Comment ça s'est passé.
Levé à 5 h 30 à l'hôtel Sheraton Xi'an pour rejoindre le mausolée de l'empereur Qin. L'air était glacial en décembre, presque mordant. La file d'attente devant le musée de l'Armée de terracotta s'étirait déjà, même à cette heure. J'ai payé 150 CNY (20 euros) pour l'entrée et loué un audioguide en français, ce qui s'est avéré utile : les panneaux n'expliquaient presque rien. Les fosses numéro 1 et 2 m'ont vraiment frappé. Pas par leur beauté supposée, mais par l'absurdité de la découverte : 8 000 soldats en terracotta, tous différents, enterrés depuis 2 200 ans. Le bruit des autres touristes résonnait dans le hangar couvert. J'ai remarqué que plusieurs statues manquaient la tête, cassées lors de fouilles ou pillées. Un guide touristique à côté de moi disait « c'est magique » en boucle ; moi, j'ai surtout ressenti de la fatigue et un doute : avais-je vraiment besoin de payer 20 euros pour voir des copies restaurées ? Les premiers jours à Xi'anPetit déjeuner au restaurant de l'hôtel : œufs brouillés, pain grillé. Exactement ce qu'on trouve partout en Asie du Sud-Est.Noodles épicées au marché de nuit de la rue Huimin. Un vendeur m'a vendu ce qu'il appelait « spécialité locale » : c'était des boulettes de viande dans un bouillon rougeâtre. Coût : 25 CNY (3,50 euros). Elles étaient bonnes, mais pas révolutionnaires.Marche le long de la Muraille de Xi'an, section restaurée. Vue plate, foule énorme. Des groupes de touristes chinois parlaient si fort qu'on ne s'entendait pas.Le 4e jour, galère : j'ai raté le bus 8 qui passe devant la gare ferroviaire de Xi'an. Horaire prévu 14 h 30, nous avons dû attendre 35 minutes sous la pluie. Un homme à côté de moi a pensé que le bus ne viendrait pas et a commencé à râler en mandarin. L'attente a grignoté mon planning pour Shanghai. Trajet vers ShanghaiTrain D-class, 13 heures. J'ai acheté les billets à la gare de Xi'an, guichet numéro 5. Tarif : 330 CNY (45 euros) en siège dur. Le wagon était bondé. Les toilettes sentaient très mauvais dès le début du voyage. J'ai mangé un plateau-repas fourni à bord : riz, chou bouilli, poulet séché. Ignoble, honnêtement. Plusieurs passagers chinois semblaient aussi déçus. Shanghai : l'autre extrêmeArrivée gare de Shanghai à 7 h du matin, mort de fatigue. L'hôtel Motel 168 (45 euros la nuit) était déjà ouvert. J'ai pu faire un check-in anticipé. Les deux jours suivants, j'ai exploré la rue de Nanjing, le Bund, et le jardin Yu. Le Bund m'a surpris : les bâtiments coloniaux sont trapus, marrons, peu élégants. La rivière Huangpu sent très fort l'eau stagnante et les moteurs diesel. À midi, je suis entré au restaurant Local Yang's Dumplings, près du Bund. Ravioli à la vapeur (xiaolongbao) à 38 CNY (5 euros) le panier. Excellent. Queue de 40 minutes. Ça en dit long sur le rapport qualité-prix. Shanghai m'a frappé par son absence de charme. Les gratte-ciel sont impressionnants, mais c'est un bloc de béton et de verre sans personnalité. Les rues sont larges, vides de vie. J'attendais une mégapole animée ; j'ai trouvé une usine géante. Moment marquantLe 11e jour, j'étais assis dans un petit café de la rue Julu (Huimin de Shanghai, un quartier moins touristique). Une femme âgée s'est assise à ma table sans demander. Elle ne parlait pas un mot d'anglais. Nous avons regardé nos écrans de téléphone en silence pendant une demi-heure. Puis elle m'a montré des photos de sa petite-fille. Nous avons ri. Aucune communication verbale, juste une présence. C'est resté avec moi. Avant le retour, j'ai visité le Musée de Shanghai (entrée gratuite, 10 rue Henan). Excellente collection de bronzes anciens et de porcelaines. Les salles étaient calmes, presque vides. Personne à côté de vous pour briser la concentration.
Les bons plans repérés sur place.
Fosse numéro 1 du Mausolée de l'Empereur Qin (150 CNY d'entrée) : moins hypé que tu le crois, mais les détails des armures en terracotta valent l'inspection de près.
Marché de nuit rue Huimin à Xi'an (entre 18h et 23h) : cherche le vendeur avec le petit brasero, ses noodles épicées sont fidèles à la recette, contrairement aux autres.
Restaurant Local Yang's Dumplings, près du Bund à Shanghai : file d'attente garantie, mais les ravioli valent chaque minute. Arrive avant 12 h.
Jardin Yu à Shanghai (40 CNY) : moins de touristes l'après-midi après 16 h, les bassins sont calmes, les ponts moins encombrés.
Et au final.
La Chine m'a donné deux villes totalement différentes : Xi'an, étouffante, touristique, centrée sur un événement du passé ; Shanghai, futuriste mais vide d'âme. Les terracotta valaient le coup une fois. Shanghai, franchement, vous pouvez aussi bien le faire en trois jours. Ce qui m'a le plus marqué, c'est les petits moments sans préparation, les cafés vides, les gens assis sans rien faire.