Comment ça s'est passé.
On a atterri à l'aéroport de Cayenne-Félix Éboué un jeudi matin à 8 h 45, après un vol Air Caraïbes depuis la Barbade. L'humidité nous a frappé avant même de sortir de l'avion. Le thermomètre affichait 34 °C, mais c'était la moiteur collante qui tuait vraiment. On a pris un taxi depuis le terminal jusqu'à notre hôtel, l'Hôtel de la Paix rue Lallouette dans le centre historique. Le chauffeur, Yves, nous a raconté d'une voix traînante qu'il faisait ses 35 ans de métier. Le trajet a duré 45 minutes à cause des embouteillages près du port autonome. Les trois premiers jours à Cayenne nous ont permis de comprendre la ville. On a marché dans la rue Molé pour acheter des mangues au marché central — un régal à 2 euros les deux. L'odeur des poissons frais étalés sur les étals du marché, mélangée à celle de la cannelle et de la noix de muscade, nous a rappelé qu'on n'était pas en France métropolitaine. On a mangé une escalope de morue pour 12 euros au restaurant L'Espace Gourmand, place des Palmistes. C'était bon, honnête, sans excès. Le vrai choc a été notre excursion aux Îles du Salut le cinquième jour. On a pris le bus ligne 8 depuis la gare routière de Texaco jusqu'à Remire-Montjoly, puis un bateau-taxi à 45 euros par personne avec la compagnie Batelère. Une heure et demie de traversée sous un soleil brutal. En arrivant à l'Île Royale vers 14 h, on a senti le sel sur nos lèvres, entendu les vagues frapper les rochers. Le site du bagne — les cellules de pierre grise, les chaînes rouillées — c'était oppressant. Pas dramatique, pas « émouvant » comme le disent les guides. Juste froid et pesant. On a dû payer 8 euros de plus pour un guide, dont les explications étaient souvent vagues sur les conditions des prisonniers. On a eu une galère le septième jour. Notre guide prévu pour la forêt amazone ne s'est pas présenté. On était déjà à 6 h du matin à l'adresse convenue, Rue de Remire près du pont métallique. Attente de deux heures. On a appris plus tard (par le réceptionniste de l'hôtel) qu'il y avait un problème de transport routier dans l'intérieur. On a reporté. C'est ennuyeux quand tu organises ton programme avec précision. On a visité le musée de Gaulle, place Grenier, qui mérite un coup d'œil pour son architecture coloniale. L'entrée coûte 5 euros. La Cathédrale de Cayenne avec ses murs jaunes pâles vaut le détour aussi, même si elle ne tient pas cinq minutes. On a mangé une soupe de crabe à la vanille — oui, la vanille — pour 14 euros au restaurant Le Débarcadère, en bord de fleuve. Le goût était très sucré, presque déconcertant. Pas mauvais, mais surprenant. On a loué une voiture chez Avis pour faire le trajet vers Saint-Laurent-du-Maroni en trois jours. 180 euros pour trois jours. La route N1 est correcte jusqu'à Iracoubo. Après, c'est un peu rude. On a dormi à Mana dans une petite guesthouse, l'Auberge de la Rivière (70 euros la nuit). L'aubergiste, Brigitte, nous a fait un curry de poisson avec du riz créole. On a entendu les crapauds-buffles toute la nuit. Le bruit est assourdissant si tu n'es pas habitué. La température la nuit restait autour de 27 °C. L'air conditionné de notre chambre faisait un bruit d'enfer mais était nécessaire. Saint-Laurent-du-Maroni elle-même, c'est une petite ville tranquille le long du fleuve. Musée du bagne aussi, moins intéressant que celui des Îles du Salut. On a vu quelques vestiges, mais l'endroit manque d'investissement touristique. On a goûté du poulpe au tribunal — c'est un plat local, tentacules de poulpe avec une sauce pimentée — pour 10 euros à la Carbet du Peche à Macouria. C'était bon, épicé. On a pris la peine de demander au serveur, Alain, comment c'était préparé. Il nous a expliqué que la cuisson demande patience et technique, sinon c'est caoutchouteux. Celui-là était correct.
Les bons plans repérés sur place.
Marché central de Cayenne rue Molé : mangues fraîches et ambiance locale, mardi à samedi 6-14 h
Îles du Salut via Remire-Montjoly : le site du bagne de l'Île Royale, navette à 45 euros, apporte de l'eau
Restaurant Le Débarcadère en bord de fleuve : soupe de crabe vanille, cuisine locale sans poudre aux yeux
Saint-Laurent-du-Maroni par la N1 : petite ville tranquille, route faisable en location, camping des vestiges du bagne
Musée de Gaulle à Cayenne place Grenier : 5 euros, architecture coloniale, rapidement fait mais recommandé
Et au final.
Dix jours en Guyane, c'est suffisant pour saisir l'endroit. C'est moins touristique que la Guadeloupe ou la Martinique, ce qui peut être un atout ou un handicap selon ce qu'on cherche. Cayenne a du charme en fin d'après-midi avec ses bâtiments coloniaux et son fleuve. Les Îles du Salut valent vraiment le coup, mais ne t'attends pas à une révélation. L'humidité et les retards d'organisation ont rendu le voyage plus physique que prévu.







