Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Windhoek le 3 novembre à 14 h 30 avec Air Namibia, attendu 2 h 15 à la douane (bâtiment sans climatisation, vraiment chaud). Location de 4x4 auprès de Avis Windhoek center, tarif 890 NAD par jour. Direction Swakopmund via la B2, 350 km, route droite et monotone. Swakopmund nous a frappés d'entrée. Cette ville côtière allemande figée dans le temps, avec ses maisons colorées datant du début du XXe siècle, sent le sel marin mélangé à une humidité marine épaisse qui colle à la peau. On a logé au Strand Hotel (185 euros la nuit, vue sur l'océan Atlantique), déjeuner au Lighthouse Oyster Bar : huîtres namibiennes à 8 euros l'unité, crevettes sauce ail, blanc sec local du domaine Mulderbosch à 24 euros. L'accent allemand des serveurs, c'est déroutant. Premier jour galère : on avait réservé un tour « Sandwich Harbour » avec une compagnie locale. Le guide, Moses, n'a pas montré après 45 minutes. Appel à l'agence, finalement on nous propose une autre sortie 3 heures plus tard, départ 10 h au lieu de 7 h. On a manqué les conditions de lumière optimales. Le paysage reste fou quand même : dunes de 300 mètres qui dévalent jusqu'à l'océan, lacs d'eau douce au milieu du désert, otaries allongées sur le sable noir. À 15 h 30, retour glacé (vent de côte à 35 km/h, je n'avais qu'un pull). On a passé deux jours dans le désert du Namib proprement dit. Camp de base au Sossus Dune Lodge (350 km au sud de Swakopmund), nuit 320 euros, bungalow avec douche eau de pluie, repas collectif sous les étoiles. Levée à 4 h 45 pour monter la dune 45 au lever du soleil. Marche d'une heure trente sur le sable rouge vif, température 8°C au sommet, et là on comprend pourquoi on vient. La dune de 325 mètres vous écrase d'immobilité. Petit-déjeuner picnic à 6 h 30 : café instantané, pains lokis (pains plats namibiens faits maison par la lodge) avec confiture, orange locale à chair rose. Sensation du sable qui crisse sous les pieds, presque calmante. Ensuite photographie obsessionnelle pendant 2 h jusqu'à midi, puis retour dans le 4x4 climatisé. Nous avons vu aussi Deadvlei, la vallée morte : flaque asséchée entourée de dunes de 300 mètres, arbres fossilisés debout depuis 600 ans. Pas grand-chose à respirer, juste le crissement des grains de sable sous nos semelles, le ciel blanc écrasant, 42°C à 14 h. Photo à 7 h du matin bien plus supportable. Retour à Swakopmund pour trois jours. On a exploré le marché central (Jetty Street Market), vendredi matin : bruits de marchands parlant oshivambo, odeur de poisson frais (maquereau, maigre), fruits tropicaux, tissus en pagnes. On s'est arrêtés au Café Brétzel pour un cappuccino (4,50 euros) et un apfelstrudel allemand (5 euros) qui valait le coup. Le propriétaire, Hans, nous a parlé des tensions entre touristes et habitants sur les prix. Diner au Krapfenbauer Restaurant (réservation conseillée) : schnitzel de kudu à 28 euros, sauce aux champignons namibiens, bière Windhoek à 3,20 euros. Qualité décente, pas de surprises. Balade en fin d'après-midi à pied le long de la jetée (Swakopmund Jetty) construite en 1900. Mer grise, tempête approchant, gouttelettes salées qui piquent le visage. Dernier jour, excursion en catamaran au coucher du soleil (75 euros par personne, départ 17 h 15 au Mole). On a vu des dauphins à 150 mètres, trois otaries à fourrure, le soleil plongeant dans l'Atlantique vire soudain orange-rouge alors qu'on s'attend à du doré. Le vent refroidit rapidement après 18 h 30, pulls sortis. Un moment où on se sent vraiment à l'écart du continent africain. Difficultés rencontrées : eau du robinet en quantité limitée à la lodge (douches brèves recommandées), essence en rupture une fois à Solitaire (petit bled sur la route), prix des services touristiques gonflés pour les étrangers (négociation parfois nécessaire), peu d'options alimentaires variées en dehors de Swakopmund.
Les bons plans repérés sur place.
Dune 45 au lever du soleil (4 h 45 de réveil, ascension en une heure trente, paysage sans fin)
Sandwich Harbour avec Moses (lacs d'eau douce au milieu des dunes, otaries sur la plage noire)
Krapfenbauer Restaurant à Swakopmund (schnitzel de kudu à 28 euros, intérieur chaud allemand)
Jetty Street Market le vendredi (odeur de poisson frais, vendeurs oshivambo, atmosphère animée)
Catamaran au coucher de soleil (dauphins, otaries, coucher orange-rouge sur Atlantique gris)
Photos — Swakopmund et région du Namib
Et au final.
Douze jours concentrés, c'est serré mais suffisant pour digérer le Namib. Les dunes rouges et le désert imposent leur présence sans faire de nuance. Swakopmund plaît mais demande un effort : l'architecture coloniale vieille de 120 ans a besoin de rêve pour être attirante. Retour exigeant, pas de détente véritable.
