'esthète. Les gens sont ouverts mais réservés. La chaleur est réelle et épuisante. Les prix des hôtels de qualité sont gonflés. En contre-partie, les fonds marins sont vivants, la histoire coloniale visible à chaque coin de rue (bâtiments français datant de 1880-1930), et les couchers de soleil sur le golfe valent vraiment le détour.
Les bons plans repérés sur place.
Plage de Sirah : eau cristalline à 28°C, coraux en surface, couchers de soleil orange écrasant
Restaurant Chez Roulet : brochettes de chameau grillée (4500 francs), vraie cuisine locale
Marché du Port central : folies olfactives, négociation de prix obligatoire, poisson frais pêché le matin
Vieille Ville près de la Grande Mosquée : ruelles en pierre blanche, vendeurs de café traditionnel à 250 francs
Corniche du Président : balade côtière à pied au lever du soleil (5h30) avant la chaleur insupportable
Photos — Djibouti ville
Et au final.
Djibouti-ville m'a surprise par son charme brut, sans paillettes. J'y retournerais pour plonger aux îles Moucha ou explorer l'intérieur (lac Assal en 4x4). Toutefois, dix jours c'est déjà long : la répétition (même chaleur, mêmes ruelles, même manque de diversité hôtelière) s'installe vers le jour 7. Budget moyen-élevé pour une offre limitée. Destination de passage plus que de séjour longue durée.


