Comment ça s'est passé.
On a débarqué à Bruxelles un jeudi matin par Thalys depuis Paris-Nord, 1h15 de trajet, 89 euros le billet. La gare de Bruxelles-Midi ressemble à n'importe quel hub européen : carrelage gris, odeur de café tiède et de plastique. On a pris un taxi jusqu'à notre logement rue du Marché-aux-Herbes, quartier touristique mais pas cher à cette époque (octobre). Le premier jour, on s'est jeté sur les gaufres. Pas celles des petits kiosques de la place, on a trouvé une vraie gauffrerie, Au Sujet, où madame prépare la pâte devant vous. Trois euros cinquante pour une gaufre chaude dégoulinante de caramel, on en a encore le goût sucré sur la langue dix jours après. C'est débile mais c'était le moment clé du voyage, juste ça : mordre dans du sucre qui s'écoule, les mains qui collent. La Grand-Place : moins joli que prévu, plus piétiné que prévu On a visité la Grand-Place vers 16h, plutôt que le matin comme le recommandent les guides. Erreur stratégique. À cette heure-là, les cars de touristes y vomissaient des cohortes de visiteurs en file indienne. Les façades des corporations sont effectivement dorées et travaillées avec folie (la maison des Brasseurs, la maison du Roi en face), mais on les voyait à travers une muraille de téléphones levés. On s'est assis à la terrasse du Roi d'Espagne pour un verre, 18 euros pour deux bieres, et on a regardé les autres touristes plutôt que les bâtiments. Le deuxième jour, on a pris le train vers Bruges. Dix euros en seconde classe, 20 minutes depuis Bruxelles-Central. Bruges était presque déserté à 8h30, on a eu la chance de marcher seul sur les ponts du Beguinage. L'eau croupie des canaux sentait le minéral, presque rouille. On a déjeuné à la Taverne du Schaak, omelette aux œufs de crevette grise (15 euros), le goût amer-salé des crevettes, rien que des crevettes, aucun œuf au final. C'était gênant mais on a ri. Incident réel : les frites qui ne sont pas frites Grosse déception chez Vleminckx Sauces, la fameuse friterie fondée en 1957 près de l'Eglise Saint-Bavon. On a pris les frites « standard » sans savoir qu'elles seraient servies avec une sauce industrielle en sachet. 5 euros pour des frites molles, trop grasses, aucune saveur de pomme de terre. On a cru à l'arnaque touristique. Retour à Bruxelles, restaurant Lambda rue du Sablon : frites belges correctes, sauce andalouse maison, 8 euros, et cette fois c'était vrai. Liège : la transhumance qui valait le coup On a décidé d'une excursion à Liège le samedi. Train en fin de matinée, ligne Bruxelles-Liège-Guillemins, une heure de trajets avec 15 euros. On s'est perdu une heure entre la gare (Guillemins, c'est énorme et peu fléché) et le centre-ville. Liège c'est bruyant, moins sage que Bruges, avec des façades ocre, des escaliers qui montent dans tous les sens. On a mangé la mitraille liégeoise à la Cour Saint-Pierre (pommes frites, sauce à base d'œufs et anchois, 12 euros), un truc qu'on aurait jamais commandé seul mais qui était savoureux, presque piquant, salé à la limite du comestible. La Cathédrale Saint-Paul était fermée pour travaux. Frustrant. On a vu l'extérieur, architecturalement quelconque depuis la rue, puis on est allé au musée de la Vie Wallonne juste pour s'asseoir au calme. Quatre euros l'entrée, zéro visite guidée, on a tourné 45 minutes dans les salles sans apprendre grand-chose. Le retour : piégés dans Bruxelles-Nord Avant le départ, on a traîné à Bruxelles-Nord, en voulant voir le canal. C'est moins joli qu'annoncé, plus réservé, des grues de chantier, des entrepôts. On a pris le bus 65 depuis la gare (direction Atomium) uniquement parce qu'on avait une heure à tuer. L'Atomium c'est lourd de touristes, pas un vrai musée, une structure chrome vide qui joue les monuments. On n'est pas descendus. Notre vol retour, Ryanair à Beaumont-Sart depuis Liège, avait une heure de retard. On a attendu dans un terminal minuscule, entassés. Le trajet de nuit vers Lyon a été compliqué, connexion à Strasbourg, fatigue accumulée. On a compris à ce moment que le voyage, ce n'était pas juste l'arrivée.
Les bons plans repérés sur place.
Gauffrerie Au Sujet rue de l'Amigo : gaufre à 3,50 euros, faite devant vous avec caramel coulant
Bruges à l'aube (avant 8h30) depuis le pont Adèle, seul avec les cygnes sans clowns en costume
Taverne du Schaak à Bruges, omelette aux crevettes grises et chope de Westvleteren 12 (bière forte, 6,50 euros)
Bar Delaville à Bruxelles (place du Luxembourg) : bière Duvel, chaise en bois usée, zéro décorum
Et au final.
La Belgique, c'est honnêtement trop centré sur Bruxelles et Bruges. Les gaufres à la crème chaude, les bières triples (Chimay, Orval), c'était réel et bon. Bruges aidé par la solitude du matin, oui. Mais on s'attendait à plus de décalage avec la France, plus de trouvailles. La plupart des restaurants touristiques jouent les faux autentiques. On revient avec une sensation mitigée : très bien pour 3-4 jours, fatigant après.