Comment ça s'est passé.
Arrivée à Bogotá un matin de juin, terminal d'Eldorado bondé et chauffeur Uber qui refuse le prix Uber (classique). On prend un taxi blanc officiel, 50 000 pesos, direction hôtel Masure en La Candelaria. La ville à 2 640 m d'altitude nous frappe d'entrée : les poumons chauffent, on respire pas normal pendant 24 h. Les rues sont étroites, les façades coloniales jaunes et roses. C'est beau, mais sale. Vraiment sale. Première vraie journée : musée de l'Or à 9 h du matin, file d'attente touristique prévisible, entrée 16 000 pesos. Intérieur climatisé, bruit blanc des groupes de scolaires. Les pièces elles-mêmes ? Spectaculaires. Des objets minuscules, des pendentifs muisca avec des détails gravés impossibles. On sort les yeux écarquillés. Déjeuner au restaurant Andrés DC, plein de backpackers, bandeja paisa pour 35 000 pesos, portion massive de haricots rouges, riz blanc, arépa, tranche d'avocat épaisse. Trop lourd. Café serré après, un tinto au comptoir du coin, 2 500 pesos, noir comme du pétrole. On loue une voiture avec Hertz pour trois jours : direction Salento, 200 km à l'ouest. Route montante, zigzags, on croise des camions chargés de fruits. La température baisse au fur et à mesure. À Salento on arrive vers 15 h, village colonial minuscule, maisons peintes en bleu pâle et rose bonbon, vraiment on dirait une boîte de chocolats. On débarque à l'hôtel Gaia, petite maison rénovée, 120 euros la nuit, gérant Colombien qui nous propose d'organiser une visite plantation. On dit oui. Levés à 5 h 30 pour la visite plantations avec guide local, Juan, qui parle un anglais basique. Route de terre, jeep, on traverse des forêts épaisses. L'odeur est très forte — mélange de terre mouillée, de café en séchage, un peu âcre, sucré aussi. Juan nous explique le processus pendant deux heures. On ramasse des grains rouges directement sur l'arbre (c'est pas un grain, c'est une cerise). On en goûte un : goût de raisin aigre, sucré. À la fin de la visite, café servi dans une petite cabane en tôle, eau chaude versée sur grains fraîchement moulus. C'est le meilleur café qu'on a jamais bu. Point. Juan nous fait rire : il nous demande si on pense « le café colombien c'est facile à vendre au monde » et ricanait en disant que les multinationales vendent du café à 2 euros le kilo pendant qu'on en crève de faim. Moment un peu gênant mais honnête. Deuxième jour à Salento : balade à cheval dans la vallée de Cocora. Chevaux mités, chaleur 28°C, chemins boueux après la pluie nocturne. On voit les palmiers de cire — vraiment hauts, 60 m, comme des troncs de colosse vert. Paysage sec et vert en même temps, bizarre. On mange des arepas farcies au fromage blanc chez une vendeuse au bord de la route, 8 000 pesos. La femme nous raconte sa vie : trois enfants, son mari a quitté Cali pour chercher du travail, elle vend des arepas depuis 12 ans. Pas de plainte dans la voix, juste des faits. Retour à Bogotá en bus de nuit, terminal de Salento vers 20 h, bus Expreso Bolivariano rouge et bleu. Voyage de 6 h, deux arrêts à des stations-service où on boit du café mauvais. Arrivée vers 2 h du matin, tellement fatigués qu'on prend taxi direct vers l'aéroport — on avait décalé le vol de 6 h trop tôt. 80 000 pesos, chauffeur avait zéro GPS, s'est perdu, on stresse sur la banquette arrière. Mais on a eu le vol. Trois jours à Manizales aussi, ville des trois andes, café encore, musée Chipre plus calme, auberge Casa Kiwi avec des backpackers suédois qui parlaient trop fort à 23 h. Musée de l'Or : dès 9 h pour éviter foule, mercredi c'est gratuit pour résidents locaux mais pas touristesPlantations Salento : vrai, physique, guide local beaucoup mieux qu'agenceVallée de Cocora : prévoir pantalon, les chevaux c'est mouillé et boueux après pluieCafé tinto partout : peu cher, bon, vrai (pas Starbucks)Retour bus de nuit : éviter si possible, long et fatigant, perte 6 h de sommeil
Les bons plans repérés sur place.
Musée de l'Or (Bogotá) : objets gravés muisca, arrive avant 9h30, entrée 16000 pesos
Plantations café près Salento avec guide Juan : visite 4h, récolte cerise rouge, café servi en tôle, vrai
Vallée Cocora et palmiers 60m : à cheval 3h, chemins boueux, aréa au fromage blanc 8000 pesos route
Marché La Perseverancia (Bogotá) : fruits étranges, vendeurs qui parlent, moins touristique que centre historique
Restaurant Andrés DC (Bogotá) : bandeja paisa trop grosse, vrai repas colombien, 35000 pesos
Photos — Bogotá, Salento, Manizales
Et au final.
Colombie m'a étonnée : moins violence que l'image qu'on en a, plus inégalités qu'on le pense. Bogotá grise et dense, pas très accueillante. Salento et les plantations, c'était authentique — vraiment pas touristique façon Disneyland. Le café c'est même pas hype en vrai, c'est juste du travail de paysan. Je referais mais avec moins de bus de nuit et plus de temps en montagne.
