Deux semaines entre Bichkek et Issyk-Koul : montagnes réelles et galères de routard
CarnetKirghizstan202614 jours

Deux semaines entre Bichkek et Issyk-Koul : montagnes réelles et galères de routard

On a atterri à l'aéroport international Manas de Bichkek un mardi matin à 6 h 30, gelés jusqu'aux os malgré nos pulls. L'air sec et froid du Kirghizstan vous rentre dans les poumons comme une gifle. Premier piège : les…

MA
Publié le · mis à jour le
14 jours4/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

On a atterri à l'aéroport international Manas de Bichkek un mardi matin à 6 h 30, gelés jusqu'aux os malgré nos pulls. L'air sec et froid du Kirghizstan vous rentre dans les poumons comme une gifle. Premier piège : les taxis à l'aéroport font payer le double. On a négocié ferme avec un chauffeur nommé Aidarbek qui nous a menés à l'hôtel Dostuck, rue Chuy, pour 800 som (environ 9 euros). La réception était accueillante, chambre correcte, douche brûlante sauvée après 18 heures d'avion. Les trois premiers jours à Bichkek, on a trainé dans les quartiers centraux. Le marché Osh Bazaar pue la viande crue et le fromage aigre à 100 mètres à la ronde. On y a acheté des manti — raviolis kirghizes à la viande — chez une babouchka pour 40 som (0,50 €). Honnêtement, c'était bon mais gras, et ça restait collé aux dents toute la journée. Le Slam Café, près de la place Ala-Too, propose un cappuccino potable pour 120 som et des pains au chocolat corrects. On s'y est assis quatre fois. Direction Issyk-Koul : la route qui tue On a pris un minibus privé le jeudi matin, 6 h du matin, avec la compagnie Jyrgalan Tours. Départ du terminal Ouest de Bichkek. Trajet prévu : 5 heures. En réalité : 8 heures. Le chauffeur, Ruslan, roulait comme un cinglé sur les routes de montagne, s'arrêtait tous les 20 km à des petits cafés routiers pour du thé. On a vu plusieurs voitures accidentées en bord de route. À un moment, notre minibus a crevé. Ruslan a dû changer la roue sous la neige, on s'est gelés en attendant. Moment pas ouf, franchement. Mais les gens autour ont aidé sans traîner, c'est cool ça. On est arrivés à Karakol en fin d'après-midi. La ville est petite, grise, mais sympa. On a dormi à la Guest House Jyrgalan, gérée par une femme nommée Gulnara qui faisait du thé à volonté et du pain frais chaque matin. 2000 som la nuit (22 euros), petit-déj compris. Elle parlait un anglais rocailleux mais on s'est compris. Autour du lac Issyk-Koul Le lac est impressionnant par sa taille brute, pas par son esthétique. C'est un grand truc bleu-gris, entouré de montagnes rocheuses. On l'a vu plusieurs fois. Les vestiges archéologiques de la forteresse de Burana, à l'ouest du lac, c'est juste une tour en ruines avec des pierres tombales autour. Intéressant pour 30 minutes, pas plus. Prix d'entrée : 100 som. On a mangé de la truite locale à Karakol, au restaurant Issyk-Koul Fish House. C'était frais, goût un peu vaseux mais bon. 350 som la portion (4 euros). On a goûté aussi le kumys — lait de jument fermenté — à un petit village près de Bokonbaevo. C'est alcoolisé légèrement et ça a un goût aigre-acide très prononcé. Je l'ai trouvé dégueulasse honnêtement, mais les Kirghizes en buvaient des verres entiers. Passage à Cholpon-Ata, station balnéaire touristique du lac. Très kitsch. On a visité les pétroglyphes kirghizes gravés sur les rochers du musée local. Quelques pierres intéressantes, c'est tout. Beaucoup de touristes russes qui font du bruit. On s'est sauvés après une heure. Les montagnes Tian Shan On a passé trois jours à faire des randos un peu partout. Le guide Erkin, trouvé via la Guest House Jyrgalan, nous a emmenés au lacs Song-Köl. C'est des montagnes pelées, froides, avec un lac à 3000 mètres d'altitude. Levés à 5 h 30 pour commencer la marche. On aurait aimé un coucher de soleil dingue mais c'était nuageux. La temp a chuté à zéro degré à 18 h. On s'est serrés les uns contre les autres autour du feu de camp chez une famille kirghize nomade qui nous a accueillis pour la nuit. Ils ont fait bouillir du bouillon de mouton avec de l'ail. Ça puait le mouton partout — dans la yourte, sur les vêtements, dans les cheveux. Mais c'était solidaire comme moment. Erkin facturait 60 euros pour trois jours, nourriture et logement compris. Galère mineure : on avait oublié une chaussette de rechange, donc une ampoule qui a éclaté au jour deux. Pas grave mais désagréable. Retour à Bichkek Minibus retour le dimanche, compagnie Tulpar. Même chaos routier. On a acheté des souvenirs au marché de Bichkek avant de partir : tapis kirghizes, petits objets en feutre. Arnaque classique du vendeur qui baisse le prix puis remonte. On s'est arrêtés à une station-essence Ai-Petrol pour des samsa — petits pâtés — à 50 som.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Marché Osh Bazaar à Bichkek (rue Osh) : fromages locaux et viande fraîche, vraiment chaotique

2

Lac Song-Köl à 3000 m : nuit chez une famille nomade kirghize, froid intense mais authentique

3

Route Bichkek-Karakol via Jyrgalan Tours : 8 heures de secousses mais vue des gorges du Tian Shan

4

Guest House Jyrgalan à Karakol (rue Tokto-Doaloo) : pain frais le matin, Gulnara très accueillante

5

Pétroglyphes de Cholpon-Ata : gravures antiques sur roche, musée un peu poussiéreux mais pas cher (100 som)

Conclusion

Et au final.

Le Kirghizstan n'est pas touristique comme la Thaïlande ou la Turquie, et ça se ressent. Les routes sont usantes, les hôtels basiques, les restaurants peu variés. Mais les montagnes sont réelles, les gens directs et généreux, et on ne croise pas les mêmes hordes de touristes. Je recommande à qui aime les randos et les galères du voyage indépendant, pas à qui veut du confort.

En résumé

Avis Bichkek et région d'Issyk-Koul : carnet de voyage de 14 jours par maxlandry

Destination
Bichkek et région d'Issyk-Koul →
Pays
Kirghizstan →
Durée
14 jours
Période
octobre · Automne
Note du voyageur
4/5
Voyageur
@maxlandry →
L'essentiel

Bichkek et région d'Issyk-Koul en bref

Pourquoi choisir Bichkek et région d'Issyk-Koul

  • Destination brute et peu touristique : fuyez les hordes de touristes de masse
  • Montagnes du Tian Shan impressionnantes et accessibles en randonnée encadrée
  • Budget très abordable : hébergement, repas et activités ultrabas marché
  • Immersion authentique avec familles nomades kirghizes et hospitalité locale
  • Lac Issyk-Koul géant offrant paysages grandioses et contraste urbain-montagne

Pour qui ?

  • Randonneurs cherchant montagnes sauvages et peu commercialisées
  • Voyageurs indépendants à petit budget et tolérance aux galères
  • Couples ou groupes d'amis en quête d'expérience hors circuits touristiques
  • Photographes attirés par paysages bruts et cultures nomades
  • Backpackers cherchant authenticité plutôt que confort et infrastructure

À éviter si…

  • Vous cherchez le confort hôtelier et restaurants gastronomiques
  • Vous êtes allergique aux longs trajets chaotiques en minibus montagnard
  • Vous désirez une destination balnéaire classique avec plages aménagées
  • Vous n'aimez pas les dépaysements extrêmes et la rusticité
À découvrir aussi
Aéroport international Manas (Bichkek)Place Ala-Too (Bichkek)Marché Osh Bazaar (Bichkek)Lac Issyk-KoulChaîne Tian ShanKarakol (ville)Forteresse de BuranaCholpon-Ata (station touristique)Lac Song-Köl (3000m)Bokonbaevo (village)Terminal Ouest (Bichkek)Montagnes Tian Shan
Questions fréquentes

FAQ — Bichkek et région d'Issyk-Koul

Combien de temps faut-il pour aller de Bichkek à Issyk-Koul ?

Le trajet en minibus est prévu pour 5 heures mais dure généralement 8 heures en réalité. Les routes de montagne sont sinueuses et les arrêts aux petits cafés routiers sont fréquents. Comptez une journée complète de transport avec départ en début de matinée.

Quels sont les coûts moyens d'un séjour au Kirghizstan ?

Les prix sont très bas : nuit en guesthouse 20-25 euros, repas local 3-5 euros, randonnée guidée 60 euros pour trois jours. Le minibus Bichkek-Karakol coûte environ 30-40 euros. Le coût total pour 14 jours reste accessible pour un budget routard.

Est-il sûr de prendre un taxi à l'aéroport de Bichkek ?

Oui, mais les chauffeurs de l'aéroport appliquent un tarif doublé. Il faut négocier fermement. Un trajet vers le centre-ville devrait coûter autour de 800 som (9 euros) plutôt que les 15-20 euros proposés initialement.

Quelles randonnées à faire autour d'Issyk-Koul ?

La rando au lac Song-Köl à 3000 mètres est incontournable avec ses paysages de montagnes pelées et l'accueil en famille nomade kirghize. Comptez trois jours avec guide (autour de 60 euros). Les pétroglyphes de Cholpon-Ata et la forteresse de Burana complètent mais sont plus courts.

Quel type de nourriture trouve-t-on au Kirghizstan ?

Spécialités locales : manti (raviolis à la viande), truite fraîche d'Issyk-Koul, kumys (lait de jument fermenté), samsa (petits pâtés), bouillon de mouton. Les restaurants offrent peu de variété mais les produits locaux sont authentiques et peu chers (portions 3-5 euros).

Faut-il un guide pour explorer la région ?

Fortement recommandé pour les randos de montagne et l'accès aux yourtes nomades. Erkin, guide local à Karakol, facture 60 euros pour trois jours tout compris. Les guesthouses locales peuvent organiser les contacts avec des guides francophones ou anglophones.

Quel est le meilleur moment pour visiter Issyk-Koul ?

Les routes sont praticables en toute saison mais l'été (juin-septembre) offre les meilleures conditions. En automne/hiver, les températures peuvent chuter brutalement (zéro degré en fin d'après-midi) et les routes deviennent glacées.

Peut-on faire du tourisme balnéaire à Issyk-Koul ?

Le lac existe et le tourisme y est présent (station de Cholpon-Ata) mais reste peu développé comparé aux destinations classiques. Le paysage est brut et montagneux plutôt qu'esthétique. C'est davantage un point de départ pour les randos qu'une destination balnéaire.