Comment ça s'est passé.
On arrive à Ljubljana le 14 juin en fin d'après-midi, vol Wizz Air depuis Lyon. L'aéroport est minuscule, deux salles d'enregistrement tout au plus. Taxi jusqu'à l'hôtel City Hotel Turist en centre-ville : 32 euros. La chambre sent l'humidité et le vieil escalier en pierre, c'est d'ailleurs notre première déception mineure. On a l'impression que personne n'a vraiment aéré depuis l'hiver. Le lendemain matin, lever à 5h30 pour prendre le bus 11 depuis le centre (1,50 euro le ticket) en direction de Bled. On avait lu que c'était bondé en journée. Le bus est effectivement rempli d'ouvriers slovènes, quelques touristes. Soixante-quinze minutes de route. Arrivée à Bled vers 7h15. C'est gris, il pleut un peu. Nous avons payé 28 euros la nuit à la pension Grad Bled, tenue par un couple retraité qui prépare un café très fort, presque amer. On sent l'aroma du café et du bois frais dans la pension. Le lac de Bled : réalité vs. cartes postalesFranchement, le lac est moins impressionnant qu'on l'imaginez. Il y a une chapelle sur une île, une falaise, d'accord. Mais dès 9 heures du matin, c'est un ballet permanent de selfie-sticks et de groupes de touristes allemands. On a loupé le lever du soleil à cause du brouillard. Nous avons marché 45 minutes autour du lac (l'application Komoot marque 5,2 km), puis on a croisé une femme locale qui nous a proposé une balade en barque traditionnelle (pletna) pour 15 euros. Elle a été honnête : « C'est touristique, mais c'est bien. » Pendant la barque, j'ai senti l'eau glacée et respiré l'odeur mouillée du bois mouillé depuis des décennies. Moment assez mémorable, malgré le contexte surpeuplé. Déjeuner au restaurant Gostilna Vesela : nourriture de montagne slovène simple. J'ai commandé les Bled Cream Cake (Blejska Torta), le plat touristique par excellence : 8 euros. C'est lourd, sucré, avec du caramel liquide à l'intérieur. Ça coûte moitié moins cher qu'en France pour les portions. Mon collègue a pris un goulasch : 12 euros. Bon, franchement robuste. Vers la vallée de la Drave et les vignobles du PodreauJour 3 : nous louons une voiture auprès d'Europcar à Bled (Renault Clio, 38 euros par jour). Nous nous enfonçons vers le nord, route principale 205, puis petites routes. Destination : Radovljica, village viticole. C'est à 35 km, trente minutes de route sinueuse. Le paysage change vraiment. Des forêts de sapins, des petits villages avec des églises blanches. On passe devant une arrière-cour où poulains jouaient dans la boue - instant où on réalise qu'on n'est pas sur la côte Amalfi. À Radovljica, nous essayons le restaurant Hiša Betulle. Plat régional : le potica (rouleau aux noix) et un verre de vin blanc local du Podreau (région viticole au nord). Le vin blanc : 4 euros le verre. Il est sec, minéral, avec une légère amertume. Pas transcendant, mais franc. La potica est encore plus sucrée que le gâteau de Bled. On sent le miel et les noix grillées. C'est très spécifique aux Alpes slovènes. La journée qui aurait pu être une galèreJour 5, nous avons loué des vélos pour parcourir la piste cyclable Drava River Trail. Trajet de 20 km prévus. Après 8 km, crevaison. Total: deux heures à rouler lentement jusqu'au village suivant, Maribor. Là, un petit atelier de réparation de vélos, géré par un Slovène de 70 ans, Janez. Il ne parle que le slovène et l'allemand. Tentative de communiquer par Google Translate sur téléphone. Réparation : 6 euros. Janez nous offre du rakija maison (alcool blanc fort). C'est brûlant, ça monte direct dans les sinus. Moment étrange, mais attachant. Maribor et ses contrariétésMaribor est la deuxième ville, environ 100 000 habitants. Nous descendons à l'Hotel Habakuk. Quarante euros la nuit, vue sur la rivière Drava. Vue correcte, mais la façade de l'hôtel a besoin d'une rénovation urgente. On entend les camions la nuit. En centre-ville, marché principal Glavni Trg. Nous achetons des fraises à une marchande, 3 euros le kilo. Elle négocie en allemand cassé. Les fraises sont acides, pas mûres. Arnaque mineure, mais frustrant. Dîner au restaurant Mala Hiša. Menu à 15 euros : soupe de potimarron, puis poulpe grillé avec polenta. C'est correct, sans plus. Pas d'ambiance particulière, juste de la clientèle locale qui regarde le foot à la télé. Moment moyen. Les grottes de Postojna : un détour qui valait le coupJour 7, sortie vers les grottes souterraines de Postojna (50 km au sud). Entrée 18 euros par personne. Les grottes sont spectaculaires : dix-neuf niveaux, stalactites de calcaire blanc pur, rivière souterraine. Train électrique nous amène à 600 mètres de profondeur. C'est humide, frais, environ 8 degrés. On sort suant, légèrement claustrophobique mais impressionné. Aucun cliché ici, juste de la géologie brute. Retour à LjubljanaDernier jour, route vers Ljubljana. Nous stoppons au marché central Plac Vodovoda. Fruits, légumes, fromages locaux. Fromage mou fumé : 7 euros les 150 grammes. Goût intense, un peu riche pour moi. Nous sirotons un café très court au bar Milano près du marché. Expresso très fort (1,50 euro). Excellent. Ljubljana elle-même est agréable mais trop bourgeoise à mon goût. Vieille ville gentille, rivière Ljubljanica calme, châteaux en arrière-plan, musées fermés l'après-midi (mauvaise organisation). Nous avons dîné au restaurant Vodnik, spécialisé en cuisine balkanique : 22 euros par personne avec verre de vin. C'était bon, pas révolutionnaire.
Les bons plans repérés sur place.
Balade en pletna (barque traditionnelle) sur le lac de Bled à l'aube, avant 9h - le seul moment où ce n'est pas blindé
Grottes de Postojna avec train souterrain à 600 m de profondeur - dix-neuf niveaux, frais à 8 degrés
Piste cyclable Drava River Trail entre Radovljica et Maribor, avec stop obligatoire chez Janez le réparateur de vélos (rakija offerte)
Restaurant Gostilna Vesela à Bled pour le goulasch slovène et la Blejska Torta (9-12 euros)
Marché principal de Ljubljana (Plac Vodovoda) le matin pour fromage fumé et café expresso très court
Photos — Région de Bled et vallée de la Drave
Et au final.
La Slovénie nous a étonnés : elle est moins kitsch qu'on le craignait, mais aussi moins spectaculaire qu'on l'espérait. Les lacs et grottes valent vraiment le détour, la nourriture est honnête et bon marché, les Slovènes discrets et efficaces. Notre point faible : le tourisme de masse à Bled rend le site étouffant en juin, et certains restaurants jouent sur la nostalgie plutôt que sur la qualité.
