Comment ça s'est passé.
Arrivée à l'aéroport Blaise Diagne à 14h30, après un vol Air Senegal de 6 heures depuis Paris. La chaleur m'a frappée dès la sortie de l'avion : 34°C, humidité écrasante, odeur d'essence et de mangue pourrie mélangées. Le taxi blanc-bleu jusqu'au quartier du Plateau m'a coûté 4 500 CFA (7 euros) au lieu des 3 000 négociés. Le chauffeur s'est arrêté trois fois pour fumer, ce qui m'a énervée, mais j'ai vite compris que c'était normal ici. J'ai dormi à l'hôtel Keur Galla, rue Abdoulaye Fadiga, petit établissement tenu par un couple de Français depuis 2008. Chambre 12, ventilateur bruyant, douche froide le matin mais eau chaude le soir. Le petit-déjeuner (oeufs, pain grillé, jus de bissap frais) coûtait 5 000 CFA. Le gérant m'a prévenue : pas de promenade seule après 22h dans le Plateau. J'ai respecté. Premier jour au marché KermelLevée à 5h30 pour aller au marché Kermel, petit marché couvert du centre-ville. Odeur intense de poisson fumé, cacahuètes grillées, tomates et oignons mélangées. Le vacarme des vendeuses négociant, un contraste total avec le calme de Lyon. J'ai acheté des mangues (500 CFA le kilo), du jus de tamarin préparé sur place par une femme d'une soixantaine d'années. Elle m'a servi dans un gobelet plastique, 300 CFA. Délicieux, acidulé, légèrement sucré. Moment marquant : une petite fille d'environ 8 ans vendait des bracelets en perles, me suivait partout. J'en ai acheté trois. Elle m'a dit que l'argent servirait pour l'école. Je ne saurai jamais si c'était vrai. Galère du minibus pour GoréeLe jeudi matin, j'ai pris le bateau pour l'île de Gorée depuis le port de Dakar. Billet 3 000 CFA aller-retour. Traversée 15 minutes, mer agitée, j'ai eu mal au coeur. L'arrivée à Gorée : maisons rose, jaune, bleu ciel alignées sur les petites rues pavées. Pas de voitures, seulement des ânes et des piétons. Silence relatif, brise marine, odeur de sel. Visite de la Maison des Esclaves, bâtiment rose pâle dominant la mer. Tarif 3 000 CFA. Le guide, Ibrahima, parlait français avec un accent sérère marqué. Récit des conditions horrible mais présenté de manière factuelle. Moment lourd, déprimant même. On aurait voulu plus de sensations, moins de voix monocorde. J'ai mangé après sur la terrasse du restaurant Madiba, face à la mer : thiéboudienne (plat de riz et poisson) 8 000 CFA, très bon, portions généreuses. Arête coincée entre les dents. Pas dramatique. Dakar la nuit, Almadies et casse-tête touristiqueSoirée au restaurant La Salière, avenue Cheikh Anta Diop, quartier Almadies. Crêpes sucrées-salées (prix menu 6 500 CFA), bière Flag locale. Tables en bois, murs décorés de tableaux de peintres sénégalais, ambiance décontractée. J'ai discuté avec une fille sénégalaise en service civil, elle m'a parlé du chaos politique récent. Ambiance ni festive ni sinistre, juste réelle. Dîner au restaurant Espace Saint-Michel, plat principal gambas-riz (9 000 CFA), vin marocain médiocre. L'addition : surfacturage classique pour touriste occidental. J'ai repéré plusieurs hôtels mais les tarifs affichés doubles des prix réels après négociation. Musée du IFAN et Grande MosquéeMardi matin, visite du musée du IFAN (Institut Français d'Afrique Noire), bâtiment blanc imposant, collection de masques, statues, instruments. Tarif 2 000 CFA, gratuit pour ressortissants CEDEAO. Très peu de visiteurs. Collection intéressante mais mal étiquetée. Gardien qui dormait sur une chaise. Durée : 45 minutes, trop court pour la qualité du lieu. Grande Mosquée rose de Dakar : impossible d'entrer en tant que femme non-musulmane sans autorisation. Admiration de l'extérieur. Avenues géométriques autour, pas très engageant pour une balade piétonne. Transport et dernier jourBus Dakar Dem Dikk ligne 3, trajet Plateau vers Ouakam, billet 500 CFA. Entassement, climatisation défaillante, mais très local. Petite pharmacie Pharmacie Union, rue Mermoz, où j'ai acheté antiseptique pour écorchure (1 200 CFA). Dernier jour, retour à Blaise Diagne. Attente de 4 heures due à problème de bagages pour un passager. Air Senegal a distribué des jus d'orange tièdes. Décollage 22h45 au lieu de 18h30. J'aurais pu être énervée mais épuisement avait pris le dessus.
Les bons plans repérés sur place.
Marché Kermel le matin à 6h, goûter le jus de tamarin frais préparé sur place
Île de Gorée, prendre le bateau depuis le port le matin et flâner sans montre
Restaurant La Salière avenue Cheikh Anta Diop pour crêpes et bière locale
Musée du IFAN pour masques sénégalais mais visiter avant 11h
Thiéboudienne authentique au restaurant Madiba face à la mer à Gorée
Photos — Dakar
Et au final.
Dakar et Gorée m'ont donné une vision sincère du Sénégal : chaleur agréable, gens directs et curieux, nourriture excellente, mais aussi surcoûts touristiques réguliers et organisation parfois chaotique. Je reprendrais volontiers, mais sans grande attente de perfection cette fois.
