Damas en novembre : entre ruines et hospitalité fragile
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Damas en novembre : entre ruines et hospitalité fragile

Je suis arrivé à Damas par un vol Turkish Airlines via Istanbul, le 3 novembre. L'aéroport était calme, presque vide. Les formalités ont pris trois heures — pas de problème majeur, juste une lenteur administrative. J'ai…

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Publié le · mis à jour le
8 jours1 album3/5
Le récit

Comment ça s'est passé.

Je suis arrivé à Damas par un vol Turkish Airlines via Istanbul, le 3 novembre. L'aéroport était calme, presque vide. Les formalités ont pris trois heures — pas de problème majeur, juste une lenteur administrative. J'ai pris un taxi blanc jusqu'à l'hôtel Old City House, rue Hannania, à 5 km du centre. Le chauffeur, Mohammed, m'a raconté qu'il attendait les touristes depuis des années. Les premières odeurs qui m'ont frappé en descendant de voiture : celle du fuel diesel mélangée à l'encens — une combinaison qu'on retrouve partout ici. L'hôtel, un riad traditionnel avec cour intérieure datant du XVIIe siècle, coûtait 45 euros la nuit. Les murs étaient peints en bleu fané, les carreaux cassés çà et là. Le patron, Hassan, parlait français et m'a averti dès le premier jour : « Les routes changent. Il faut checker avant de partir. » Les souks et le chaos organiséLe 4 novembre, je me suis levé à 6 h pour explorer le Souk Al-Hamidiyya, le plus grand marché couvert du Moyen-Orient. J'ai acheté un café à la cardamome chez Um Ali (un petit café sans enseigne, à gauche en entrant) pour 0,50 euro. Le goût était intense, presque sucré, mais sans sucre ajouté. Les vendeurs criaient les prix des bracelets en cuivre (2-3 euros), des soies brodées (8-15 euros), des épices en poudre qui formaient des nuages jaunes quand on les versait. J'ai essayé des pâtisseries aux pistaches chez Bakdash — un établissement qui existe depuis 1895 — pour 1,20 euro. Elles fondaient sur la langue, avec un léger goût d'eau de rose. Le premier coup dur : j'ai perdu mon portefeuille dans le souk vers 10 h. Un pickpocket, clairement. Un jeune garçon qui traînait près de moi avait de la dextérité. J'ai d'abord paniqué — cartes, argent, papiers. Mais Hassan, mon hôtelier, connaissait un policier. Après six heures d'attente au commissariat du quartier de Bab Touma, j'ai récupéré mon portefeuille intact. L'officier m'a dit en souriant : « Vous avez de la chance. Il n'y a plus beaucoup de voleurs dignes de confiance. » La mosquée Omeyade et le silenceLe 5 novembre, j'ai visité la Grande Mosquée Omeyade. L'entrée coûte 3 euros environ. J'ai dû enlever mes chaussures et m'accroupir pour passer sous les portes basses — un détail qui mettait mal à l'aise mon dos. À l'intérieur, il y avait peut-être une vingtaine de fidèles en prière. La température était fraîche, presque froide. L'acoustique amplifie chaque pas — on entend le marbre craquer. Je me suis assis dans une alcôve pendant une heure, sans parler, regardant la lumière entrer par les vitraux. C'était un moment où on était vraiment seul avec soi-même. Pas de groupe de touristes, pas de bruit. Juste le son des chuchotements en arabe et celui des pigeons dehors. En sortant, j'ai mangé un sandwich au kebab chez Mohamed (rue de la Mosquée, juste au sud) : pain pita, viande marinée, tomates, oignons. Coût : 1,80 euro. Le propriétaire m'a offert un thé à la menthe gratuit — un geste qu'on ne s'attend pas à recevoir après une arnaque trois jours plus tôt. Palmyre et les routes imprévisiblesLe 6 novembre, j'ai loué une voiture auprès d'une agence appelée Rent-a-Car Damascus (rue Maysalun). Coût : 35 euros/jour pour une Kia vieille de dix ans. J'ai roulé vers Palmyre, à 215 km au nord-est. La route était partiellement détruite — asphaltée, puis soudain de la terre battue, puis à nouveau bitume. Pas de panneaux. J'ai dû appeler Mohammed, mon chauffeur de taxi, par WhatsApp pour qu'il me guide par téléphone. Arrivée à Palmyre vers 15 h. Les ruines du site antique : incroyablement silencieuses. Quelques habitants du village moderne, très peu de restauration visible. L'air était sec et poussiéreux. J'ai dormi à l'hôtel Zenobia (40 euros la nuit), dont la climatisation ne fonctionnait qu'une heure par jour. Le dîner au restaurant de l'hôtel : soupe de lentilles rouges, pain, riz pilaf, poulet rôti. Coût total : 8 euros. Le repas était correct mais sans surprises. Malula et sa grammaire vibranteLe 7 novembre, j'ai roulé vers Malula, 60 km au nord-ouest, le village où on parle l'araméen. Montée vertigineuse sur une route étroite. Arrivée vers midi. Le couvent de Sainte-Tekla en terrasse. Température : 18°C environ. L'air sentait l'herbe sèche et la pierre chauffée par le soleil. Un moine m'a accueilli en arabe, puis en anglais hésitant. L'église intérieure était sombre, avec des icônes byzantines noircies par l'âge. Je suis resté deux heures. Déjeuner dans une petite échoppe du village : oeufs brouillés aux tomates, fromage blanc, olives. Coût : 2,50 euros. Le retour vers Damas a été chaotique. Un chèque de police m'a arrêté à un contrôle. Papiers vérifiés, questions sur ma nationalité. Tout était en règle, mais ça m'a rappelé qu'on était loin des sentiers touristiques sécurisés. Le trajet a duré quatre heures au lieu de deux. Les derniers joursLe 8 novembre, j'ai passé ma dernière journée à flâner dans le quartier chrétien, Bab Touma. J'ai acheté des livres en français chez une libraire (rue al-Qaimaqam). Déjeuner au Café Nozha, une petite terrasse avec vue sur les murs anciens : hummus, pita, jus de grenade frais pressé. Coût : 3,50 euros. Le jus avait un goût acidulé intense — clairement une grenade du jour. Mohammed, mon chauffeur, m'a accompagné à l'aéroport. En route, il m'a dit : « Vous êtes revenu. Beaucoup de touristes disent qu'ils reviendront, mais ils ne reviennent pas. » Il avait raison.

À ne pas rater

Les bons plans repérés sur place.

1

Souk Al-Hamidiyya : matin tôt, café à la cardamome chez Um Ali, perdre du temps à négocier les prix des épices

2

Grande Mosquée Omeyade : silence intérieur, lumière des vitraux vers 14 h, arrivée tardive pour moins de foule

3

Palmyre, 215 km au nord-est : louer une voiture, prévoir six à sept heures de trajet selon l'état de la route

4

Malula : couvent de Sainte-Tekla en fin de matinée, petits restaurants sans enseigne au pied du village

5

Bab Touma la nuit : ruelles calmes après 20 h, cafés discrets, moins de touristes en soirée

Album · 8 photos

Photos — Damas

Damas en novembre : entre ruines et hospitalité fragile
Damas — 2
Damas — 3
Damas — 4
Damas — 5
Damas — 6
Damas — 7
Damas — 8
Conclusion

Et au final.

Damas m'a confronté à une réalité décalée entre l'imagerie orientaliste et la vie réelle d'une ville en reconstruction. L'hospitalité était authentique, mais fragile. Les sites antiques impressionnent moins qu'on l'imagine sur photos. L'insécurité perçue — même mineure — crée une tension constante qui fatigue.

En résumé

Avis Damas : carnet de voyage de 8 jours par marcusv-travel

Destination
Damas
Pays
Syrie
Durée
8 jours
Période
novembre · Automne
Note du voyageur
3/5
Voyageur
@marcusv-travel
L'essentiel

Damas en bref

Pourquoi choisir Damas

  • Marché couvert historique parmi les plus grands du Moyen-Orient avec artisanat authentique
  • Tarifs ultra-accessibles : hébergement 45 euros, repas 2-8 euros, location voiture 35 euros/jour
  • Ruines antiques de Palmyre à 215 km offrant silence et atmosphère méditative rare
  • Village araméen de Malula conservant langue et architecture byzantine intactes
  • Hospitalité locale authentique et interactions humaines non commercialisées

Pour qui ?

  • Voyageurs en quête d'authenticité au-delà du tourisme de masse
  • Explorateurs tolérant l'imprévu et l'improvisation logistique
  • Archéologie et histoire antique passionnés
  • Budgetaires cherchant destinations ultra-abordables
  • Personnes intéressées par patrimoine linguistique rare et iconographie byzantine

À éviter si…

  • Vous recherchez stabilité logistique et itinéraires garantis sans contrôles
  • Vous avez besoin de services touristiques modernes et bien balisés
  • Vous êtes sensible aux tensions géopolitiques ou à l'imprévu administratif
  • Vous voyagez avec enfants ou personnes à mobilité réduite
À découvrir aussi
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Photos communautaires : Damas

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Souk
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© Bagolina
Porte dans la vieille ville de Damas
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Il a osé !
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Damas
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Dessous de Damas
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Mode et voiles (2)
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5 years ago, Syrian rally : stop bombing Idlib
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Ruelle de Damas
Ruelle de Damas
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Questions fréquentes

FAQ — Damas

Est-il sûr de voyager à Damas en 2024 ?

La sécurité reste relative. L'auteur a expérimenté un vol à la tire au souk et un contrôle de police sur la route de Malula, rappelant qu'on est loin des sentiers touristiques sécurisés. Les déplacements nécessitent prudence et vérification préalable des itinéraires auprès des hôteliers locaux.

Quel est le meilleur moment pour visiter Damas ?

Novembre est viable : températures modérées (18°C à Malula), moins de chaleur extrême qu'en été. Cependant, les routes peuvent être imprévisibles. L'auteur recommande de checker les conditions avant chaque déplacement et de rester flexible.

Combien coûte un voyage à Damas ?

Budget très accessible : hôtel 45 euros/nuit, repas 1,80-8 euros, location voiture 35 euros/jour. L'auteur a dépensé environ 400-500 euros pour 8 jours avec visites. Les prix sont nettement inférieurs aux destinations touristiques classiques.

Que visiter absolument à Damas ?

Le Souk Al-Hamidiyya (plus grand marché couvert du Moyen-Orient), la Grande Mosquée Omeyade pour son acoustique et ses vitraux, Palmyre pour ses ruines antiques silencieuses (215 km), et Malula pour son patrimoine araméen et byzantin.

Faut-il louer une voiture pour explorer la région ?

Recommandé pour Palmyre et Malula, mais routes imprévisibles (asphaltées puis terre battue). L'auteur a dû se faire guider par téléphone. Alternative : négocier avec un chauffeur taxi local comme Mohammed pour journées complètes.

Les habitants sont-ils accueillants envers les touristes ?

Oui, l'hospitalité est authentique : Hassan avertit gratuitement, le policier récupère le portefeuille volé intact, Mohamed offre du thé gratuit. Cependant, cette hospitalité apparaît fragile dans un contexte d'instabilité.

Quels restaurants recommander à Damas ?

Bakdash pour pâtisseries aux pistaches depuis 1895 (1,20 euro), Um Ali pour café à la cardamome (0,50 euro), Mohamed rue de la Mosquée pour kebab (1,80 euro), Café Nozha à Bab Touma pour hummus et jus de grenade (3,50 euros).

Y a-t-il une vie touristique active ?

Non, l'aéroport était quasi vide, les sites peu fréquentés. La Grande Mosquée avait environ 20 fidèles, Palmyre était silencieuse et peu restaurée. Cela crée une expérience d'authenticité mais exige une certaine tolérance à l'imprévu.