Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Bogotá le 15 mars, à 14h30, à l'aéroport El Dorado. Aussitôt dehors, l'air était glacé à 2640 m d'altitude – j'ai dû mettre un pull alors qu'on était à l'équateur. Les taxis jaunes officiels du terminal demandaient 55 000 COP (environ 12 euros) pour la Candelaria, le centre historique. Notre premier hôtel, le Casa Deco rue 10, proposait des lits corrects pour 320 000 COP la nuit. Le propriétaire, Jorge, nous a expliqué comment utiliser le TransMilenio – le bus articulé à couloir réservé. Un trajet coûte 3100 COP, prépayé sur une carte rechargeable. Nous nous sommes plantés le premier jour : monté sur une ligne allant vers Usme au lieu de Kennedy. Quarante minutes perdues, l'odeur du diesel et des gaz d'échappement collée au nez. La Candelaria et ses murs colorésLe quartier historique vaut le coup, mais pas pour les raisons qu'on lit partout. Oublie les « must-see Instagram ». Nous avons marché sans plan rue par rue : le Musée de l'Or (25 000 COP d'entrée) fermait à 17h30, nous sommes arrivés à 17h. Grosse frustration. En revanche, manger un bandeja paisa au restaurant Leo (rue 11, entre carreras 4 et 5), c'était 42 000 COP pour deux parts – énorme assiette avec haricots, riz, viande et plantain frit. Le goût était rond, un peu lourd après. Le street art nous a plus marqués. Pas les fresques touristiques du centre, mais les petits détails : un portrait en noir et blanc d'une femme sur la carrera 5, des tags geek cachés sous les viaducs. Nous avons croisé deux artistes avec des bombes de peinture vers 16h – ils nous ont montré leur coin de création avant de nous demander de partir poliment. Excursion à Salento et la vallée du CaucaNous avons pris le bus directo à la Estación del Sur (Terminal de Transportes del Sur) à 7h du matin. Trajet 3h avec la compagnie Expreso Palmira, 42 000 COP par personne. La climatisation était trop forte, deux filles dormaient recroquevillées, un enfant a vomi près de nous à la 1h30. Bienvenue en voyage sans filtre. Salento est une petite ville coloniale à 1960 m. Les maisons ont des façades bleu ciel, jaune poussin, rose pastel. Nous avons loué une chambre à la Posada del Café, 180 000 COP pour deux nuits. Le propriétaire a préparé du café local mesuré, versé à 95°C directement d'une cafetière manuelle – un goût acide, presque floral. Nous avons compris pourquoi cette région produit le meilleur café du pays. La Vallée de Cocora (30 km plus loin) était notre excursion phare. Un jeep collectivo partait du parc central à 8h30, 15 000 COP par siège. Six touristes serrés, deux locaux au toit. La route montait à travers des plantations : les palmiers de cire atteignaient 60 m, squelettiques et presque dérangeants à regarder. Nous avons marché 2h en boucle, les pieds imbibés de boue rouge. Une pluie fine a commencé vers 11h – pas de parapluie à louer sur place, contrairement à ce que le guide disait. Trempés mais riant bêtement. Détails de vie quotidienneNous avons mange du ajiaco (soupe épaisse à base de poulet et pommes de terre) au restaurant Comidas de Acá à Bogotá, 28 000 COP. C'était chaud, réconfortant, presque trop salé. Les cafés téléchargent des applis, les gens utilisent Rappi (Uber Eats local) tout le temps. Payer en espèces était plus simple : les distributeurs sortaient souvent hors service. Les gens était globalement accueillants mais méfiants. Une vendeuse de fruits sur la carrera 7 a d'abord supposé qu'on essayait de la voler avant de nous sourire. Une petite arnaque classique : un « guide » improvisé rue 12 voulait 150 000 COP pour nous montrer la cathédrale (30 secondes à pied, entrée gratuite). La température à Bogotá oscillait entre 12 et 18°C, même en plein jour. À Salento, 22°C mais l'humidité vous rentre dans les os. Nous avons loué un scooter une journée, 60 000 COP – la route était étroite, les conducteurs locaux roulaient vite, j'ai flippé.
Les bons plans repérés sur place.
Le Musée de l'Or de Bogotá : y aller avant 16h, réserver en ligne sur museodeloro.gov.co
Le restaurant Leo (rue 11, Candelaria) : bandeja paisa à partager, terras avec vue
Vallée de Cocora : partir tôt via jeep de Salento, apporter imperméable absolu
Café mesuré à la Posada del Café de Salento : goûter la méthode locale du matin
Bus TransMilenio à Bogotá : tester la mobilité urbaine, mais pas aux heures de pointe
Photos — Bogotá / Salento
Et au final.
Bogotá et Salento nous ont offert un mélange étrange : beauté réelle, gens directs, mais aussi fatigue (décalage horaire, routes chaotiques). On serait revenu plus longtemps à Salento, moins à Bogotá. La Colombie n'est pas un rêve sucré, c'est une vraie destination avec ses aspérités.
