Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à l'aéroport de Vienne-Schwechat un mardi matin vers 9h30, après un vol Austrian Airlines qui a eu 45 minutes de retard. Le stress du décalage horaire à peine dissipé, nous nous sommes jetés sur le City Airport Train qui relie l'aéroport à la Hauptbahnhof en 16 minutes pour 12 euros. Première galère : le distributeur ne prenait que les cartes autrichiennes. Résultat, nous avons dû acheter les tickets au comptoir avec un change peu favorable. Lesson apprise. Le premier soir, installation à l'Hotel Kärntnerhof dans la Grashofgasse, un trois-étoiles correct sans être spectaculaire. Les murs sentaient le vieux parfum d'hôtel, celui qu'on retrouve partout en Europe centrale. Nous avons trainé jusqu'à la Stephansdom en fin d'après-midi : l'énorme cathédrale gothique du 12e siècle qui domine la Wipplingerstrasse. Pas foule à cette heure-là, ce qui était une chance. J'ai payé 6 euros pour grimper les 343 marches de la tour Nord. Les genoux ont crié, mais franchement, la vue sur les toits rouges de Vienne en fin de journée valait le coup. Schönbrunn et ses surprisesMercredi, nous avons pris le U-Bahn ligne U4 direction Schönbrunn (ticket journée : 8 euros). Le palais impérial se dresse comme une forteresse rose bonbon, 1441 pièces selon les guides. Nous avons choisi la visite sans audioguide, grosse erreur : sans explications, c'est juste des enfilades de murs dorés qui se ressemblent. À la cafétéria du palais, j'ai mangé un Kaiserschmarrn (sorte de crêpe déchirée aux prunes) à 9,50 euros. Sucré, lourd, mais le goût de confiture était franc, acide, vivifiant. La chaleur du dessert frais sorti du four a réchauffé la main gelée par les couloirs froids. Ce qui m'a vraiment marquée : la visite des communs. En sortant du grand circuit touristique, nous avons découvert les cuisines historiques et les écuries du 18e siècle. Un vieux monsieur autrichien restaurait une vitrine ancienne. Il nous a parlé pendant dix minutes de l'histoire des repas à la cour de Marie-Thérèse. Moment rare où le tourisme s'efface. Le marché de Naschmarkt et ses piègesLe Naschmarkt, marché couvert de Vienne, stretches entre Getreidemarkt et Kettenbrückengasse. Nous y avons passé jeudi matin. Ça sent le poisson cru, l'oignon caramélisé, la levure. Des vendeurs criaient les prix en allemand rapide, impossible à suivre pour nous. Nous nous sommes fait légèrement arnaquer sur des crevaisons de fromage fumé : 14 euros pour 150 grammes alors qu'ailleurs c'était 8-9 euros. Petite frustration, mais nous ne nous sommes pas arrêtés là. Nous avons acheté des Kipferl (sortes de croissants) à 2,20 euros pièce chez Öl Manufaktur. Saltzbourg et ses Mozart-KugelnNous avons pris le train ÖBB de 8h47 depuis la Hauptbahnhof de Vienne vers Salzburg (2h50 de trajet, 45 euros aller simple). La Salzburg Hauptbahnhof est belle, en pierre jaune pâle. Nous logions à la Pension Wolf, petite maison traditionnelle dans la Kapuzinerberg, escaliers raides, parquets qui craquent, mais hôtesse adorable qui parlait français. Samedi, nous avons gravi les 300 marches vers Hohensalzburg, la forteresse qui surplombe la ville. Halètement garanti. De là, en bas, la Salzach serpente entre les toits ocre. Nous avons mangé un Bosna (saucisse épicée dans un pain) au stand de rue face à la cathédrale : 5,50 euros, poivre blanc piquant, oignon fort. La saucisse brûlée légèrement. Bon moment de standing manque de sophistication. Dernier point : les Mozart-Kugeln. Nous en avons achetées chez Fürst, le pâtissier original de la Brodgasse. Les contrefaçons polluent les boutiques touristiques. Chez Fürst, c'est 3,50 euros la vraie, chocolat épais, marzipan mou dedans. Nous en avons aussi vu à 0,99 euros ailleurs. Différence de texture immédiate en bouche. Somme toute, l'Autriche m'a plu. Pas de coup de foudre dingue, mais une solidité, des gens corrects, une architecture qui tient debout. Les galères (ce retard, ce change à l'aéroport, l'arnaque au marché) sont franchement mineures.
Les bons plans repérés sur place.
Stephansdom de Vienne : grimper la tour Nord le soir pour 6 euros, foule réduite vers 17h
Communs de Schönbrunn : les cuisines historiques ignorées par 90 % des visiteurs
Mozart-Kugel vrai chez Fürst à Salzburg, Brodgasse : 3,50 euros, chocolat vraiment épais
Naschmarkt le jeudi matin : marché couvert authentique, négocier les prix en souriant
Train ÖBB Vienne-Salzburg : fenêtre côté droit, paysages de montagne dès Linz
Et au final.
L'Autriche, c'est l'ordre germanique appliqué au tourisme. Ça marche, c'est propre, c'est cher, mais pas déraisonnable. Ce qui nous a moins emballés : la saturation de touristes à Vienne, et le sentiment que beaucoup de musées vendent du vide doré aux visiteurs sans contexte. Nous y retournerions, mais peut-être dans les régions montagneuses du Tyrol plutôt que les grands classiques urbains.