Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport international de Punta Cana un mercredi à 14 h 30. Le vol Air Caraïbes était à l'heure, mais le bus de la compagnie Caribe Tours qui devait nous emmener jusqu'à Cabarete (150 km) a attendu presque deux heures avant de partir. Assis sur un siège qui sentait la sueur et le diesel, nous avons roulé pendant trois heures sur la Carretera 7 en écoutant de la reggaeton à plein volume. Notre hôtel, le Geminis, était un petit bâtiment jaune poussiéreux à deux rues de la plage. La chambre coûtait 55 euros la nuit. Pas de vue sur la mer, mais une clim qui fonctionnait (à peu près). Le premier soir, nous avons mangé un sancocho dominicain au Fuerte Bar & Restaurant : 180 pesos pour une assiette générosa de poulet, bananes plantain et bouillon riche, très salé. Le restaurant était bondé, les tables collées les unes contre les autres, et l'odeur de sofrito — mélange d'ail, d'oignons et d'épices — m'a suivi jusqu'à la rue. Les premières vagues et le kitesurf Nous avons loué des planches de surf auprès de Vela Loca Kite School, situé directement sur Cabarete Beach. Le moniteur était un gars sympa, Dominik, qui parlait français avec un accent prononcé. Levés à 5 h 30 pour attraper les vagues de l'aube, nous étions sur l'eau à 6 h. L'eau était à 28 °C, presque tiède. Les vagues n'étaient pas énormes ce jour-là, mais régulières. J'ai pris une vague qui m'a plaqué face contre le sable — moment pas très glorieux, mais c'est comme ça qu'on apprend. Cabarete est devenue célèbre pour le kitesurf dans les années 2000. Nous avons regardé pendant deux heures les kitesurfeurs déchirer l'eau, des drapeaux multicolores brillant au soleil. Nous n'avions pas le niveau pour ça. Le cours d'initiation chez Vela Loca coûtait 1 500 pesos (27 euros) pour deux heures. En fin d'après-midi, quand le vent tombe, la plage devient calme. Les restaurants commencaient à sortir leurs tables, et le moment entre 17 h et 19 h est magique — mais je ne peux pas l'écrire comme ça. Sosúa : tourisme de masse et déception Nous avons pris un guagua (minibus collectif) vers Sosúa, à 30 km au sud. Ces petits bus jaunes fluo attendent à la gare routière jusqu'à ce qu'ils soient remplis — cinq personnes, dix personnes, aucune limite. Nous y sommes montés à six. Le trajet a duré 45 minutes. Le prix : 50 pesos par personne (0,90 euro). Sosúa m'a déçu dès l'arrivée. La plage principale était encombrée de vendeurs de tresses, de coquillages et de services douteux. Un mec m'a suivi pendant 200 mètres pour me proposer de la drogue. Un autre, armé d'un grand sourire, voulait nous présenter « ses amis » pour une « vraie expérience dominicaine ». Nous avons vu des femmes en bikini partageant des chaises longues avec des hommes beaucoup plus âgés. L'ambiance n'était pas celle que nous cherchions. Le Jamboree Beach Club était l'un des rares endroits vraiment accueillants. Nous y avons bu des mamajuana (rhum, miel, écorce et herbes) servis à 120 pesos (2,20 euros) la dose. L'alcool était fort, presque brûlant dans la gorge. Nous avons observé des groupes de touristes allemands et hollandais qui parlaient fort, visiblement déjà soûls à 16 h. Juan Dolio : une pause plus calme Nous avons quitté Sosúa pour Juan Dolio, à l'ouest. Ce coin était plus tranquille, moins marchand. Nous avons loué une petite maison via Airbnb pendant trois nuits (120 euros). Le propriétaire, Carlos, était un retraité qui avait quasiment grandi ici. Il nous a recommandé le restaurant El Sueño, où nous avons mangé du mofongo (purée de bananes plantain avec du crabe) pour 280 pesos (5,10 euros). C'était délicieux, riche, assez différent du sancocho qu'on connaissait. Une matin, nous avons loué un scooter — grosse erreur. Après 15 minutes, le moteur a calé. Le loueur a dit qu'il fallait « attendre le mécano ». Nous avons attendu une heure sous un soleil de 32 °C. Finalement, il nous a remboursés, mais la demi-journée s'était envolée. Marché de Saint-Domingue et rhum artisanal Un jour, nous avons pris un bus jusqu'à Saint-Domingue (via Caribe Tours, 120 pesos, deux heures). Nous avons visité le Mercado Modelo, un marché couvert où chaque coin sentait différemment : fruits tropicaux, viande fumée, épices. Une vieille dame vendait des jus de maracujá (fruit de la passion) frais pressés pour 40 pesos le verre. Nous en avons bu trois chacun. Le moment marquant a été une visite à une petite distillerie de rhum clandestine — recommandée par Carlos — où un vieux monsieur nous a montré comment il préparait son propre rhum depuis 30 ans, dans une maison sans enseigne. Nous avons acheté une bouteille faite maison pour 200 pesos. Elle goûtait la canne à sucre brute. Les gendarmes n'ont pas semblé intéressés par cette vente. Les jours suivants Nous sommes revenus à Cabarete pour la dernière semaine. Nous avons fait du snorkeling à Encuentro Beach, vu des poissons tropicaux, nagé dans des eaux limpides à 29 °C. Pas de corail spectaculaire, mais quelques poissons sympas. Un café au Loco Café (excellent expresso dominicain à 80 pesos) chaque matin vers 8 h. Le soir, on s'assis au Onno's Bar & Restaurant, un bar très européen avec une clientèle de retraités belges et allemands, pour regarder le coucher de soleil. Nous avons rencontré deux autres voyageurs français qui nous ont parlé de la région de Jarabacoa, plus montagneuse, que nous n'avons pas eu le temps de visiter. Ils disaient qu'il y avait des cascades et de meilleures vibes, moins touristiques. Peut-être une prochaine fois.
Les bons plans repérés sur place.
Cabarete Beach au lever du soleil (5 h 30) pour surfer avec Vela Loca, avant l'arrivée des kitesurfeurs
Le sancocho du Fuerte Bar & Restaurant (180 pesos) : le vrai plat du pays, pas pour les touristes
Juan Dolio et ses plages sans vendeurs agressifs, plus calmes que Sosúa
Le Mercado Modelo de Saint-Domingue : jus de maracujá frais et ambiance dense
La petite distillerie de rhum clandestine recommandée par les locaux (expérience unique, même si légalement douteuse)
Photos — Cabarete / Sosúa
Et au final.
Deux semaines pleines. Nous avons aimé le surf, le rhum, les gens rencontrés. Sosúa nous a profondément déplu — trop commercial, trop glauque. Cabarete était notre endroit, bien que la vague de tourisme de masse y arrive aussi. Les prix restent très bas comparé à la France, ce qui permet de se loger correctement sans ruiner le budget. Nous reviendrions, mais en explorant les zones qu'on n'a pas eues : la montagne, les petits villages.
