Comment ça s'est passé.
On arrive à l'aéroport de Larnaca un jeudi vers 15 h 30. Après deux heures de paperasse (les files d'attente aux douanes cyprioties ne blaguent pas), on prend un taxi jusqu'à notre hôtel, le Radisson Blu Beach Resort, situé en face de la plage de Mackenzie. La chambre sent le nettoyant à l'ammoniac et l'air marin — on ouvre tout de suite les baies vitrées. Première baignade à 17 h, l'eau est encore chaude, autour de 28 °C. Larnaca n'est pas spectaculaire au premier coup d'œil. C'est une ville côtière assez ordinaire, avec ses restaurants touristiques le long de la promenade de Finikoudes. Mais on découvre la vraie vie chypriote en se perdant dans les petites ruelles : le marché central (fermé le dimanche et lundi, piège classique) où on achète des halloumis frits pour 2,50 euros chez une vendeuse qui ne parle que grec et nous fait des signes de main. L'odeur des épices et du fromage grillé s'incruste dans les cheveux. Les galères du déplacementOn essaie de prendre le bus local pour Paphos. Le réseau Larnaca Bus Station (rue Charalambous) fonctionne sur un système assez opaque : on achète des tickets papier directement au chauffeur, pas de prix affiché. On se fait légèrement gaufrer — 3,50 euros au lieu des 2 euros annoncés en ligne. Le trajet dure 1 h 45 en traversant des villages chauds et poussiéreux. Aucune climatisation digne de ce nom. À côté de moi, une femme avec trois sacs remplis de tomates. Sympa. On arrive à Paphos vers 11 h 30. Paphos : la vraie découvertePaphos est bien différent. On loge à l'hôtel Annabelle (un peu haut de gamme, mais on a trouvé une promo), situé directement au bord de la baie. Le jardin sent le jasmin — une odeur douce et obsédante qui reste sur la peau. La plage de galets devant l'hôtel n'est pas la plus confortable, mais la vue sur le château médiéval du port suffit à justifier le prix. Le premier matin, on se lève à 5 h 30 pour le lever du soleil sur les Tombes des Rois, une nécropole datant de l'époque ptolémaïque. C'est à 5 km au nord de Paphos. Les tombes sont creusées dans le roc blanc, les archéologues ont fouillé là-dedans pendant des siècles. Pas grand monde à cette heure-ci. Ça reste dans la mémoire, cette atmosphère calme et morte. L'entrée coûte 4,50 euros. On mange au restaurant Demosthenes (rue Apostolou Pavlou, près du port). Moussaka maison pour 9 euros, vin blanc local (Xynisteri) pour 4 euros le verre. Le propriétaire, George, nous raconte que sa famille produit ce vin depuis quarante ans dans les montagnes du Troodos. On revient deux fois. Les portions sont énormes, la chaleur à l'intérieur est suffocante — pas assez clim. On transpire sur nos assiettes. Les villages de montagneOn loue une voiture (Hertz, 28 euros par jour) et on monte vers le Troodos National Forest Park. Le village de Kakopetria est l'endroit où il faut dormir si on veut éviter les hordes. On trouve une maison d'hôtes, la Mill House, avec des murs épais de 50 cm qui gardent la fraîcheur même quand il fait 35 °C dehors. Le propriétaire, un homme d'environ 70 ans, nous propose un café cypriot à 6 h du matin — c'est très sucré, amer, servi dans des tasses minuscules. On en prend l'habitude. Une randonnée vers le Mont Olympe (on appelle ça le plus haut sommet, 1 951 m). Les panneau de randonnée sont rares et mal entretenus. On se perd, bien sûr. Moment de léger panique quand on réalise qu'on ne savait pas où on était. Une femme locale nous réoriente et nous offre une orange de son jardin. Jus frais, sucré, mûr. Ça remet les idées en place. De retour à Larnaca pour les trois derniers jours, on traîne sur la promenade de Finikoudes. On mange des loukoumades (des beignets au miel) chez un vendeur ambulant. Chaud, poisseux, délicieux, 1,50 euro. On visite aussi le Musée archéologique de Larnaca (6 euros, ouvert de 9 h à 16 h 30 sauf lundi). C'est petit, bien organisé, un peu austère. On y apprend l'histoire saline de la région. Au final, Chypre c'est surtout du repos, du soleil, de la bonne cuisine locale. Pas de grosse surprise culturelle, pas de « moment révélateur ». C'est un endroit où on peut se relaxer, se baigner, manger du fromage grillé et boire du vin blanc. Ça convient tout à fait.
Les bons plans repérés sur place.
Lever du soleil sur les Tombes des Rois (Paphos) : arriver avant 6 h, l'entrée coûte 4,50 euros
Restaurant Demosthenes (port de Paphos) : moussaka pour 9 euros, vin Xynisteri à 4 euros
Kakopetria et la Mill House : village de montagne authentique sans foules, refuge avec murs épais qui gardent la fraîcheur
Marché central de Larnaca : halloumis frits et produits locaux, fermé dimanche et lundi
Baie de Paphos depuis l'Annabelle : piscine avec vue directe sur le château du port et odeur de jasmin du jardin
Et au final.
Chypre a délivré ce qu'on attendait : du soleil, de bonnes plages, une nourriture simple et généreuse. On avait craint un peu trop de béton touristique et on l'a effectivement trouvé, surtout à Larnaca. Les transports locaux auraient mérité plus de clarté (les horaires de bus affichés nulle part, les prix variables). On reviendrait, mais pour plus court ou pour explorer davantage l'intérieur du pays.