Comment ça s'est passé.
Arrivée à Chiang Mai le 15 novembre en fin d'après-midi via Bangkok Airways. L'aéroport est minuscule, à peine 20 minutes de songthaew jusqu'au vieux quartier. On a loué une scooter 125cc chez Asia Rental (200 bahts par jour) sans vraiment savoir conduire à gauche. Grosse erreur. Les premières heures ont été chaotiques : deux fois pressé contre des tuk-tuk, une fois dans un fossé sec à l'intersection Huay Kaew Road/Ratchamankha. Les mains qui tremblent. Les pieds qui brûlent malgré 15°C. J'ai dormi au Baan Kang Wat, une guesthouse au bord de la Ping River. Chambre spartiate mais propre, 600 bahts la nuit. Le bruit du scooter des voisins à 6h du matin devient vite normal. Puis on arrête de l'entendre. C'est comme ça, Chiang Mai : on s'y habitue ou on casse. À 5h30, levé pour rejoindre un groupe de bénévoles au Elephant Nature Park, à 1h30 en voiture. L'odeur du fumier d'éléphant mélangée à celle de la terre mouillée après les pluies du mois dernier. Les trompes froides et humides sur nos mains. Un jeune mâle, Somdej, avait une cicatrice au flanc : elle mesurait au moins 15 cm. Pris par la gorge en le voyant manger une banane comme si de rien n'était. Les temples, c'est obligatoire, mais on ne visite pas Wat Phra Singh comme les 200 touristes du même jour. On y va à 16h, quand les cars repartent. Les moines assis en cercle chantent ; l'écho dans la salle d'or ressemble à des fréquences radio lointaines. On n'y comprend rien mais ça va. Ils ne parlent pas anglais, on ne parle pas pali. C'est ça qui marche. Le temple Wat Chedi Luang, lui, a un dôme de 60 mètres qui pèse lourd. Littéralement : construit en 1401, endommagé par un séisme en 1545. Encore debout. Première grosse galère au marché Warorot le 19 novembre. On a mangé un pad thai à un stand (le stand jaune près de l'échoppe d'huiles aromatiques). 40 bahts. Goût prononcé de tamarin et d'arachides, sauce qui dégouline. Délicieux. Deux heures après, le ventre dit non. Arrêt d'urgence à Boots Pharmacy (près de la gare Chiang Mai) : Imodium, Gaviscon, regards en biais de la pharmacienne. Les trois jours suivants à manger que du riz blanc et des bananes. Humiliant. Réaliste. On a pris un bus de nuit (Nakhonchai Air, compagnie jaune/rouge reconnaissable) jusqu'à Bangkok le 25. Départ à 19h depuis la Northern Bus Station (Arcade), arrivée à Morchit à 6h. Crampes dans les jambes, mal au cou, mais arrivé entier. Le bus coûtait 420 bahts, avait des rideaux qui ferment, climatisation à fond. Les Thaïs dormaient. On dormait pas, on regardait les phares des voitures passer par le hublot. Dernier jour, ballade en scooter jusqu'à Baan Tawai (le quartier des menuisiers, au sud). Les coups de marteau, le bruit du bois raboté. Des hommes en short qui sculptent des bouddhas. On en a acheté un (faux, évidemment) pour 800 bahts. Il pèse 2 kilos. Les scandales d'exportation de teck qui font la une des journaux : zéro impact sur la vie locale. Tout le monde vend du bois. Cuisine résumée : pad krapow moo (porc sauté/riz) au Huen Phen (100 bahts, 7h-20h). Khao soi à dix endroits, goût pareil partout (200 bahts maximum). Mango sticky rice à la Night Bazaar (60 bahts). Bière Chang glacée en soirée pour 60 bahts à la canette. Viande pas sûr que ce soit viande. Goût suspect. Pas regrette.
Les bons plans repérés sur place.
Elephant Nature Park (sanctuaire sans chaînes, sortie matinale incluse, Somdej le mâle cicatrisé)
Marché Warorot à 7h avant l'affluence (stand jaune pad thai au sud-est)
Wat Chedi Luang la nuit une fois fermé au public (cour calme, jeu de lumière sur le dôme de 1401)
Baan Tawai menuiserie (menuisiers en action le matin, sculptures faux/vrais teck, 800 bahts la pièce)
Bus de nuit Nakhonchai Air vers Bangkok (prise de conscience du cul qui dort pas, vrais trajets humains)
Et au final.
Chiang Mai en deux semaines, c'est court et c'est long. On revient épuisé, oreilles pleines de bruit de moteur, peau brûlée par le soleil de novembre. La galère digestive du 19 et le chaos scooter des deux premiers jours auraient pu ruiner le voyage. Ça n'a rien ruiné du tout. C'est juste que c'est pas la Thaïlande de carte postale : c'est bruyant, improvisé, parfois sale, souvent magn... attendez non, c'est juste vrai.







