Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Fiumicino un mardi matin à 6 h 45, complètement K.O. après un vol Ryanair depuis Paris. Le taxi qui nous a conduits à l'hôtel Artemide (via Vittorio E. Orlando, à deux pas de la gare centrale Termini) a démarré le compteur à 12 euros alors qu'on n'avait pas encore quitté le parking. Lesson learned : toujours négocier le prix avant de monter. Le chauffeur nous a expliqué qu'il y avait « un supplément aéroport », comme si c'était écrit nulle part. Rome, c'est d'abord une odeur : celle du parfum des fleurs sur les petites places et, moins agréable, celle des murs humides du Colosseum quand on s'y faufile entre les cars de touristes. Levé à 5 h pour éviter la foule, j'ai grimpé seul jusqu'au premier étage de l'amphithéâtre avec un espresso acheté 1,20 euro au bar en bas. Voir les travaux de restauration en cours était frustrant — on s'imaginait mieux sans les échafaudages bleus partout. Le marché Testaccio, les faux amis et le cacio e pepe réelLe marché Testaccio (ouvert le matin, jusqu'à 14 h environ) nous a permis d'échapper aux restaurants pièges du centre historique. On y a acheté des mozzarellas di bufala directement chez Pascucci (stand au fond à gauche), payées 4,50 euros les 250 grammes. Les vendeurs coupent les tranches avec une lame trempée dans l'eau froide : texture parfaite, rien à voir avec ce qu'on trouve en France. Le vrai problème : nous avons mangé au restaurant Da Flavio al Velavevodetto, très « recommandé » en ligne. Le cacio e pepe était bon, mais à 16 euros le plat — c'était du pur piège à touristes. Au restaurant juste à côté, Flavio Velavevodetto (deux mots, pas un), les mêmes pâtes coûtaient 9,50 euros. Les pages Google Maps se ressemblaient tellement qu'on s'était trompés. Sentiment de déception réel, pas juste une petite arnaque, mais une vraie différence de qualité aussi. La Chapelle Sixtine : attendre debout deux heuresDeux heures. Debout. Dans un couloir souterrain des Musées Vaticans. À 11 h 30, malgré l'accès « Fast Track » acheté 32 euros supplémentaires. Quand nous avons enfin regardé la Sixtine, un gosse avec un sucette s'est mis à tousser à côté de ma femme. Elle a reçu une goutte de salive. Le moment n'a pas été magique, juste un peu minable et collant (littéralement). Nous avons ressorti après 20 minutes. Positif : la Basilique Saint-Pierre vue de derrière, depuis le château Saint-Ange (Castel Sant'Angelo), l'après-midi avec la lumière à 16 h, offrait une vue bien meilleure. Pas surpeuplée. Les gelatos chez Giolitti (les authentiques, pas les copies) à 4 euros la coupe restent imbattables : le goût de la vanille était intense, presque naturel. Sorrente et la côte : pluie en maiTrain Trenitalia depuis Termini jusqu'à Sorrente : départ 7 h 55, arrivée 15 h 10 (2 h de correspondance à Naples, gare Centrale). Le paysage après Naples change complètement. Des vignes, des citronniers, des maisons blanches accrochées à la falaise. Température ressentie : 24 °C, vent léger, odeur d'agrumes séché. Sorrente était déprimant sous la pluie (24-26 mai). Les restaurants donnant sur la mer demandaient 18 euros pour des spaghetti aux fruits de mer standard. Nous avons dîné chez L'Antica Trattoria en montée (via Tasso), meilleur rapport qualité-prix : 13 euros pour les mêmes pâtes, avec du vin blanc local (Greco di Tufo) à 18 euros la bouteille. Herculanum plutôt que PompéiHerculanum reste moins visitée. Moins de selfies. Les étages entiers préservés montrent mieux la vie quotidienne romaine que les grandes fresques massives de Pompéi. Entrée musée : 13,50 euros. Il fait chaud sur les escaliers (aucune ombre), et on sue à grosses gouttes en descendant dans les ruelles. Mais le contraste entre la chaleur et l'humidité froide des souterrains conservés crée une sensation unique. Bilan : Rome vaut le détour pour le patrimoine pur, mais prévoir un budget distinct pour les restaurants et les taxis (jamais accepter Uber). La côte en mai, c'est trop touristique, trop cher, et la météo n'était pas de notre côté.
Les bons plans repérés sur place.
Musée Herculanum, Ercolano : descendre dans les maisons romaines préservées avec étages complets (13,50 euros, moins de foule qu'à Pompéi)
Marché Testaccio, Rome : acheter des produits frais directement aux vendeurs locaux, mozzarella de buffle chez Pascucci (4,50 euros)
Château Saint-Ange (Castel Sant'Angelo), Rome : vue sur la Basilique Saint-Pierre en fin d'après-midi sans les cohues du Vatican (entrée 15 euros)
Train Trenitalia Rome-Sorrente via Naples : observer la côte tyrrhénienne depuis la fenêtre après Salerno (départ gare Termini 7 h 55)
Trattoria L'Antica Trattoria, Sorrente : pâtes aux fruits de mer et vin blanc local Greco di Tufo (moins de 15 euros par personne, hors touristique)
Et au final.
L'Italie offre vraiment ce qu'elle promet sur le plan historique, mais il faut de la patience, de bonnes adresses et une tolérance élevée aux escroqueries de basse gamme. Nous y retournerions, mais en septembre plutôt, et en évitant les 'incontournables' au profit des petites rues de quartiers comme Testaccio. Le point noir reste la gestion des files d'attente et des tarifs aériens.