Damas sous tension : 10 jours entre souks et ruines de guerre
CarnetSyrie202610 jours

Damas sous tension : 10 jours entre souks et ruines de guerre

Nous avons atterri à Damas le 14 mars à 23h40 via la compagnie FlyDamascus depuis Beyrouth. L'aéroport international Bassel el-Assad était presque désert, pas de queue aux douanes. Un taxi blanc sans compteur nous a…

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Publié le · mis à jour le
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Le récit

Comment ça s'est passé.

Nous avons atterri à Damas le 14 mars à 23h40 via la compagnie FlyDamascus depuis Beyrouth. L'aéroport international Bassel el-Assad était presque désert, pas de queue aux douanes. Un taxi blanc sans compteur nous a menés à l'hôtel Bab Sharqi dans la vieille ville pour 800 livres syriennes (environ 3 euros au taux officiel, mais nous avons appris plus tard que le marché noir le doublait). La chambre sentait le jasmin et la moisissure humide mélangés — une odeur qu'on retrouvait partout dans les ruelles. Lever à 5h le premier matin pour traverser la médina avant la chaleur. Les souks d'Hamidiye — cette longue galerie couverte datant du 19e siècle — commençaient tout juste à s'animer. Un vendeur de café turc nous a proposé un minuscule verre à 200 LS (0,80 euro). Le goût était amer, épais, presque griteux, mais on en a commandé deux de suite. Les murs gris du souk restaient frais à cette heure. Puis nous avons marché vers la mosquée des Omeyyades. L'entrée était libre, mais un employé a murmuré qu'une « donation » était bienvenue. Nous avons donné 1000 LS sans vraiment vouloir — premier moment où on s'est sentis arnaqués. Les zones grises de la reconstructionRien ne prépare à voir des bâtiments éventrés à côté de petits restaurants qui fonctionnent encore. Nous avons emprunté le microbus ligne 41 (600 LS par personne) pour rejoindre le quartier de Jobar, à l'est. Le chauffeur roulait vite sur des routes défoncées, des trous béants à certains endroits. Deux habitants ont descendu avant nous — on a senti une tension dans le bus, personne ne parlait beaucoup. Des immeubles résidentiels criblés de trous de balles, certains effondrés, d'autres en cours de démolition. Les gens semblaient vaquer à leurs affaires malgré tout, comme si la normalité était une discipline à entretenir malgré la cicatrice urbaine. Le restaurant Elissr, rue Droite, nous a servis un mezze complet pour 3000 LS (environ 12 euros). Hummus crémeux, feuilles de vigne, brochettes d'agneau encore tiédissantes, pain frais sorti d'un four en pierre visible de la salle à manger. Une femme à la table voisine nous observait en silence, puis a souri brièvement. Ce moment m'a rappelé que les gens ici ne demandaient probablement qu'une chose : qu'on vienne les voir tels qu'ils sont, pas comme des victimes d'un musée vivant. Galère logistique et surprisesObtenir de l'argent liquide s'est avéré cauchemardesque. Les distributeurs acceptaient rarement les cartes bancaires étrangères. Nous avons dû nous présenter trois fois à la banque al-Baraka, rue Jalaani, avant qu'un employé ne change nos euros au comptoir. Le taux proposé était environ 30 % moins intéressant que celui du marché noir. Les habitants échangeaient des devises dans des petits restaurants, chuchotaient les tarifs, mais nous n'avions pas assez confiance pour tenter l'expérience. Un jour, nous avons voulu visiter le château de Saladin à Qalaat al-Hosn, à 160 km au nord. Le seul service de minibus régulier partait de la gare Baramkeh à 6h du matin. Nous nous sommes trompés de route, avons dû refaire le trajet en taxi. Le château lui-même était fermé pour travaux. Trois heures perdues. Frustration brève, mais cela reflétait la réalité : beaucoup d'attractions ne fonctionnent pas normalement, certaines routes sont imprévisibles, les horaires sont davantage des suggestions. Derniers momentsLes deux derniers soirs, café Oz à côté du théâtre d'Al-Hamra, petit établissement avec des sofas rouge usé et une machine à café italienne bruyante. Un espresso raisonnable à 400 LS. Nous avons observé des jeunes Damascènes se retrouver, rire, utiliser leurs téléphones. La vie continuait, simplement, sans grande déclaration. Ce qui nous a frappés, c'était la banalité de l'existence : travailler, manger, socialiser, dormir. Pas de dramatisation, juste le quotidien dans ses murs fissurés.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Souk d'Hamidiye au lever du soleil — galerie couverte du 19e siècle, café turc épais à 200 LS, murs frais avant 6h

2

Mosquée des Omeyyades — cour intérieure avec fontaine en marbre, colonnes restaurées, silence presque total le matin

3

Restaurant Elissr rue Droite — mezze complet 3000 LS, brochettes d'agneau, pain du four à pierre visible

4

Quartier de Jobar en microbus ligne 41 — architecture de reconstruction, immeubles marqués par l'histoire récente, habitants quotidiens

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Café Oz près du théâtre d'Al-Hamra — espresso 400 LS, petite fenêtre sur la vie sociale locale, sofas rouges usés

Album · 8 photos

Photos — Damas

Damas sous tension : 10 jours entre souks et ruines de guerre
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Conclusion

Et au final.

Damas ne s'offre pas facilement, et c'était justement pour ça qu'on y est allés. La ville respire encore, mais son rythme n'est pas celui des guides touristiques. Ce qu'on a aimé : la générosité des gens, la qualité brute de la nourriture, l'absence de faux-semblants. Ce qu'on a moins aimé : l'imprévisibilité frustrante, les coûts cachés, l'inquiétude constante d'avoir choisi le mauvais moment pour venir.

En résumé

Avis Damas : carnet de voyage de 10 jours par marcalex-voyageur

Destination
Damas
Pays
Syrie
Durée
10 jours
Période
mars · Printemps
Note du voyageur
3/5
Voyageur
@marcalex-voyageur
L'essentiel

Damas en bref

Pourquoi choisir Damas

  • Souks historiques couverts (Hamidiye) datant du 19e siècle en bon état
  • Générosité remarquable des habitants et accueil spontané des voyageurs
  • Nourriture locale brute et savoureuse (mezze, agneau, café turc) à petits prix
  • Perspective unique sur la reconstruction urbaine et la résilience contemporaine
  • Absence de sur-touristique et authenticité de la vie quotidienne damascène

Pour qui ?

  • Voyageurs cherchant l'authenticité loin des circuits touristiques
  • Curieux de géopolitique et de résilience urbaine contemporaine
  • Amateurs de cuisine levantine et d'exploration culinaire brute
  • Photographes intéressés par l'urbain et l'architecture en transition
  • Explorateurs tolérables à l'imprévisibilité et logistique complexe

À éviter si…

  • Vous recherchez confort, prévisibilité et infrastructure touristique standardisée
  • Vous êtes sensible aux traces visibles de conflits urbains et destruction architecturale
  • Vous ne tolérez pas l'imprévisibilité logistique (fermetures d'attractions, transports décalés)
  • Vous avez besoin d'accès bancaire facile et taux de change avantageux
À découvrir aussi
Aéroport international Bassel el-AssadSouks d'HamidiyeMosquée des OmeyyadesMédina de DamasQuartier JobarRue Droite (Midhat Pasha)Gare BaramkehChâteau de Saladin (Qalaat al-Hosn)Théâtre Al-HamraBeyrouthMont HermonPalestro (zone voisine)

Photos communautaires : Damas

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Souk
Souk
© Bagolina
Porte dans la vieille ville de Damas
Porte dans la vieille ville de Damas
© Bagolina
Il a osé !
Il a osé !
© jfgornet
Damas
Damas
© jfgornet
Dessous de Damas
Dessous de Damas
© jfgornet
Mode et voiles (2)
Mode et voiles (2)
© jfgornet
5 years ago, Syrian rally : stop bombing Idlib
5 years ago, Syrian rally : stop bombing Idlib
© Jeanne Menjoulet
Ruelle de Damas
Ruelle de Damas
© mickou
Questions fréquentes

FAQ — Damas

Comment accéder à Damas et combien coûte le trajet de l'aéroport ?

L'aéroport international Bassel el-Assad reçoit des vols internationaux comme FlyDamascus depuis Beyrouth. Un taxi blanc non-compteurisé coûte environ 800 livres syriennes (3 euros au taux officiel) jusqu'à la vieille ville. Négocier le prix avant de monter est recommandé.

Quels sont les principaux souks de Damas à visiter ?

Les souks d'Hamidiye constituent la galerie couverte majeure datant du 19e siècle, idéale pour explorer à l'aube avant la chaleur. On y trouve cafés turcs, textiles et produits locaux. L'atmosphère est plus authentique tôt le matin, vers 5-6h.

La mosquée des Omeyyades est-elle accessible aux visiteurs ?

L'entrée est officiellement libre mais une donation est généralement attendue (1000 LS minimum observé). C'est l'un des plus anciens sanctuaires islamiques, situé en centre-ville près de la médina.

Comment se déplacer à Damas et quel budget prévoir ?

Les microbus sont le transport principal (600 LS par trajet). Les taxis blancs sans compteur nécessitent une négociation préalable. Les services de minibus inter-villes partent de la gare Baramkeh (6h matin typiquement). Prévoir des retards et imprévisibilité fréquents.

Où retirer de l'argent et quel est le taux de change ?

Les distributeurs refusent souvent les cartes étrangères. La banque al-Baraka propose des changes au comptoir, mais à un taux 30% moins favorable que le marché noir. Les résidents locaux échangent devises dans les restaurants, mais c'est risqué pour les touristes.

Quel budget alimentation pour 10 jours à Damas ?

Un mezze complet (hummus, feuilles de vigne, brochettes, pain) coûte 3000 LS (12 euros). Le café turc : 200 LS. Un espresso : 400 LS. Budget quotidien alimentaire : 25-40 euros pour deux personnes avec restaurants corrects.

Quels quartiers visiter et que voir au-delà du centre ?

Jobar à l'est montre les zones grises de reconstruction avec bâtiments endommagés et restauration en cours. Le château de Saladin (Qalaat al-Hosn) à 160 km nord existait mais était en travaux lors du voyage. Vérifier l'accessibilité avant de planifier.

Quel hébergement en vieille ville et ambiance générale ?

L'hôtel Bab Sharqi offre l'immersion médina avec odeurs caractéristiques (jasmin, humidité). Petits établissements avec charme brut, loin du confort hôtelier occidental. Bon pour l'expérience authentique, moins pour le luxe.