Comment ça s'est passé.
Levée à 5 h 30 à l'aéroport de Naia à Manille pour attraper le vol Cebu Pacific CEB 5J 231 en direction de Cebu City. Arrivée vers 8 h 45, température déjà collante à 28 °C et humidité étouffante. Première grosse galère : le taxi de l'aéroport nous demande 800 pesos (14 euros) alors que le tarif officiel affiché n'indique que 350 pesos. On négocie, on rage, on paie 500 pesos finalement. Lesson apprise : toujours prendre la file officielle, jamais les taxis qui vous abordent dehors. Installation à l'Allure Hotel Cebu, un trois-étoiles correct face à la baie de Mactan. La odeur caractéristique du détergent bon marché qui flotte partout dans les couloirs. Première sortie vers le marché Carbon pour manger local : Larsog (soupe de tête de porc) et lumpia aux crevettes. Compter 120 pesos (2 euros) pour un repas complet. La vapeur du bouillon me colle au visage, c'est bon mais révélateur du choc culinaire qu'on va vivre deux semaines. Jours 2-4 : Mactan et les îles alentourExcursion en bateau à moteur depuis le port de Cebu City. Le capitaine, Ginoong Romeo (il a insisté sur le formalité), nous raconte qu'il conduisait le même bateau depuis 2003, usure visible mais moteur fiable. Visite du sanctuaire marin d'Oslob. On monte dans de minuscules sortes de cercueils flottants (les kayaks des tour-opérateurs locaux) pour observer les requins-baleines à 30 centimètres de distance. C'est viscéral, un moment où on réalise qu'on n'est vraiment rien. Les requins n'agressent pas, ils s'en fichent de nous. Gratuit si on partage un bateau avec d'autres touristes, sinon 1 200 pesos (20 euros) par personne. Retour par les routes cahoteuses. Visite du temple Taoist à Cebu City puis déjeuner chez Lantaw Native Restaurant (terrasse surplombant la mer, meilleur Almon-Alo du voyage : 280 pesos, 4,70 euros). Le riz gluant mélangé avec du lait de coco et du sucre, mangé avec les mains. Les Philippins autour nous regardent avec amusement, on n'est pas discrets. Jour 5-7 : Boracay, arnaque touristiqueBus Ceres bus de 12 h depuis la gare de Cebu jusqu'à Caticlan (220 pesos, 3,70 euros). Route poussiéreuse, climatisation cassée partiellement. Un type me reverse sa canette de Red Horse (bière locale) sur le pantalon à un virage. Bienvenue aux Philippines. Fret d'une heure en bateau vers Boracay (500 pesos). Première arnaaque : l'hôtel réservé sur Booking (Golden Phoenix Resort) nous dit que la chambre n'existe pas, « c'est plein ». On se retrouve redirigés chez un « partenaire » à 800 pesos par nuit au lieu des 350 prévus. On refuse, on crie, ils capitulent et nous trouvent une chambre dans une guest house inconnue mais convenable à 500 pesos. Pas d'eau chaude, pas de problème, l'eau froide est tiède de toute façon. Boracay déçoit. White Beach surpeuplée, restaurants avec menus touristiques gonflés (grilled fish 650 pesos, 11 euros). Le bruit des jet-skis à partir de 7 h du matin. On marche jusq'à Diniwid Beach au nord, c'est moins saturé mais plus rocheux. Repérage d'une petite warung locale, Talipapa Seafood Grill : crevettes grillées et riz pour 420 pesos (7 euros). Seuls touristes à la table, les Philippins mangent à côté, c'est bon signe. Jour 8-12 : Palawan, le cœur du voyageTransport Ceres nouveau depuis Caticlan (bus 6 h 30, route sinueuse infernale, 480 pesos). Arrivée à Puerto Princesa exténuée. Installation au Dachanglao Pension Inn (450 pesos/nuit), minuscule mais propre. La vraie beauté du voyage : la rivière souterraine de Puerto Princesa. On part à 6 h 30 d'un quai miteux du port nord. Bateau en bois, 18 touristes et un guide sérieux nommé Hermes. Entré dans la grotte, l'odeur de calcaire humide dominant tout. L'eau vert émeraude, stalactites qui dégoulinent. Hermes raconte qu'en 1990, la rivière n'était « que roches », comment le tourisme l'a « nettoyée ». Ambivalent. Coût : 1 200 pesos (20 euros) incluant le parc national. Trois jours avant la date limite, transfert vers El Nido en minibus (2 heures, 350 pesos). El Nido : le paradis des cartes postales devenu village touristique. Hôtel Tao Philippines, piscine de luxe, mais bungalows de basic standards. Lagoon tour (Big Lagoon, Small Lagoon) via bateau bancas de 7 h à 14 h, 1 100 pesos. Les falaises calcaires, le turquoise de l'eau : oui, c'est impressionnant. Mais partout des groupes en même bateau, nez brûlés par le soleil, musique à la radio philippine. Repérage d'une vraie adresse locale : Libog sa Sugpo (crabe frais cuit à la vapeur) au port. 800 pesos par portion, mais les pinces sont épaisses, la chair parfumée, le sambal vinaigré qu'ils servent pique les narines. Les pêcheurs mangent à côté, c'est un bon critère. Jours 13-14 : Retour et refluxBus Ceres retour vers Cebu (550 pesos), puis vol 5J 232 vers Manille. Temps d'attente à la gare routière de Cebu : 4 h. On attend sur des chaises en plastique poisseux. Un type nous parle d'arnaque, du gouvernement, de la criminalité. Pas rassurant mais humain. Dernier repas à Cebu City : Fuente Osmena (quartier historique, église baroque du 16e siècle), petit resto anonyme où on mange du kinilaw (ceviche local) pour 185 pesos. Acidité de la citron vert qui brûle la bouche, le poisson frais haché, des piments qui font transpirer.
Les bons plans repérés sur place.
Sanctuaire marin d'Oslob, Cebu : observer les requins-baleines depuis un kayak, arriver à 7 h 30 avant la foule
Rivière souterraine de Puerto Princesa : grotte 1,5 km, guide sérieux, entrée par le quai nord (6 h 30), compter 5-6 h totales
Lagoon tour à El Nido : Big Lagoon et Small Lagoon, barque locale au départ du port central, partir à 8 h
Marché Carbon à Cebu City : larsog et lumpia, le jeudi matin, moins touristique que les restaurants côtiers
Diniwid Beach, Boracay nord : contourner la plage principale, plus calme, 45 minutes de marche depuis White Beach
Photos — Cebu et Palawan
Et au final.
Deux semaines denses où l'adrénaline et la déception se sont battues. Les îles tiennent leurs promesses (eau cristalline, nourriture abordable), mais le tourisme de masse ronge les plus beaux endroits et l'arnaque aux touristes est systématique. On reviendrait pour Palawan, mais pas pour Boracay.
