Comment ça s'est passé.
Levée à 5 h 30 à l'hôtel Casa Molina (Calle del Hermano Pedro, 15 Q/nuit), j'ai pris un café aguacate au restaurant El Peñol en bas de la rue – sucré, presque sirupeux, 12 Q le verre. Le soleil frappait déjà fort sur les pavés usés d'Antigua. J'avais lu des tonnes de guides, mais rien ne m'avait préparée au bruit des coqs et des vendeurs ambulants qui crient leurs fruits dès 6 h du matin. Les trois premiers jours, j'ai marché sans vraiment de plan. La Catedral Metropolitana avec ses deux tours écroulées, c'est impressionnant, mais pas pour les raisons que tu imagines – c'est l'absence de drame dans la ruine qui m'a frappée. Les murs jaune pâle sont là, simplement là, depuis le tremblement de 1773. Les touristes prennent des selfies, un couple allemand lit une plaque. Point. Le marché de Santiago SacatepéquezMercredi, j'ai pris le bus bleu « Tránsito Veloz » (8 h 15, quai nord près de la gare routière) pour Santiago Sacatepéquez. Quarante-cinq minutes chaotiques, assis sur un banc en bois, entassés à six sur une banquette pour trois. Odeur d'ail frit et de diesel mélangés. Une femme m'a marché sur le pied sans s'excuser, naturel. Le marché lui-même : poivrons rouges énormes, tomates pileuses, piles de huipiles multicolores. J'y ai acheté un bracelet tissé main pour 25 Q, la vendeuse a déjà insisté pour 50, ça m'a gonflée. J'ai négocié mal, j'ai payé 35. Galère classique de touriste. Déjeuner au comedero près du marché – sopa de pollo avec une vie dedans, petite cuisse de poulet, légumes mous, 20 Q. C'était bon, pas gourmet, juste honnête. Les murs collants d'humidité et de graisse accumulée. Lago Atitlán et ses villagesSamedi matin, déplacement vers le lac. Minibus collectif depuis Antigua (compagnie Turística Atitlán, 50 Q, deux heures), route qui monte, descend, vallée de maïs et bananiers. Arrivée à Panajachel vers midi. J'ai trouvé l'Hotel Posada de los Volcanes (Calle Santander, chambre simple 120 Q) – propriétaire allemand, rigueur prussienne, petit-déj inclus : pain de mie, confiture, pas bon, mais prévisible. Le lac est gris-bleu sous ce soleil, entouré de trois volcans qui fument légèrement. San Pedro au sud. Volcán Atitlán au nord. C'est vaste, c'est calme. Les mayas des villages alentour vendent des vêtements brodés sur les quais. Mardi, ferry vers San Antonio Palopó (8 Q, 30 minutes en bateau à moteur). Le village s'étire sur les pentes. Église blanche massif. J'ai vu une procession de femmes en blouses violettes qui portaient des trucs – peut-être pour une fête, je n'ai pas compris. Pas envie de demander, peur de déranger. Déjeuner dans une cuisine ouverte chez Doña Rosa (filets de poisson grillés, 35 Q), table en bois, électricité capricieuse, deux ventilateurs qui tournaient mollement. Le poisson était sec mais le citron frais pressé sur place l'a sauvé. Moment marquant : jeudi soir, retour en bateau depuis Santiago Atitlán. Coucher de soleil rose et gris, une sirène de bateau qu'on sentait dans la poitrine. Un passager maya m'a proposé de la graine de courge grillée (10 Q), j'ai accepté, c'était salé et acide, on a parlé cinq minutes en espagnol de merde, il rigolait gentiment. C'était simple, sans prétention. Ça m'a rappelé pourquoi j'étais venue. Retour à Antigua le samedi pour les deux derniers jours. Marché de Pascual Abaj près du marché central – figurines de saint-thomas en bois peint, couleurs acryliques criardes. Repérage de restaurants : Café Condesa (cappuccino 28 Q), El Viejo Café (espresso 18 Q, endroit calme). Pas mangé au Sobremesa (bruits en ligne que c'était cher, 200 Q+ par plat), restée à niveau moyen : empanadas de queso à une vendeuse de rue (6 Q, huile chaude qui dégouline). Les galères du retourDimanche matin, taxi depuis Antigua jusqu'à La Aurora (capital, 100 Q au lieu des 80 affichés, chauffeur qui a « oublié » le compteur, bien joué). Vol Avianca retardé de deux heures sans explication. Aéroport étriqué, Wi-Fi qui marche trois minutes tous les vingt minutes. Thé tiède au café de la zone de départ (35 Q). J'ai traversé la sécurité en sueur. Bilan : Antigua c'est beau, oui, mais c'est touristique jusqu'à l'os. Les rues pavées, c'est pour les caméras. Le lac par contre, les petits villages, c'est moins contaminé. Le temps : chaud sec le jour (28-32 °C), froid le soir (15-18 °C), j'aurais dû apporter un pull. Les gens sont courtois, pas expansifs. L'espagnol m'a suffi avec un dictionnaire dico.
Les bons plans repérés sur place.
Catedral Metropolitana d'Antigua Guatemala – visiter vers 16 h quand la foule des tours organisés s'éclipse, lumière jaune sur les murs
Marché de Santiago Sacatepéquez – bus bleu Tránsito Veloz le mercredi, meilleurs prix de huipiles (rues latérales, pas la rue principale)
Lago Atitlán au coucher depuis San Antonio Palopó – ferry public 8 Q, vraiment calme comparé à Panajachel
Comedero près du marché de Santiago – sopa de pollo 20 Q, goût authentique sans prétention ni arnaque
Café Condesa à Antigua – cappuccino correct (28 Q), terrasse calme, vraiment moins cher que le reste
Photos — Antigua Guatemala
Et au final.
Guatemala m'a surprise – moins spectaculaire que prévu sur papier, mais plus touchant en vrai. Je n'y retournerai pas, j'ai fait le tour. Ce qui m'a manqué : un jour de plus à la côte Pacifique, et surtout moins de hâte à vouloir checker les sites touristiques.








