Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport international de Chiang Mai vers 14h30, moites et épuisés après 2h30 de vol depuis Bangkok sur Thai Airways. La chaleur nous a frappés de plein fouet à la sortie, pas la chaleur sèche qu'on imaginait mais humide, étouffante, mélangée à l'odeur de diesel des motos-taxis. Louer une scooter Yamaha 125cc au guichet de la gare routière (350 baht/jour, soit 9€) s'est avéré être la meilleure décision, même si au premier carrefour je me suis trompée de côté de la route. Petit moment de panique. On a posé nos affaires à l'hôtel Tamarind Village, rue Nimmanhaemin, chambre climatisée à 650 baht (17€/nuit). L'accueil était correct mais pas chaleureux, juste professionnel. On a mangé ce premier soir au marché de nuit Warorot, près du fleuve Ping, vers 18h30. Un vendeur nous a proposé des khao soi (nouilles curry à la viande) pour 40 baht, goût riche, curry un peu trop sucré à mon avis, accompagné d'œuf dur et d'oignons verts frits. Le prix était évidemment gonflé pour des touristes, mais on a payé sans discuter. La foule, les petites lumières LED accrochées partout, l'odeur de charbon et de mille plats différents qui se mélangent : c'était bruyant mais vivant. Temples et premiers malentendusLes jours suivants, on s'est concentrée sur les temples. Wat Chedi Luang (entrée gratuite) était impressionnant : ce grand stupa du 14e siècle, fissuré après un tremblement de terre, occupait l'espace central. J'ai oublié d'ôter mes chaussures à l'entrée du cloître principal, une moine m'a fait signe avec un sourire forcé. Petite honte, mais ça va. J'ai pris un tuk-tuk rose (600 baht l'heure) pour aller à Doi Suthep, le temple sur la montagne. Le conducteur parlait 5 mots d'anglais, on s'est compris par gestes. Montée en lacet, motos qui me frôlaient à chaque virage, petite peur. Arrivée à 9h45, le soleil cognait déjà fort. Les marches, les centaines de marches dorées, les moines qui préparaient les offrandes de fleurs. Beau oui, mais claustrophobe avec 200 touristes. Eau à 30 baht (0,80€) pour se remplir la bouteille, c'est clairement du vol touristique. Galère de la routeMercredi, on a loué une voiture pour aller à Chiang Rai, 200 km au nord. Location 1200 baht/jour via Avis à l'aéroport. La route nationale 1 n'a rien d'une autoroute : nids-de-poule, camions qui fonçaient, un embouteillage surprise à Thung Saluang. Trois heures au lieu de deux. On s'est arrêtées au Wat Rong Khun (temple blanc), c'est une sorte de pagode pop art du 21e siècle, surréaliste mais aussi très commercialisée. Photos de fou, touristes qui posaient comme à Disneyland. Pas vraiment mon truc finalement. On a mangé à Chiang Rai, rue Thanon Banpahalyotin, un pad thai basique pour 80 baht chacune dans une petite échoppe sans enseigne. L'odeur d'ail et de crevettes, la poêle brûlante, le vendeur qui cuisait 3 portions simultanément. Un instant on a croisé ses yeux et c'était juste un moment normal, humble, sans performance pour touriste. Ça m'a plu. Nuit du Yi Peng, légère déceptionOn était là pour le festival des lanternes en novembre mais on a loupé les dates exactes. Fin novembre, les festivités étaient réduites. Il y avait quelques lanternes papier vendues 150 baht à l'entrée du stade Suandok, on en a acheté une qu'on a lâchée avec une vingtaine de touristes. Joli mais moins épique que les vidéos Instagram. Le truc du voyage : les photos promettent toujours plus que la réalité. Les soirées, on trainait au Café Lit (soi 7, Nimmanhaemin), endroit pour expat, cappuccino 90 baht, wifi correct. Lecteurs de livres, quelques locaux qui taff sur leur laptop. Bien pour écrire, moins « authentique » qu'un warung de quartier, mais j'avais besoin de sortir de la chaleur. Fin du séjourLes trois derniers jours, on a loué des vélos et on a pédálé autour de la vieille ville, explorant les sois tranquilles, les petits temple sans touristes. Goût du salé de la sueur mélangé à l'air chaud. On s'est perdue une fois, demandé directions à une grand-mère assise devant sa maison, elle nous a montré la route en riant. Retour facile. Dernier repas au Huen Phen (restaurant historique depuis 1910, deux emplacements), soupe de nouilles et boulettes de viande pour 60 baht. C'était simple, populaire, aucun prétention. J'aurais voulu rester deux jours de plus ici, juste pour ne rien faire et manger dans la rue.
Les bons plans repérés sur place.
Wat Chedi Luang en fin d'après-midi (vers 16h30) pour échapper à la foule du midi
Marché Warorot le samedi soir pour manger des khao soi vrai, pas touristique
Balade à scooter sur la route de montagne vers Doi Suthep (360° sans grillage, sensations garanties)
Huen Phen restaurant (location Chiang Mai Gate) pour petit-déj de nouilles à 5€
Café Lit sur Nimmanhaemin pour se poser avec wifi sans payer 800 baht le cappuccino
Photos — Chiang Mai
Et au final.
Chiang Mai m'a donné ce que je cherchais : des temples pas trop bondés, une vraie vie locale, des tarifs qui permettent de rester longtemps. Moins photogénique que Bangkok, moins tropicale que les îles du sud. C'est plutôt un endroit pour s'enraciner quelques semaines que pour survoler.








