Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport international Manas de Bichkek un mardi matin à 6 h 30, gelés jusqu'aux os malgré nos pulls. L'air sec et froid du Kirghizstan vous rentre dans les poumons comme une gifle. Premier piège : les taxis à l'aéroport font payer le double. On a négocié ferme avec un chauffeur nommé Aidarbek qui nous a menés à l'hôtel Dostuck, rue Chuy, pour 800 som (environ 9 euros). La réception était accueillante, chambre correcte, douche brûlante sauvée après 18 heures d'avion. Les trois premiers jours à Bichkek, on a trainé dans les quartiers centraux. Le marché Osh Bazaar pue la viande crue et le fromage aigre à 100 mètres à la ronde. On y a acheté des manti — raviolis kirghizes à la viande — chez une babouchka pour 40 som (0,50 €). Honnêtement, c'était bon mais gras, et ça restait collé aux dents toute la journée. Le Slam Café, près de la place Ala-Too, propose un cappuccino potable pour 120 som et des pains au chocolat corrects. On s'y est assis quatre fois. Direction Issyk-Koul : la route qui tue On a pris un minibus privé le jeudi matin, 6 h du matin, avec la compagnie Jyrgalan Tours. Départ du terminal Ouest de Bichkek. Trajet prévu : 5 heures. En réalité : 8 heures. Le chauffeur, Ruslan, roulait comme un cinglé sur les routes de montagne, s'arrêtait tous les 20 km à des petits cafés routiers pour du thé. On a vu plusieurs voitures accidentées en bord de route. À un moment, notre minibus a crevé. Ruslan a dû changer la roue sous la neige, on s'est gelés en attendant. Moment pas ouf, franchement. Mais les gens autour ont aidé sans traîner, c'est cool ça. On est arrivés à Karakol en fin d'après-midi. La ville est petite, grise, mais sympa. On a dormi à la Guest House Jyrgalan, gérée par une femme nommée Gulnara qui faisait du thé à volonté et du pain frais chaque matin. 2000 som la nuit (22 euros), petit-déj compris. Elle parlait un anglais rocailleux mais on s'est compris. Autour du lac Issyk-Koul Le lac est impressionnant par sa taille brute, pas par son esthétique. C'est un grand truc bleu-gris, entouré de montagnes rocheuses. On l'a vu plusieurs fois. Les vestiges archéologiques de la forteresse de Burana, à l'ouest du lac, c'est juste une tour en ruines avec des pierres tombales autour. Intéressant pour 30 minutes, pas plus. Prix d'entrée : 100 som. On a mangé de la truite locale à Karakol, au restaurant Issyk-Koul Fish House. C'était frais, goût un peu vaseux mais bon. 350 som la portion (4 euros). On a goûté aussi le kumys — lait de jument fermenté — à un petit village près de Bokonbaevo. C'est alcoolisé légèrement et ça a un goût aigre-acide très prononcé. Je l'ai trouvé dégueulasse honnêtement, mais les Kirghizes en buvaient des verres entiers. Passage à Cholpon-Ata, station balnéaire touristique du lac. Très kitsch. On a visité les pétroglyphes kirghizes gravés sur les rochers du musée local. Quelques pierres intéressantes, c'est tout. Beaucoup de touristes russes qui font du bruit. On s'est sauvés après une heure. Les montagnes Tian Shan On a passé trois jours à faire des randos un peu partout. Le guide Erkin, trouvé via la Guest House Jyrgalan, nous a emmenés au lacs Song-Köl. C'est des montagnes pelées, froides, avec un lac à 3000 mètres d'altitude. Levés à 5 h 30 pour commencer la marche. On aurait aimé un coucher de soleil dingue mais c'était nuageux. La temp a chuté à zéro degré à 18 h. On s'est serrés les uns contre les autres autour du feu de camp chez une famille kirghize nomade qui nous a accueillis pour la nuit. Ils ont fait bouillir du bouillon de mouton avec de l'ail. Ça puait le mouton partout — dans la yourte, sur les vêtements, dans les cheveux. Mais c'était solidaire comme moment. Erkin facturait 60 euros pour trois jours, nourriture et logement compris. Galère mineure : on avait oublié une chaussette de rechange, donc une ampoule qui a éclaté au jour deux. Pas grave mais désagréable. Retour à Bichkek Minibus retour le dimanche, compagnie Tulpar. Même chaos routier. On a acheté des souvenirs au marché de Bichkek avant de partir : tapis kirghizes, petits objets en feutre. Arnaque classique du vendeur qui baisse le prix puis remonte. On s'est arrêtés à une station-essence Ai-Petrol pour des samsa — petits pâtés — à 50 som.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Osh Bazaar à Bichkek (rue Osh) : fromages locaux et viande fraîche, vraiment chaotique
Lac Song-Köl à 3000 m : nuit chez une famille nomade kirghize, froid intense mais authentique
Route Bichkek-Karakol via Jyrgalan Tours : 8 heures de secousses mais vue des gorges du Tian Shan
Guest House Jyrgalan à Karakol (rue Tokto-Doaloo) : pain frais le matin, Gulnara très accueillante
Pétroglyphes de Cholpon-Ata : gravures antiques sur roche, musée un peu poussiéreux mais pas cher (100 som)
Et au final.
Le Kirghizstan n'est pas touristique comme la Thaïlande ou la Turquie, et ça se ressent. Les routes sont usantes, les hôtels basiques, les restaurants peu variés. Mais les montagnes sont réelles, les gens directs et généreux, et on ne croise pas les mêmes hordes de touristes. Je recommande à qui aime les randos et les galères du voyage indépendant, pas à qui veut du confort.