Comment ça s'est passé.
Départ le 14 mars à 6h du matin de l'aéroport de Harare avec un vol Air Zimbabwe sur un Embraer qui sentait le carburant et les sièges usés. Trois heures d'attente sur le tarmac pour une panne moteur mineure — ambiance pas joyeuse, enfant qui pleurait derrière moi. On finit par atterrir à Victoria Falls vers 14h, dans une chaleur étouffante (38°C). Le chauffeur du Ilala Hotel (prix normal : 85 USD la nuit) arrive une heure en retard. Petit grain : ma réservation n'existait pas vraiment à la réception. Après 20 minutes de négociation en anglais cassé, on me propose une chambre en rez-de-chaussée avec clim qui grince. Le lendemain, levé à 5h30 pour le tour des chutes. Il faut emprunter la navette du Shearwater Lodge (8 USD aller-retour). En chemin, le guide Samuel explique que les pluies ont été faibles cette année — le débit des chutes n'est que 60 % de sa capacité normale. Déception viscérale en arrivant. Les chutes sont spectaculaires, oui, mais le grondement sourd est moins impressionnant que sur les photos. L'air sent l'eau chaude et la mousse minérale. On se trempe complètement en 5 minutes. Les ponts de pierre tremblent sous les pieds. Un américain à côté de moi perd ses lunettes — elles tombent sur les roches 50 mètres plus bas. Midi au Boma Restaurant & Bar, situé en haut de la falaise. J'ai commandé un sadza aux courges (plat de maïs fermenté) avec du beef steak — environ 15 USD. C'était sec, honnêtement. Mais la bière Zambezi glacée (1,50 USD) sauvait la mise. La vue sur le pont historique de Cecil Rhodes était calme ce jour-là. Pas grand monde. Safari à Hwange : trois jours d'attente et une rencontre Le bus pour Hwange part de la gare routière d'Adam Strey à 7h du matin. C'est un véhicule bleu décrépis, bondé, avec un son de claxon qui refuse de s'arrêter. Trajet de 5 heures sur une route poussiéreuse. Assis à côté d'une femme qui vendait des arachides à la gare — elle m'a expliqué les prix en shona. J'ai compris environ 30 % de ce qu'elle disait. Le Hwange National Park est vaste : 14 600 kilomètres carrés. Nous, on était logés au Sinamatella Camp (80 USD la nuit en lodge basique). Premier jour de safari : rien. Juste des zèbres lointains et des impalas. La piste était cahoteuse, poussière partout. Mon nez était noir après deux heures. Deuxième jour idem — guides qui chuchotent, climatisation du véhicule qui peine, attente. Puis vers 16h, moment qui m'a vraiment marqué : nous croisons un lion au bord du point d'eau de Nsemani. Il nous voit. L'animal s'arrête, nous regarde pendant 15 secondes (qui ont duré une éternité), puis s'en fiche royalement et boit. Guidé Aaron murmure : « Lucky day, boss ». Je n'oublierai pas le bruit de ses lèches sur l'eau, presque musicales. Repas au camp : dinde séchée avec du pap (épaisse bouillie de maïs) et légumes bouillis. 8 USD la portion. Pas varié, mais nourrissant. Soirée autour du feu avec d'autres touristes — un couple canadien, deux couples allemands. Ambiance bruyante avec les insectes qui chantent — un bruit permanent, hypnotisant et légèrement stressant la nuit. Dormis mal. Retour à Victoria Falls et galères logistiques Bus de retour : 4h de route chaude. Le chauffeur a oublié un arrêt et on est passés directement aux douanes de Zambézie. Contrôle renforcé, deux officiers fouillaient les bagages minutieusement. Un faux billet de 1 000 ZWL (devise locale, hyperinflation oblige) trouvé chez une autre passagère — la scène a duré 45 minutes. Stress collectif dans le bus. Dernier jour à Victoria Falls, j'ai visité le marché Chinotimba : sculptures en bois d'ébène, prix gonflés pour les blancs (négociation obligatoire). J'ai acheté une petite statuette 25 USD (elle en valait 15 maximum). Déjeuner chez The Three Monkeys Café : excellent cappuccino (3 USD), raisonnablement fait. Enfin une bonne surprise culinaire. Mais prix de la plupart des services typiquement touristique — inflation ici aussi. Retour à Harare en vol Air Zimbabwe à 16h. Avion plus vieux, assis à côté d'une femme avec quatre sacs en plastique qui sentaient le poisson fumé. Une heure de vol bruyant. Atterrissage sans problème, sinon.
Les bons plans repérés sur place.
Pont historique de Victoria Falls (Cecil Rhodes Bridge) : vue vertigineuse sur les gorges, murs de pierre du 19e siècle
Point d'eau de Nsemani (Hwange) : lever à 6h, chance de croiser lions et éléphants
Restaurant Boma (Victoria Falls) : réserve pour le coucher de soleil, sauces maison, bière locale Zambezi
Marché Chinotimba (Victoria Falls) : négocier sculptures en ébène, matin moins touristique qu'après-midi
Sinamatella Camp (Hwange) : simple mais feu du soir dépaysant, nourriture locale authentique sans prise de tête
Photos — Victoria Falls
Et au final.
Le Zimbabwe m'a donné un safari moyen (peu d'animaux, pluies faibles) et des chutes impressionnantes mais moins dévastatrices qu'attendu. La galère logistique (réservation buggée, retards, inflation monétaire) a rongé un peu le truc. Mais la rencontre avec le lion et la gentillesse des guides m'ont rappelé pourquoi on voyage : l'imprévu et les moment bruts.








