Comment ça s'est passé.
Nous avons atterri à Harare International Airport un jeudi soir après un vol Air Zimbabwe depuis Johannesburg. L'arrivée a été chaotique : les douanes prenaient du temps, le climatiseur du terminal fonctionnait à peine, et la température était étouffante à 22 heures. Mais un type de l'hôtel nous attendait avec une pancarte à son nom, ce qui nous a rassuré immédiatement. Notre premier hôtel était le Cresta Oasis, en centre-ville. Chambre basique mais propre, petit-déjeuner servi dès 6 h 30. Le premier matin, nous avons mangé du sadza avec des œufs au restaurant de l'hôtel – c'est ce porridge blanc qui sent la farine cuite, très copieux. Prix : environ 3 euros pour deux. Le WiFi était instable, coupures toutes les dix minutes, ce qui a été un vrai problème pour confirmer nos réservations. Nous avons exploré Harare à pied le premier jour. Market Square au centre-ville : un chaos de couleurs, d'odeurs de friture et de mangues pourries, des vendeurs de téléphones d'occasion, de légumes, de vêtements chinois. Nous nous sommes fait aborder trois fois pour du change au marché noir – nous avons refusé. Le taux officiel était mauvais, mais nous n'avions pas envie de galères. Les rues manquaient d'entretien, nids-de-poule partout, mais la vie grouillait. Nous avons pris un taxi (compagnie Nyaradzo Taxis) jusqu'au National Gallery of Zimbabwe : 50 cents chacun. Le musée fermait à 17 h pile – nous n'avions pas vu l'heure passer, et la gardienne nous a pressés de partir avec un sourire. Le vraiment mémorable a été le vol pour Victoria Falls. Air Zimbabwe encore, avion bien-vêtuste avec des fauteuils usés, mais le survol des gorges à l'approche du site a coupé le souffle. Pas d'expression creuse : nous voyions réellement ce déroulement d'eau blanche, cette vapeur qui remontait à 100 mètres de haut. Déjà en descente, on sentait l'humidité s'installer dans l'air. À Victoria Falls, nous avons séjourné au Kingdom Hotel, trois étoiles, juste à côté du parc national. Vue directe sur les chutes depuis la terrasse. Les nuits étaient froides (15°C), malgré la saison. Le restaurant de l'hôtel servait une truite locale – prix : 12 euros environ. Goût subtil, sauce légère, vraiment bon. Le bar à proximité, le Edge Adventures Bar, avait une bière locale, la Zambezi Lager, qui trainait partout, fraîche et correcte. Nous avons fait le tour des chutes à pied le deuxième jour. Le bruit était constant, assourdissant – on ne pouvait à peine se parler. L'eau vous trempait malgré la distance, un froid soudain, puis la chaleur du soleil qui revient. Moment marquant : vers 9 h 15 du matin, nous nous sommes arrêtés à un point de vue surplombant le gouffre, seuls pour cinq minutes. Un aigle pêcheur s'est levé des gorges, tournoyant au-dessus de l'eau. Silencieux et puissant. Nous avions réservé un safari en bateau sur le Zambezi pour le jour suivant, mais le bateau était en retard d'une heure (moteur à réparer, nous a dit le guide). Finalement, c'était bien : moins de touristes, plus d'animaux. Nous avons vu des hippopotames à moins de 50 mètres, des crocodiles immobiles, des éléphants buvant à la rive au coucher. Le guide, James, était passionné, parlait lentement en anglais facile à suivre. Sandwich fourni à bord : pain blanc, tomate, fromage – basique. Dernière journée à Harare. Nous avons visité le jardin botanique et le Zimbabwe Museum. Le musée restait un peu désorganisé, salles peu climatisées, mais les collections de l'époque du Grand Zimbabwe étaient intéressantes – poteries, pierres taillées datant du 11e siècle. L'entrée coûtait 3 euros. En fin de journée, restaurant Mama Joy (une petite gargote locale) : bièf braisé (ndiwo), sadza, chou – 4 euros, nourrissant. La propriétaire était chaleureuse, nous a donné du thé gratuit en fin de repas. Les points faibles : l'inflation locale rend les prix imprévisibles, beaucoup d'établissements ne prenaient que des devises étrangères. L'électricité avait des coupures programmées trois jours sur notre séjour. Les routes entre les villes étaient en mauvais état (trajet Harare-Falls : 18 heures en bus pour environ 400 km). Mais les gens nous ont traités correctement, jamais agressifs, plutôt curieux.
Les bons plans repérés sur place.
Les chutes Victoria (parc national) – levé à 6 h pour le lever du soleil et le brouillard sur l'eau à 7 h 15
Safari en bateau sur le Zambezi avec James comme guide – hippopotames à 40 mètres, tarif local 25 euros
Market Square, Harare – fruits frais, jus de mangue fraîchement pressé (1 euro), chaos vivant
National Gallery of Zimbabwe – petite mais honnête, fermeture stricte à 17 h (entrée 2 euros)
Kingdom Hotel, Victoria Falls – terrasse avec vue directe, truite du Zambezi à 12 euros
Photos — Victoria Falls / Harare
Et au final.
Le Zimbabwe nous a offert des images qu'on ne oublie pas – Victoria Falls surtout. Harare était moins lisse que d'autres capitales africaines, avec ses tensions économiques visibles, mais c'était humain et sincère. À refaire, oui, mais il faut accepter l'inconfort logistique et les limites d'infrastructure.
