Comment ça s'est passé.
On a débarqué à l'aéroport de Fiumicino un mardi 6 h du matin, lessivés après un vol Lufthansa de trois heures. Le bus Terravision jusqu'à Termini a pris une heure au lieu de 40 minutes : embouteillage monstre sur la Grande Raccordo Anulare. Première galère typique Rome. L'hôtel Artemide, trois étoiles près de la piazza della Repubblica, était correctement situé. Chambre 412, pas climatisée — catastrophe en septembre. On a payé 89 euros la nuit et les draps sentaient la lessive industrielle bon marché. On a posé les bagages, pris une douche glacée, avalé un espresso au bar du rez-de-chaussée (1,50 euros) et on s'est lancés dans Rome vers 9 h. Le Colosseum était dingue de monde. On avait des tickets coupe-file (18 euros chacun) mais même comme ça, les dégaines pleins de touristes chinois armés de selfie-bâtons. L'odeur de pierre chaude et de sueur collait à tout. On a grimpé les trois niveaux, fait notre numéro de photo obligatoire, et franchement après 45 minutes ça manquait d'oxygène. Le vrai moment marquant c'était plutôt en fin d'après-midi à la basilica di Santa Maria in Trastevere : on s'était perdus (erreur Google Maps), on a débouché par hasard sur la piazza, il était 18 h 30, les restaurants ouvraient à peine, une fille jouait de la guitare sur le côté, trois tables seulement occupées. On a commandé une carbonara (14 euros) et un verre de Frascati blanc (5 euros). L'assiette était énorme, les pâtes cuites juste bien, et pendant qu'on mangeait le soleil tombait sur les pavés. Ça c'était Rome. Trois jours comme ça, Vatican en deuxième jour (queue atroce, 17 euros de basilica, pas entré dans les musées), forum romain sans les hordes du Colosseum parce qu'on y était allés jeudi matin vers 7 h 30. Petit café au bar autour de l'angle : cappuccino et cornetto alla crema, 3 euros. Jeudi matin on a loué une voiture Fiat 500 chez Europcar Termini (189 euros les quatre jours, assurance incluse). Trajet Rome-Spolète via la A1 puis l'autoroute E45 : deux heures et demie en réalité, trois heures avec un arrêt essence à Orvieto où on a grillé un espresso et mangé un panini au prosciutto. On débouchait en Ombrie avec une vraie chaleur différente, moins écrasante que Rome, des collines couvertes de champs ocre. Spolète, c'est petit, peut-être 8 000 habitants. On a garé la Fiat près de la porta Romana, grimpé vers la piazza del Duomo. L'hôtel Palazzo Dragoni, quatre étoiles, chambre avec terrasse : 110 euros. Là oui, c'était différent. Les murs en pierre épais maintenaient une température cool. On sentait l'odeur des géraniums en pot et de la terre sèche qui montait depuis les ruelles. Spolète c'est vrai que c'est moins étouffant. On a mangé au Ristorante Sabatini, via Sant'Agata (réservation nécessaire). Spaghetone alla norcina (pâtes larges, sauce de saucisse et truffes noires), 18 euros. Vin de la région, 8 euros. C'était bon mais j'avoue que la truffe, on sentait à peine le goût — peut-être qu'on s'attendait à trop. Le moment gênant c'est que ma compagne a renversé son verre en gestuant, la serveuse a levé les yeux au ciel et a disparu. Malentendu classique touriste-lieu chic. Pont des Tours (Ponte delle Torri) le lendemain matin. On a marchés 45 minutes depuis le centre, c'était calme, les Ombres bleues des cyprès sur le chemin. Le pont, c'est une structure médiévale qui traverse une gorge. Ça montrait pas des ruines touristiques mais juste du paysage qui changeait selon l'heure. On a payé 5 euros pour accéder à une tour, monté 200 marches, vue sur les champs à 180 degrés. Samedi on était retournés à Rome pour deux jours supplémentaires. La voiture louée on l'a rendue vendredi soir vers 19 h. On s'est paumés dans les virages de la Raccordo pour sortir la première fois, gps décédé, on a demandé à un mec à la pompe essence. L'angoisse de la route italienne c'est réel — les gens doublez à 140 km/h sans prévenir. Dimanche on s'était fixé le Musée de la Civilization Romaine (EUR), au sud, mais on a raté le tram 5 à Termini et on a perdu 90 minutes. On a finalement juste vu le quartier EUR en marchant, puis on s'est trouvé un bar de quartier quelque part sans nom spécifique, où des vieux regardaient la Lazio jouer à la télé, on a bu une bière Peroni (3 euros) et mangé des chips. C'était mieux que n'importe quel musée finalement. Dernière nuit à Rome, on a bouffé dans un trattoria du quartier San Lorenzo (pas touristique), penne all'amatriciana (12 euros). Il était minuit, on était crevés, et l'endroit restait plein. Le tiramisu qu'on a avalé surgelé — déception là-bas, j'ai pas regretté.
Les bons plans repérés sur place.
Basilica di Santa Maria in Trastevere au coucher du soleil (terrasse restaurants, perte volontaire dans le quartier)
Pont des Tours à Spolète vers 8 h du matin (accès à la tour, 5 euros, silencieux)
Espresso + cornetto au bar anonyme près de la piazza Navona (3 euros, pas de queue, vraie clientèle locale)
Ristorante Sabatini à Spolète pour la spaghetone alla norcina (réservation obligatoire, ambiance palazzo)
Marché de Testaccio le matin tôt pour les fruits frais et mozzarella di bufala (5-8 euros le kg, moins cher que les restaurants)
Photos — Rome et Spolète (Ombrie)
Et au final.
Rome impose son rythme : c'est intense, un peu arnaqueur, bondé, et c'est quand même ça qu'on vient voir. L'Ombrie (Spolète) c'était la vraie surprise, plus respirant, on aurait pu y rester plus longtemps. Le point noir reste la voiture louée et la conduite qui demande de la nerveuse. On remettrait bien ça mais avec une itinérance plus prudente.
