Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Léopold Sédar Senghor à 14 h après 6 heures de vol direct avec Air Senegal. Première impression : chaleur humide écrasante (32 °C), odeur de diesel et de frit qui s'échappe des petits restaurants de la route. Taxi sans compteur négocié à 7 000 CFA (11 euros) jusqu'à l'Hôtel Ndiaye Orient dans le quartier de la Médina. Chambre correcte mais le ventilateur bruyant (réveil à 3 h, impossible à endormir). Deuxième jour, exploration de Dakar centre. J'ai pris le bus Dakar Dem Dikk numéro 8, bondé de monde. Passage obligé au marché Tilène : odeur intense de poisson séché et d'épices, bousculades constantes. Arnaque légère d'un vendeur d'artisanat qui prétendait que sa « sculpture en bois » était du vrai ébène (prix gonflé à 15 000 CFA, j'ai refusé). Déjeuner à la gare routière Pompiers : thiéboudienne chez Awa (6 000 CFA, très bon, portions généreuses). Le riz tachété de sauce tomate et le poisson blanc bien cuit, accompagné de cacahuètes écrasées. Moment savoureux. L'île de Gorée, le point fort du séjour. Ferry depuis le Quai 4 du port de Dakar (2 000 CFA l'aller-retour, 20 minutes). Maisons coloniales jaunes et vertes décaties mais charmantes. Visite du Musée de la Maison des Esclaves : franchir la Porte du Non-Retour m'a noué la gorge. Guide attentif qui a expliqué précisément les conditions d'embarquement, les enclos souterrains. C'est un lieu dense, impossible d'en sortir sans poids dans la poitrine. Pas « émouvant » au sens facile du terme, juste brutalement réel. Balade sur les chemins de terre rouge de Gorée, restaurants de plage : j'ai commandé une salade de poulpe chez Yolande (8 000 CFA). La texture, légèrement ferme, le citron frais versé dessus. Eau turquoise, sable blanc, mais aussi des déchets plastiques autour des ancrages de bateaux. Réalité moins romantique. Retour à Dakar. Dîner au restaurant La Fourchette (Plateau) : mafé de boeuf (8 500 CFA), sauce arachide onctueuse, riz blanc banal. Terrasse avec vue partielle sur la baie, vendeurs de cartes postales insistants. J'en ai acheté deux à 500 CFA chacune pour m'en débarrasser. Derniers jours moins structurés. Passage au Musée IFAN pour l'art sénégalais, intéressant mais petit, fermé le lundi (piège). Balade au Phare de Mamelles, accès en voiture (taxi à 5 000 CFA depuis la place de l'Indépendance). Coucher de soleil sur l'océan Atlantique à 18 h 45, légèrement voilé par la pollution urbaine. Les couleurs orange et rose, même atténuées, valaient le détour. Achats de souvenirs au Village des Artisans de Soumbédioune : prix moins gonflés qu'au marché. Tam-tam en bois pour 12 000 CFA, boîte en cuir pour 8 000 CFA. Petit-déjeuner régulier à la Pâtisserie Sey du Plateau : café très noir, pain beurreur chaud (2 000 CFA), beignets à l'œuf sucré (1 000 CFA). Rituel quotidien salvateur. Dernier soir, dîner à bord d'une pirogue aménagée près de la plage de Ngor : grillades de poisson frais (10 000 CFA avec salade). Musique live « cover » très régionale, ambiance bruyante mais vivante. Retour à l'hôtel vers 22 h, épuisé mais satisfait.
Les bons plans repérés sur place.
Île de Gorée et Musée de la Maison des Esclaves — prendre le ferry Quai 4 à 8 h pour éviter la foule
Marché Tilène en fin de matinée — odeur de poisson séché, vraiment immersif
Thiéboudienne chez Awa à la gare Pompiers — meilleur rapport qualité/prix (6 000 CFA)
Phare de Mamelles au coucher de soleil (18 h 45) — parking bien indiqué
Salade de poulpe chez Yolande à Gorée — commander 30 min avant si possible
Photos — Dakar et Gorée
Et au final.
Dakar m'a surpris : pas la ville sage des brochures, mais dense, bruyante, contradictoire. Gorée vaut vraiment le détour, surtout pour son musée. Moins aimé : la circulation anarchique, les coupures d'électricité à l'hôtel deux soirs, la pression constante des vendeurs. Mais le rapport humain, la bouffe, la charge historique : mémorables.
